ROME DANS LES GAULES
Le lendemain, nous arrivâmes a Lyon: rien ne nous avait arrêtés sur la route, que le vieux château presque abandonné de Jacques II de Chabannes, seigneur de la Palice II nous fut montré par un concierge sexagénaire, ruine vivante au milieu de ces ruines mortes, les descendants de la famille a»ant cessé d'habiter la résidence de leuTs ancêtres Taylor m'avait recommandé de ne point passer dans le village que dominent ces murs gothiques sans entrer dans la" cour du maître de poste, où le tombeau du vainqueur de Ravenne, chef-d'œuvre du xvi« siècle et merveille de la renaissance, servait d'auge à abreuver les chevaux. J'avais éié alors qu'il me la raconta dans son indignation toute nationale, frappé douloureusement de cette circonstance Ce n'était pas assez d'avoir profané le nom, on avait encore profané les cendres. Aussi n'eus-je garde de manquer à sa recommandation. Mais le tombeau n'y était plus ; il avait été acheté et transporté dans le musée d'Avignon : quant aux ossements, on ne savait pas ce qu'ils étaient devenus.
Nous visitâmes ces débris, qui avaient été habités, au temps de leur splendeur, par un de ces hommes que Richelieu trouva de si haute taille, qu'il trancha la tête a toute leur race. Jacques II de Chabannes était un géant parmi les géants. C'était un homme comme Bourbon,, un homme comme Bayard, un homme comme Trivulce, qui étaient trois hommes plus grands que le roi. Il fit la conquête de Naples avec Charles VIII, et celle du Milanais avec Louis XII. Il fut juge de camp le jour où Sotomayor fut tué • il fut général le jour où Ravenne fut prise ; U fut lui a Marisnan. près de François I« vainqueur; il fut a Pavie près de François I" vaincu. La, tombé sous son cheval au milieu d'ennemis abattus par lui, son épée. qu'il tenait encore, fut disputée par Castaldo, qui était un capitaine italien, et par Busarto, qui était un capitaine es- ,1 et comme il entendait ne se rendre ni a 1 un ni à l'autre et qu'il voulait mourir, étant trop vieux pour être vaincu et prisonnier, Busarto appuya le bout de son arquebuse sur sa cuirasse et lui brisa la poitrine a bout portant ' et il fallut cela pour qu'il lâchât ce tronçon d'épée tant disputé par ses vainqueurs. « Ce fut ainsi, dit Brantôme, qu'ayant eu bon commencement, U eut bonne fin. »
Ft maintenant, soyez donc l'épêe de trois rois, le témoin de Bayard le vainqueur de Gonsalve, l'ami de Maximilien et le veno-eur de Nemours ; teignez donc de votre sang les fossés de Barlette. les remparts de Rubos. les plaines d Agnadelle et les champs de Guinegate ; comptez donc au nombre des vainqueurs de Marignan et des invaincus de Payie , mourez donc pour ne pas rendre votre épée là où le roi de France rendait la sienne; et tout cela pour qu il reste de votre berceau une ruine, de votre nom un souvenir ridicule et de votre tombe une auge dans laquelle se désaltèrent les chevaux! La postérité est, pour quelques-uns, plus ingrate encore que les rois.
Les seuls descendants du maréchal de la Pahce sont deux jeunes et braves officiers, qui ont déjà eu chacun trois ou quatre duels parce qu'ils ont le malheur de porter un us beaux noms de France.
C'est à Lvon qu'on trouve les premières traces v.s.bles de la domination romaine: c'est donc en arrivant à Lyon que nous donnerons un court précis de la manière dont cette domination apparut et s'étendit dans les Gaules.
