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orné quelque temps I I qu au
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phyzlé si 1 "ti ne prenait la prôcaut
ilfnres ■ ur Uxivil quante. et en prennent une
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mine un bienfait dtl eaux [ul i.iillis-.ui nt sur I
renl u ment qui dlsp leur i Ivll
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périences de Genner. de Ha. ci. de Beautria e' de Fa elles commencent a reprendre faveur. Un siècle après.
- xni. rétablit
n 1 Archambault, et commence à leur donner une célébrité et une vogue qu'augmentèrent encore les fréquents . y fit madame de Montespan.
Allier nous fit observer que le temps semblait touri
et nous invita à ne pas tarder davantage à nous mettre en route. Nous commençâmes notre visite par la Quiquengrogne : c'est une tour isolée qui fut uns disent par Archambault le Grand, les autres par I". au mépris des droits des bourgeois de la ville Jaloux de leurs prérogatlvi les réclamèrent à
main armée; mais le constructeur monta avec ses soldats sur les remparts qui l 'avoisment, et. braquant ses machines de guerre sur les mécontents, il leur jeta du haut des muces paroles menaçantes :
- On la bâtira 'ine I
La colère du ; lerniers mots l'œu-
vre de son seigneur, et son nom ie lui es'
niant le squelette du château gigantesque nou-
Oté, et uous
- ruine- toutes peuplées de pauvres is qui ont passereaux et
dans ton- les coins que le donjon ; pouvait offrir à leurs nids Comme partout, les plufurent les mieux logi
En II e pour mesurer des yeux la haut,
tours, somment de lune d'elles, un animal
parut singulièrement ressembler â uu lapin. Je remarquer à Jadin, qui. convaincu que ce n'était point là la place de ce quadrupède . soutint que c était uu l'ne discussion s • gée entre nous, pour la termi-
ner, je pris mon fusil et j'ajustai la bfite; le coup partit
■ urne aurai; pu faire c'était un lapin.
De i i lus vive pour ornent
il se f < U bambault, cette race, que
nous avions toujours vue creusa as la terre,
avait été choisir, au contraire, le point le plus élit peur ; • san qui vint propriété nous tira d'incertitude 11 évalua le ri sous ; nous lui en le surplus, nous obtînmes l'explication
Quelques-uns des pauvres habitants de l'ancien manoir de- du.s de Bourbon, voyant que le sommet de chaqui
ait une surface solide de trente ou quai circonférence, pensèrent â utilise] u leur
lonné entre la terre et le ciel, il- : rtèrent,
les paniers - dans
procurer, de la terre végétale qu ils allèrent empiin ii plaine i puis, lorsque les trois plates-formes furent counulles ; le soleil bénit li ■ •.■eut du blé pour II
de toute Tannée.
Mais, comme, les dimanches et les Jours de fête. Il faut
D i quelque l
ordinairement une mu < reut que des lapli de l'Ivraie dont ils avaient séparé le bon srram t
imment l gru de eaux Jardins d
penchant sur le bord de son domaine aéi
:ul dune
: ne
sclentlflqui tte explica Ire de grands doutes en histoire naturelle liteau et de la ville, et mol pour jeter quelques notes sur mon album. ,ie me a l'ombre que procède muraille. I paré du monde écoutant le bru ' »vec tmvenlrs h a re-
bon-1 \r. ham-
pour en jeter les fondemi! itite et un ans
avant le Christ, et de Pépin le Bref, qui ur le
élut du connétable, qui fut forcé de
qu. nés haut et tri - pin eur Chai li Bourli
;•/. de la Marche et de Clermont en \. lupnln d'Auvergne, vicomte de
Murât, seigneur ■ lies, de W
: ibi i néral du i
! lit de
LE MIDI DE LA FRANCE