Avant cette époque, elles appartenaient presque entière-
ment à ce peuple qui ne craignait rien. dlsalt-ll, que la chute du ciel, et qui envoya un de ses brenns peur brûler Rome et 1 autre pour piller Delphes. Son sol était riche non seulement en neuves, en forets, mats encore en mines. nées et les Cérennes recelaient des filons argent, qu'elles cachaient à peine sous une léle de terre. Les côtes de la Méditerranée fournissaient un grenat si fin et si brillant, que ce pourrait bien être l'escarboucle fabuleuse des anciens que les modernes ont cherchée vainement. Enfin les Ligures péchaient autour des lies d'Hyères ce corail magnifique dont Us ornaient le cou de leurs femmes et le baudrier de leurs épées. Dans ce temps florlssait la ville de Tyr, et «es maxelots sillonnaient la Méditerranée et l'Océan de leurs mille galères Parmi ses fils, elle comptait un dieu- ce dieu, c'était Hercule, Hercule né le jour même de la 'ton dation de la ville; Hercule, voyageur Intrépide, reculant les bornes du monde et lui tuant de nouvelles limites Her cule. qui n est autre chose que le génie tyrlen. à là fois belliqueux et commercial, puissant par le fer et 1 or auquel rien ne peut résister, et qui représente, aux veux 'de qui conque a essayé de sonder les symboles antiques, non pas un homme, non pas un héros, non pas un dieu, mais un peuple.
à l'embouchure du Rhône qu'Hercule pose le pied • ■: a mi fait quelques lieues dans l'intérieur des terres' st attaqué par Ligur et Ainlon. enfants de Neptune' II épuise ses flèches et va succomber, lorsque Jupiter vient * son secours en laissant tomber du ciel cette pluie de cailloux qui couvre encore aujourd'hui la plaine de la Crau. Hercule vainqueur fonde une ville qu'en mémoire de son fils 11 appelle Nemausos. Cette ville, c'est Nîmes dont le nom moderne conserve quelque chose encore de son baptême antique.
■ rente et ! ' ,le . la
mprlse el méprisée par te barbares à le pied sur la terre d'Occident. La barbarie a été vaincue et le trophée de la victoire remporté par la plaine sur la la fondation dune ville. Alors, la mission d "" 'es Gaules est accomplie. Comme dernier
monument de son passage, les dieux le virent, dit Sillus
1 1 il 1 1 C LLS ,
//i nubet, frangentemque ardua monlU.
JSiJSï l0r5, ", y eut une vole qui «""luisît des eûtes gauloise, aux plaines d'Italie en traversant le col de Tende. C est la première que l'on connaisse; i mille ans avant le Christ, et, quoique aujourd'hui elle compte vlngt-hult siècles, elle porte encore le nom de
Tyr ,,e par le prophè[e Ezéchlei et assiégée
rméea de Nabuchodonosor. touchait à sa décadence ■ ^ ' "te? agonisaient loin de la métropole'
auxquels le cœur n envoie plus de sang état' ïi,!im T ^hodienne ava" vainement voulu raviver il é glissements de ceux auxquels elle succédait dans l'em- P«re , ,es Hollandais de l'ancien monde ,1
près avoir, en souvenir de leur pays. bètl Rhoda ou Rhodanousla. près des bouches T byques du Rhône, et. en disparaissait. Ils laissera," -
'•;t\'r=.iecoramerceunins,antsiac^--
Les naturels du pa „, de ce moment de refl
ent abandonnait les ««rldionale, des Gaule, , ,u, les rivages .' "',„, ,.. naux de 1 Afrtqu lleurlr c ,
5?*°' ■' les Llgtix-es séten
Jusqu'au Rhône, et la barbarîe .occidentale commentait a effacer les Ira es de latfvilfea- "2 f0r'e"'' lorsqu un ,
mt du Rhône. Son capi .-une avemurie
parti do IAîle pour un ,
Pied a erre et vlnl demander l'hos r „"£
.mmandar D,,r
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"lie. ■: mePettae-
Tous les guerrl. m sn
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' '"'"" '■' '■' vin tiré d Italie car la
■mt encore naturalisée dan des et
■1 celui qu re fut en
eva pour le re ,ivcnu so,^
la • haumlère gauloise, e-
i l prrn.lrr part au fe vers la nn i du repa*. la chambre b'ouvi
}, . Me comme un roseau, aux cheveux
blond* el aux yeux bleus Elle s'arrêta un instant sur le
seuil pour choisir, dans cette assemblée guerrière, celui eue allait faire un roi. Ce lut alors qu'au milieu de ces soldais sauvages et de haute stature, aux chev< ux rougis par 1 eau de chaux et aux moustaches rousses a la sale rayée et attachée au-dessous du menton avec une agrafe de métal, elle aperçut un jeune homme d une beauté inconnue au pays où elle était née. 11 avait des veux et des sourcils bruns, de longs cheveux nous parfumés, une chlamyde blanche qui laissait voir ses bras nus et efféminés un bonnet, une tunique et des sandales de pourpre. Soit fascination, soit caprice, son regard ne put se détacher de 1 é'rauger; elle marcha droit a lui, et. au mépris des guerriers qui 1 entouraient, elle lui présenta la coupe avec un doux sourire A 1 instant, tous les convives se levèrent en murmurant. Mais, dit Anstote, Nanu crut reconnaître dans cette action une impulsion supérieure et un ordre de ses dieux. 11 tendit la mam au Phocéen. 1 appela son gendre et donna pour dot à sa nlle le golfe même où son époux avait l Ku.xene renvoya aussitôt sa galère à Phc-
cée, avec le tiers de - chargés de recruter
des colons dans la mère patrie, et, avec ceux qui lui restaient, il jeta sur le promontoire qui s'avançait dans la Méditerranée les fondements d une ville qu il appela Mas- • I que, plus tard et successivement, les La Marsaha. les Provençaux .Marsillo. el les Français -Marseille.
Cependant, les messagers d'Euxène, revenus à Phocée racontèrent ce qu'ils avalent vu. et comment leur .apitaine était devenu le gendre d'un roi, le fondateur dune colonie, et demandait a la ruche maternelle un nouvel essaim pour peupler sa ville Au récit de cette histoire merveilleuse, les aventuriers se présentèrent en foule le trésor public leur fournit des vivres, des ..utils et des armes Us se munirent de plants de vigne et ,1 oliwer. et au moment de lever l'ancre, ils transportèrent sur le va dEuxènc- du feu pris au foyei ,.e t.t qul
brûler éternellement a celui de Massalla laquelle recevait ainsi par cette flamme, emblème- de la vie la véritable existence de sa mère; , tût. les longues galères phocéennes, dont Hérodote a compté les cinquante rames, se mirent en route pour Ephèse, où l'oracle avait ordonné aux émlgrants d'aborder. L.. ils trouvèrent une femme de famille noble, qui avait eu une révélation de la grande déesse éphésienne, révélation par laquelle elle lui avait ordonné de prendre une de ses ?
porter dans le- oaules. Le< c <ole
la prêtresse et la divinité, et. après une heureuse traversée. H nt a Massalla établit le culte de Diane.
Massalla grandit ainsi au milieu d nantes. qui d'abord tentèrenl de - opposer
mals I'-"- ' Mi.les inté^
rieurs de la , able
ses maisons de bols couvertes de chauj : elle réser-
vait, dit Vitruve, pour les
marbre qu'elle tirait du Dauphlné. et les tulles qu'elle' pé-
d'une argile -
irnagealent comme di ur de
venu pour Tyr et qui devait venir
pour Carthage. se levait sur Phocée la m. re patrie Cyrus
qui avait conquis une partie de l'Asie Mineure, la fa
i un de ses lieutenants. Après une her01uu' Vint qu ils ne pouvaient tenir
plus longtemps pensèrent a leur- aient
trouvé 1 hospitalité sur la tern
tant sur leurs galères leurs meubl inurs
familles et leurs dieux, ils levèrent l'ancre dans
leurs temples le feu sacré qu'ils de\ dans
les Gaules et en
Mals la Corso était In ulte alors D'ailleurs, les p|„, étaient des matelots et non des laboureurs; soixante galères et pas une charrue et interceptèrent le commerce entre les Carthaginois Si. i!iens. les Espagnol ,|o ce
Jour. Carthage et Massalla furent eni attendant
1tt'eH«' Dlbal.
pour accomplir le serment qu'enfant il avait fait conçut le projet gigantesque qui pensa fa; la reine du monde, il était a peine apparu au somme! monts Pyrénéens, que. par les 'oins d Rome
était avertie du danger qui la menaçait • trouverait un port ami on lx et une
lliée où f.
ige du Rhône et .1 Quand nous nous en; ',,n, „ous ...
ronsd merveilleux
moment, c'est de Massalla et non que
Pons. Les i la seconde guerre
punique furent Immenses pour elle Massalla hérlti commerce de l'Afrlqu. ,]<> |a Crand.> I
et de la Sicile L'algl.