famille ou de mariage, et dont les dépendances couvraient la septième partie du territoire de la France ; il tenait la charge de connétable, restée vacante depuis la mort du comte de Saint-Pol, et qui était le don de bienvenue de François Ier au trône. Cette charge lui donnait droit de justice basse et haute, non seulement dans ses propres domaines, mais encore dans le pays de Bourgogne et de Languedoc. Tous les sénéchaux, baillis, prévôts, maires, échevins, gardes, gouverneurs de bonnes villes, châteaux et forteresses, ponts, ports et passages, devaient lui obéir comme au roi : de sorte qu'il était si riche dans la paix, que, lorsqu'il accompagna François Ier, qui venait prendre sa couronne a Saint-Denis, il était vêtu d'une robe d'or de douze aunes, dont chaque aune coûtait deux cent quatrevingts" écus d'or au soleil, et portait à son bonnet pour trois cent mille livres de bagues et de pierreries. Il était si puissant dans la guerre, que. lorsqu'il accompagna, à l'âge de dix-sept ans, le roi Louis XII, qui allait par delà les monts reconquérir sa seigneurie de Gènes, qui s'était révoltée, il avait cent hommes d'armes et cent archers qu'il entretenait â ses frais, ne touchant rien du roi, si ce n'est deux mille livres, comme comte de Montpensier ; et que, lorsqu'il y retourna, en 1509, pour reconquérir la comté de Crémone, que les Vénitiens avaient usurpée et délenaient au préjudice du duché de Milan, il menait à la bataille de Trévise, qui rendit au roi Crémone, Crème, Bergame et Brème, cent vingt gentilhommes et cent vingt archers de sa maison, et qu'enfin, lorsqu'une troisième fois il traversa les Alpes, comme l'avait fait Annibal, et comme devait le faire Napoléon, menant avec lui six cents hommes d'armes et douze mille hommes de pied, pour venir gagner cette bataille de Marignan, a laquelle l'histoire a marqué sa place entre Trasimène et Marengo, il prêta dix mille écus au roi, qui lui devait déjà cent mille livres, et cela, sans compter la vie de son frère et son propre sang, choses qui ne se prêtent pas, mais qui se donnent, et qu'il avait largement et loyalement données.
Or, il avait fait toutes ses entreprises à l'âge de vingtcinq ans. C'était un jeune et magnifique chevalier, quoiqu'il eût dans la phy.-ionomie quelque chose de triste et de grave que lui donnaient peut-être ses longs cheveux à la Louis XII, qu'il n'avait pas voulu couper malgré l'ordonnance de François Ier. Il avait épousé madame Suzanne de Bourbon, fille de la duchesse Anne et du duc Pierre, et nièce du roi Charles ; et, quoiqu'elle fût contrefaite, il lui garda une telle fidélité au milieu de cette cour dissolue, qu'il refusa l'amour de la plus grande dame de France, madame Loyse de Savoie, mère du roi, qui cependant n'avait alors que trente-trois ans ; ce qui fit que cet amour méprisé s'aigrit et tourna en haiue. Si bien que, lorsque le roi mena son armée en Picardie, il donna, à l'instigation de madame Loyse de Savoie, l'avant-garde, qui appartenait de droit au connétable, au duc d'Alençon ; ce qui n'empêcha pas le connétable de guerroyer pour son compte et de rendre au roi les villes de Hesdin et de Boucliain ; et si bien encore, que, lorsque madame Suzanne de Bourbon mourut sans postérité, madame Loyse de Savoie, ne se croyant pas assez vengée, se prétendit héritière des domaines du connétable, et gagna, en sa qualité de mère du roi, un procès qui dépouillait son ennemi de tous ses biens et de tous ses titres. Et c'était la la récompense de l'or et du sang dont il avait à si grands flots arrosé les fleurs de lis, qu'elles en avaient poussé de nouveaux fleurons.
Ce fut alors et dans ces circonstances que l'empereur Charles-Quint et le roi Henri VIII lui firent offrir de luU rendre plus que François I" ne lui avait enlevé; et cepen-"dant Charles hésita. François I" apprit ces offres et cette hésitation, et il traita le connétable comme s'il eût déjà accepté, envoyant contre lui, pour 'e prendre, le bâtard de Savoie, grand-maître de France, le maréchal de Chabannes, le duc d'Alençon et M. de Vendôme, avec chacun cent hommes d'armes ; ce qui était encore un dernier honneur, puisqu'on levait une armée pour prendre un homme.
Ce qn apprenant le connétable, il partit nuitamment de son château de Chamelle, le 10 du mois de septembre, sans page et sans valet, avec un seul gentilhomme, qui était le seigneur de Pomperan, a qui il avait sauvé la vie. II traversa, toujours poursuivi et toujours échappant à ses ennemis. l'Auvergne, le Dauphiné, la Savoie et les Alpes, et desçendit, pour la quatrième fois dans ces plaines du Piémont
ii lui liaient si connues par ses victoires. Ce fut là que les nessagers du roi François le le rejoignirent, et lui redemandèrent, l'épée de connétable et l'ordre de France.
Allez dire a votre maître, leur répondit Bourbon, que, pour l'épée de connétable, il me l'a ôtée lui-même, le jour où il donna au duc d'Alençon le commandement de l'avant-
f mile, qui m'appartenait, et que. quant à la plaque de ordre de France, je l'ai laissée à Chantelle, derrière le chevet de mon lit. ou il peut la reprendre, Et cela était d'au'.ini plus juste, sur ce dernier roint
surtout, « que la reine mère avait déjà, dit Du Bellay, fait prendre tous les meubles de la maison de Bourbon, tant MiMtits Chantelle, Moulins qu'ailleurs, qui étaient les plus beaux qui fussent en maisons de prince de la chrétienté ».
Voilà comment et pourquoi le connétable de Bourbon quitta la France, qui était sa patrie, et devint traître, habitué qu'il était à citer cette réponse d'un officier gascon à Charles VII, qui lui demandait si quelque chose pourrait le détacher de son service : « .Von, sire, pas même l'offre de trois royaumes comme le vôtre ; mais oui, sire, un seul -affront. >>
Et nous ne dirons pas adieu au connétable, même en quittant le vieux château qui rappelle sa mémoire ; car Bonrbon-l'Archambault n'est que le nid d'où l'aigle a pris' son vol : nous le retrouverons planant sur la ville de Marseille, s'abattant dans les plaines de Pavie et sur les murs de Rome : nous chercherons l'empreinte de son bec et de ses serres sur la couronne de François I«r et sur la tiare de Clément VII ; car, comme le dit la chanson castillane, la France lui donna le lait, l'Espagne la gloire et l'aventure, et l'Italie la tombe.
Cette tombe, que Brantôme a vue, était élevée à Gaëte -, car les soldats du connétable n'osèrent point laisser son corps à Rome, de peur qu'après leur départ il ne fût profané. Au-dessus de cette tombe flottait l'étendard jaune, que Bourbon avait adopté en entrant au service de l'empereur, et qui représentait un cerf volant avec des épées flamboyantes, et le mot espérance; ce qui voulait dire qu'il lui avait fallu la vitesse d'un "erf ailé pour quitter la France, mais qu'il avait la terrible espérance d'y rentrer avec le fer et avec le feu. Sur la face qui regardait la porte, on lisait cette épitaphe, mesure, exagérée, mais curieuse, de la réputation que le Coriolan du moyen âge avait laissée en mourant :
D'assez a fait beaucoup Charlemagne le preux ; Alexandre le Grand de peu fit quelque chose .- Mais de néant a plus fait que n'ont fait tous deux Charles, duc de Bourbon, qui ci-dessous repose.
Les biens du connétable de Bourbon restèrent la propriété de madame Loyse de Savoie et de Henri II. jusqu'au moment où le roi François II en rendit, l'an 1562, quelqules-uns à monseigneur Loys de Bourbon, duc de Montpensier ; mais le château de Bourbon-l'Archambault ne fut pas de ceux-là, et il demeura entre les mains des Valois jusqu'au jour de l'assassinat de Henri III, à l'heure duquel, par une singulière coïncidence, la foudre, en tombant sur la Sainte-Chapelle, qui s'élevait au pied des tours qui sont encore debout, emporta le lambel de la maison de Bourbon, et. laissant les trois fleurs de lis intactes, en fit l'écusson de France. De nos Jours aussi, un orage populaire a éclaté sur les descendants des Bourbons, comme il éclatait alors sur la race des Valois; mais, cette fois, en tombant sur les Tuileries, le tonnerre a brisé lambel et écusson.