abandonna ses restes au lion massaUote, et un Instar
LE Miul DE LA FRANCE
Piiocée occidentale réunit dans son port le cummerce du monde, dont avaient disparu Tyr, Rhodes et Cartilage. Ce fut alors qu'elle pensa que sa puissance ne serait solidement établie que si elle devenait une puissance territoriale en même temps que maritime, et elle commença à faire des excursions sur la rive droite du Var. Ces excursions tirèrent de leur sommeil ses vieux ennemis : les Ligures, les Oxibes et les Deccates. Ils se levèrent aussitôt, mal refroidis qu'ils étaient de leur ancienne haine, et investirent Antipolis et Nicée (1), deux des principales colonies de Massalia. La fille de Phocée, menacée à son tour dans ses possessions, envoya des ambassadeurs à Rome pour
lieux consuls succédèrent à Quintus Opimius : le premier fut Marius Flavius Flaccus, qui, sur de nouvelles plaintes des Massaliotes, déclara la guerre aux Salytes et aux Voconces, et les vainquit comme son prédécesseur avait lait des Oxibes, des Deccates et des Ligures ; et le second fut Caïus Sextius Calvinus, qui, promenant ses légions sur le littoral, rejeta les Voconces au delà de l'Isère, et repoussa dans les montagnes toute la population des plaines, lui défendant d'approcher à quinze cents pas des lieux du débarquement et à mille du reste de la côte.
Cependant l'hiver vint : Caius Sextius interrompit les hostilités, et prit ses quartiers sur une petite colline située
L\on au ,\vi° siècle.
se plaindre de ses voisins. Rome délégua des arbitres chargés de prononcer sur les différends qui venaient de s'élever La galère qui portait les trois messagers de conciliation aborda à CEgitna qui appartenait aux Oxibes. Ceux-ci, exaspérés par la vue de ces étrangers, qui se posaient déjà en juges dans leurs différends, les attaquèrent au moment où ils débarquaient. Deux Romains tombèrent au premier choc; Flaminius, qui voulut se défendre, fut grièvement blessé. Cependant il soutint la retraite de ses compagnons, et regagna son vaisseau, mais poursuivi de si près, qu'il ti i m pas le temps de lever les ancres, et qu'il fut forcé d'en faire couper les cables. C'était là plus qu'il n'en fal lait à la politique guerrière de Rome, qui, l'Italie soumise et Carthage détruite, rêvait déjà l'empire du monde. Elle chargea le consul Quintus Opimius de tirer satisfaction de l'offense, et mit sous ses ordres quatre légions. Le consul les assembla a Placentia. les conduisit par les Apennins traversa à leur tête le roi de Tende, et descendit dans le i i> des Oxibes par L'ancienne route tyrienne qu'Hercule avait frayée au milieu des nuages.
Les Oxibes et leurs alliés les Deccates et les Ligures furent vaincus, leurs terres données en propriété aux Massaliotes, et Rome, pour s'assurer de l'exécution exacte du traité Imposé par elle, laissa ses légions dans les positions militaires et dans les villes principales des ennemis qu'elle avait vaincus.
Ii Aaiilics il Nice.
à quelques lieues de Massalia. Ce qui l'avait déterminé à choisir cet endroit, c'était la réunion presque miraculeuse d'une rivière, de fontaines d'eaux vives et de sources thermales. Aussi n'eut-il pas plus tôt vu le parti qu'on pouvait tirer d'une si heureuse position, que l'ambition de fonder une colonie romaine et de donner son nom à. une ville lui m changer ses palissades pour des murailles et ses tentes pour des maisons. La cité naissante prit le nom û.'ÂQUse sniiir, et ce fut la première ville que les Romains possédèrent sur le terrain transalpin.
Cent ans après, Fabius, Domitius, P. Manlius Aurelius Cotta, Q. Marcius Rex, Marius Promptinus et César, :i\ lient malgré les défaites de Silanus, de Cassius, de Scaurus, de Capion et de Manlius, conquis le reste des Gaules, et Octave les avait divisées en dix-sept provinces romaines.
En descendant le Rhône depuis Lyon jusqu'à Marseille, nous n trouverons toute l'histoire de celte conquête par les monuments qu'elle a la I
Quant à Lyon, où nous sommes arrivés, la ville était si peu rie chose du temps de la conquêl i '1rs Gaules, que César passa près d'elle sans la voir el sans la nommer; seulement, il fit une halte sur celte colline où est maintenant Fourvlères, y assit se- légions ri ceignll son camp momentané d'une ligne si profondé, que dix-neuf siècles é n'ont pu combler entièrement de leur poussière les fossés qu'il creusa avec la pointe de son épée.