Commencée par Jean II, continuée par Pierre II, et achevée seulement en 150S, époque à laquelle le gothique était dans sa plus grande efflorescence, cette Sainte-Chapelle, sœur et rivale de celle de Paris, réunissait les merveilleux caprices de l'art du xv° siècle à la perfection et au fini de la renaissance. Elle avait de riches vitraux semés de saintes légendes, des boiseries délicates taillées dans le chêne, des dentelles creusées dans la pierre, des châsses d'or incrustées de joyaux, des statues d'argent massif, et un reliquaire d'or tout parsemé de rubis, qui renfermait un morceau de la vraie croix, que saint Louis lui-même avait rapporté de la terre sainte et donné à son fils Robert de France. — Cette précieuse relique était gardée dans une chapelle souterraine appelée le Trésor. Montée en or pur, elle formait la croix d'un Calvaire, où, près des statues de la Vierge, de saint Jean et de la Madeleine pénitente, un de ces grands artistes inconnus qui vécurent dans le xivo siècle avait groupé les statues agenouillées de Jean, duc de Bourbon, et de Jeanne de France, sa femme : une couronne d'or surmontait la croix et portait cette Inscription :
Louis de Bourbon, second du nom, fit garnir de pierreries et de dorures cette croix, l'an 1393.
Quatre siècles plus tard, année pour année, un pauvre prêtre de l'église paroissiale retrouva dans la poussière ce morceau de la vraie croix, arraché de son Golgotha d'argent et dépouillé de son or et do ses rubis. Il le mit dans un pauvre reliquaire qui ne pouvait tenter la cupidité de personne, et cette humble action fut sans doute aussi agréable à Dieu que la fastueuse offrande de Louis de Bourbon.
Cependant, dans cette Sainte-Chapelle, veuve de son or et de ses diamants, il restait encore des trésors d'art et
de poésie, aes par la matière, mais plu-
par le travail nue celui que des maius profanes Tenaient d'en enlever, il y avait un Jaus-Chnst et ses douze apôtres. qui i statuaire du moyen âge ce que la .\io(/c
la sculpture autique. 11 y avait une généalogie de la maison de Bourbon, exécutée en bas-r-.lief avec tout le luxe d ornements que le rêve de l'imagination peut inventer 11 y avait un Adam il tie, délicieux groupe de ne ligure de saint Louis en terre cuite, et deux statues équestres de marbre blanc, dont 1 une représentait Pierre II la main posée sur le pommeau de sa large épée au fourreau lleurdclisé, et dont l'autre, image de sa lemuic-. Anne de France, nlle du roi Louis XI, tenait un faucon • au poing, et de l'autre main caressait la crinière de son cheval.
Un jour, une armée de philosophes en guenilles partit de Moulins, tambour en tète, et traînant une pièce de canon pour prendre d'assaut cette Samte-Chapelle, et exterminer sa garnison de pierre. I li tes de vénération, qui
étaient sa seule défense, n'arrêtèrent point les assiégeants ; ils braquèrent te i anon contre la nef, et d'un seul coup brisèrent tou- la plus grande gloire de la République une et 11 Les dieux, les saints et les aristoirat.'- li, i ensuite guillotinés, et toute cette troupe se retira, laissant la Sainte-Chapelle noircie et foudroyée, mais debout du moins, et grande, riche et poétique encore, comme un squelette gigantesque, comme un spectre colossal. Sous la Restauration, qui aurait dû réédifier cette œuvre anlle, ce qui restait de la Sainte-Chapelle fut mis aux « i n maçon l'acheta pour la démolir et en vendre ou en employer les matériaux ; car il ne se trouva pas dans tout le département, depuis le préfet jusqu'au conseil on honnête bourgeois à qui viir d'en faire un cellier ou un grenier à foin. Elle lut démolie ju n fondements. L'industriel qui l'avait achetée, et qui tirer ses frais, poursuivit le vieux et saint monument Jusque dans ses racines de pierre : et il eut raison, car, quatre pieds au-dessous du sol, 11 trouva de larges dalles qui couvraient de vastes tombeaux dans lesquels étaient de grands ossements. Il vendit les dalles pour en (aire des pierres de cuisine, et les tombes pour en faire 'ies auges; quant aux . il les jeta a la boue et au vent, cac ils n'avaient aucune valeur. C'étaient cependant les reliques des aïeux de la maison de Bourbon, qui règne aujourd'hui en France, a Naples et dans les Espagnes !
Ce pauvre Allier me raconta toutes ces choses en me montrant la végétation puissante du pays, qui commençait déjà .< i-ur cette grasse poussière Malheureuse-
ment. Il était encore enfant quand ce sacrilège s'accomplissait ; car, me disait-il, il eût vendu Jusqu'à la maison ver la maison de Dieu. Aussi, lorsqu'en 1832 on mit en vente le vieux château, comme on avait mis i apelle, I! écrivit au prince
que. si lui. duc d'Orléans, n'achetait pas oes ites, lui. Allie) Le dur d'Orléans,
i iiiniii n . il d un artiste :
team fui in tnbault
de gardai des re ce sym-
fut le berceau, cette page d'hls- -nr laquelle on lit : Grandeur et rulne-
Si i >ns, nous ferions un beau et bon livre,
rien qt les et bonnes choses qu'a déjà faites le duc
d'Orl-
trouvâmes .Tailtn en grands discussion avec le taire de la mairie Du n s'était placé pour
croquis il découvrait ta Qulquengrogne, et sur la ngrogne une girouette : or. cette girouette avait été par un accident quelconque, et Tadin, en paysagiste de cou son inclinaison. Cette
tldéll'. amour-propre du fonction-
naire qui le recard.il' qui avait conçu tout natu
Tellement ! îett» dégingandée n«
dounà 'iments publics rie son
pays Cela lui ' tant plu» pénible que. le Jeudi
•..-il rival' voté a l'unanimi
tltuée a l'autre 11 Bl n, qui n'en
tint aucun compte, et continua ans redres-
ser le moins du mondi la malheureuse girouette Cetl
pauvre greffier au • '<
•i . ] ( i i i .in .le- .".1er le
in.iii >ln i lit I intorpri le
luMir. Il y i une limpli demande, il ro'nreorcUU '*
i m I, ri
Le calmer qu eu iui rappelant qu'il avait le droit i ,.i daus les journaux.
Nous partîmes le même soir de Bourbon-l'Arcliainbault, un seul jour nous ayant sixm pour fouiller ses ruines et dérouler son histoire. Achille Allier voulut nous accompagner jusqu'à Moulins, que, le lendemain même, nous devions quitter ; eu conséquence, il prit place daus notre voiture et nous parûmes.
Le temps avait été lourd toute la journée, et proie un de ces orages tardiis qui s'égarent dans 1 automne. Les réservoirs d eau thermale dégageaient une vapeur pareille a des trombes: la nuit était veuue plus lot ci plus •- que de coutume ; nous ne voyions pas a quatre pas autour de nous, excepté quand un éclair déchirait le ciel : alors, tout le paysage s illuminait d'uue lueur bleuâtre, qui donnait a la plaine 1 apparence d un Lie clarté fantastique, le site le plus plat prend un ca de poésie d'autant plus grand, que l'instant pendant lequel 11 app. plus vite : aussi avions-nous abaisse la
couverture de notre D perdre de ce
un pèlerinage délicieux que celui qu on entreprend a la recherche des sensations ; pour peu que trois ou quatre jeunes gens, au cœur artiste, voyagent ensemble, ils rent le beau, la où 1 esprit du vuJ
ne le soupçonne même pus. ainsi, au moment où sans aucune doute chacun se hâtait de rentrer pour éviter l'orage, nous recommandions à notre conducteur de ralentir sa course pour n'en pas perdre un éclair.
Bientôt nous vîmes surgir, entre l'orage et nous, un corps opaque qui nous dérobait le point du ciel oU il c'ait amassé. A m» sure que nous approchions, ce corps, derrière lequel semblait d'instant en instant s'allumer un foyer lumineux, prenait la forme d'une église, put dans l'obscurité aussitôt que la llamme électrique était éteinte. Nous en fûmes bientôt assez près pour distinguer sa silhouette noire chaque fois qu'un éclair se portait der rière elle. Son toit était tout hérissé de clocheton*, et. parmi eux. il y en avait un plus élancé, plus svelte, plus à jour que les autres, car on voyait la lumière a travers ses deu uille me le fît remarquer, car ce cl avait une histoire.
Le prieuré de Salnt-Menoux, devant lequel nous étions, est une église romane du x« siècle, qui commençait a tomber en ruine vers la fin du xv. Quoique le saint sous l'Invocation duquel elle était jouit dune grande réputation dans les environs, surtout pour la guérison de la rage, et qu'elle fût la troisième fille de l'abbaye de Cluny, elle vre, que dom Cholet, son prieur, ne savait comment faire face aux réparations que son délabrement nécessitait. Il était donc fort embarrassé, lorsqu'une illumination subite lui vint : c'était d'Obtenir du saint père, qui habitait enci si ob-
tint facilement cette faveur, qui ne coûtait qu'une signature. Quatre exemplaires, revêtus du .pal et du nom sacré du souverain pontife, furent remis aux .! moines les plus vigoureux de la communal; l'irent :ir, a la mémo ncure. dri trolt, marchant vers les quatre points cardinaux de la I an après, le même jour, a la même heure, ils retour au même endroit, rapportant les Indulgences effa-
- fidèles, et quatre cent mille en pr de ces baisers.
Ii u\ ( ommencèrenl 1 n l'égllsi poussa comme une greffe
l'église roin bientôt étendit sur la
-es fioritures de pierre. Comme c'était 1 habituai jjferette époqui hrétlen, chaque s ulpteur
ne, d'un piller, jeune arcri
■ e le clocher, qui devait s éleons dont, d'api géné-
ral, i. allait être
n avait commet et l'ardeur d'un artiste, lorsqu'il fui
Gilbert de Montpellier, qui accomt Char-
les VIII a la conquête de Naples. pour faire p
,t avec lui. Cela tombal! mal, car autant notre architecte avait de vocation pour son état. Il éprouvait d'antipathie pour le métier .de la guerre : aussi, a la quatrième étape, il disparut pagure. Le- capitaine lit 'on rapport au duc Gilbert, qui en écrivit dai nnant l'ordre, si l'on rat-
réfrai i 're sans miséricorde niel
qu'il pût donner de -
continua sa roi lement mourir A Pou 1 est enterré.
Cependant lo déserteur était revenu danv sa famille et ut caché chez un de ses frères les an ' -es confrères, avalent terminé
lu saint, a II plus (■ ! s i seul clocher de maire, qui cependant devait être le
LE MIDI DE LA FRANCE
Dlus élevé et le plus beau de tous, montrait honteusement ses premières assises et ses sculptures a peine dégrossies. Cela déshonorait singulièrement l'église; aussi, après une je libération à ce sujet, fut-il décidé qu'on donnerait 1 œuvre à finir à celui des six autres architectes qui v ternit le plan le mieux assorti à la partie qui était déjà
Le lendemain du jour où cet arrêté avait été connu, on s'aperçut avec étonnement que le clocher semblait avoir grandi pendant la nuit de toute une assise de pierres : cependant ou n'y fit pas grande attention; mais, peudant les nuits suivantes, le prodige se renouvela d'une manière -:i>le, qu'il n'y avait aucun doute à avoir. Une main Invisible opérait le' travail nocturne, et, à la hardiesse avec laquelle il lit à s'élancer au-dessus des autres,
a la finesse du travail sculptural qui s'étendait sur ses huit faces, on commença à croire que c'était un ouvrier surhumain qui se chargeait de l'ouvrage, et que les fées qui avaient bâti l'église de Sauvigny voulaient lui donner un pendant en achevant si miraculeusement celle de Samt- Menoux. Cette opinion prit une nouvelle créance de ce qu'on remarqua que c'était seulement pondant les nuits obscures que le mystérieux architecte s'adonnait à la besogne : tout le temps que durait le clair de lune, au contraire, l'œuvre s'arrêtait pour ne reprendre son cours que lorsque l'astre révélateur avait complètement disparu du ciel.
Cependant un des architectes, dont la foi était moins tobuste que celle de ses confrères, résolut d'éclatrcir le iait : il monta le soir dans son clocheton, s'y embusqua comme ntinelle dans sa guérite, et ne tarda pas à distinguer. malgré L'obscurité, un être tout à fait matériel, qui montait.les unes après les autres, sur la plate-forme de l'église, des pierres taillées et sculptées à l'avance, qu'il rangeait ensuite dans leur ordre. Il épia ainsi le travail de cet homme jusqu'au moment où, le jour étant prêt à se lever, l'ouvrier nocturne disparut, laissant son clocher grandi d'un nouveau rang de pierres.
La nuit suivante, chaque clocheton renfermait un homme ; de sorte qu'au moment où le travailleur mystérieux apparut sur la plate-forme, il fut entouré et saisi. On lui approcha une lanterne sourde du visage, et l'on reconnut le déserteur Diaire.
L'artiste n'avait pu prendre sur lui de s'éloigner de son clocher : rapproché de lui. il n'avait pas eu le courage de le laisser achever par un autre, et, au risque de sa vie. il avait continué son œuvre.
Diaire était condamné d'avance ; son procès ne fut donc pas long; seulement, il demanda un sursis d'un mois pour finir son clocher : on le lui accorda.
Le lendemain du jour où le clocher fut achevé. Diaire fut pendu.
L'art est une religion, qui, autrefois aussi, a eu ses martyr
Au moment où Achille Allier terminait cette légende.
dont plusieurs descendants de ce- malheureux ouvrier et qui portent encdre son nom peuvent constater l'authenticité, la pluie commença de tomber à si larges gouttes, que notre cocher, qui n'aValt pas comme nous la ressource de se mettre à couvert, nous supplia de chercher un abri. L'église nous en offrait un. Allier courut frappeT à la porte du sacristain. Celui-ci vint avec les clefs, une lan- -terne et deux torches, et nous employâmes le temps que nous étions forcés de perdre à visiter l'église de Saint- Menoux.
C'est, tomme je l'ai dit, un vieux monument du x<> siècle, réparé et omh»m flans le xv«. mais dont le principal caractère est le roman. Il possède le tombeau du bienheureux qui lui a donné son nom : c'est une construction fort simple, en forme de bière, qui renferme le cœur du saint, contenu flans une cassette de bois de cèdre. Un trou rond, pratiqué dnns le tombeau même, sert aux fidèles à accomplir un acte de foi. Tout homme croyant qui a eu le malheur d'être mordu par un chien enragé peut venir dans l'église, introduire sa tête dans le trou, l'y laisser le temps de dire cinq Pater et cinq Ave, et le sacristain ne fait nul doute qu'il ne soit guéri.
Un couvent de religieuses nobles attenait autrefois â ? de Saint-Menoux : la Tègle d'admission n'en était pi, trop sévère : seulement, toute demoiselle entrant dans l'ordre après avoir commis une faute, était peinte en homme, et son portrait placé dans une galerie destinée a entretenir. paT la vue de ce singulier travestissement, l'trami le f,œur de la coupable. Nous remarquâmes
que l'une ries plus Jolies pécheresses, non seulement portait 1 'lint.it masculin, mais encore sur cet hahit une armure. Celle-là avait probablement commis quelque énorme crime. Il y avait dans la galerie de cent cinquante à cent soixante tableaux.
Pendant notre visite à ces nouvelles chevalières d'Eon, le temps s'étant éclairci, nous pûmes nous remettre en
route En repassant â Sauvigny, Allier nous fit remarquer une tour située à l'angle de la place de l'Eglise c'est tout ce qui reste de l'ancien château des ducs de Bourbon, qui. vers le xiv» siècle, abandonnèrent la dence de Sauvigny pour celle de Moulins.
Nous rentrâmes à notre hôtel vers les onze heures du soir et trois heures encore nous causâmes autour du feu de vieux souvenirs historiques, d'antiques légendes merveilleuses d'anciens contes populaires, dont Allier faisait recueil pour son grand ouvrage sur le Bourbonnais. Enfin il alla dans sa chambre, qui était contiguë à la notre. Longtemps encore nous échangeâmes quelques paroles a travers la cloison. Le lendemain, il nous accompagna jusqu'à un quart de lieue de la ville : là. nous nous embrassâmes sans nous douter que c'était pour la dernière fois.