Quelque temps après la mort de ce conquérant, qui subjugua trois cents peuples, un de ses clients, nommé Lucius,
le,.? lé,/ \7 e'U? S°idai ""^olre de
?ur S "liant an ueu où fonder
'ut "«"' du UhOiie ei Ue la Saone par'
n" ; nombre de Viennois, nul, repousses
lobroges descendues de leuîs montagnes leurs tentes sur cette langue de ten Tellement ces rossé; [mi
els coulaient à plein
le nom de LuclUDunum (l) la ville nui devait en p, , u citadelle des Gaules et
le centre de communication des quatre grandes voies tracées par Aprii.ua, et nul sillonnent encore la France mo- Uhin et .1- la .Méditerranée a I
les reconnurent Lucil-Dunum pour leur reine, et vinreni à trais communs élever on temple a Auguste, .nielles reconnurent pour le,.,
.'ejnpie. s... '■ changea de destination, ou
levlnt le lieu de réunion des séances règlements peint tout entier mpérlal nui l'avait fondée Ce règlement porte nue celui des concurrents académiques qi
mauvais ouvrage, et nui sera exclu au profit de fait mieux, effacera cet ouvrage tout en
..avait encore qu'un siècle, et la cité née imtat. déjà en magnificence à Massï! arbo la romaine, lorsqu'un incendie qu'on
de ce va
ntre une vi.le immense et une vill, "e- " e d'une nuit
P*" <>ltié ection puissante,
;'r' commença de sortir de ses ruine. B
S"r '; '"' •» dominait, s'éleva un niagniitau éd -
S?," * Peine fut-Il ouvert que les
ÎLS„t«PreSfrent d'y apr,or,er '""rs boucliers peta" meurs, et les Ibères , l'acier qu'eu*
forlnthe «
1 "" *« « tah.eau." pelnK
"V tatues de bronze-
,h uZ 9e8J1' ' "■'■' "» *™* *
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monument, nui s'écroula vers l'an 840 de notre ère
moi composé nue lé,
one porte encore de encore de
- colonies romaines A elleTnâpna à
en 53p2, ;,pa<l;
irs. sede Camille
I US DE CINO MAS8 H DE Tlluf
bout a Lyon oui
nd'u
même ,!„
lunum.
Auguste. Les quatre piliers de granit qui soutiennent le
sont même empruntés par la soeur chrétienne Tson
formaient d'abord que deux colonnes
élançaient a une hauteur double de ce" ,.ù "nS
ent aujourd'hui et dont chacune était 'urmonS
victoire. L architecte qui bâtit Amav les m™ âl
' milieu, afin qu'elles ne jurassent point avec
l'édifice. Leur hauteur resoec"
81 aujourd ' eds dix pouces c^quffaU
•;""I"r'' ""e' d' ,"!"' Primitif, lorsnu, e' uaJre
" •" principale, on a Incrusté un neti. ESS? trois femme tenant PdJs
- de ces figures, on3"!, £
MAT. Ali, ru.' E MED
On les explique ainsi :
UatronU AvouttU, PMlexus Bgnaticus, medlcus.
La cathédrale de Saint-Jean ne parai! pas avoir ■.„ „,. mier abord l'âge ' »"-
'..déminent du xiv si , ?ds
aient été rei ulement achevés à cel 'i'u
■-le sa naissance, se , Dour
"s ''archl SonT
les pie.
ÏTès que l , .,;'■ e
naît d introduire chez le. peuples oc, identaux Lune des chapelles qui forme., de l'érilse
L™<JV : en
mémoire des sept mystères, ou à douze, en l'honneur d« douze apôtres, est nommée la chapelle 1 ourl ° I a flett ... cardinal, nui se compose de ces trois mot> a ■)?„„ T ,e
peur, est reproduite en plus , endroits. Pierre de te r
^.T"'" un A entre!
^ '," .élut
architecturales du temps, flanquent :
les, sert de demeure a lune d<* £„«
trente-six nulle "
L'hôtel de ville, situé sur la place des Terreaux e., pr>1
I l'un
ri ur le
n,ou I de Vlgnj urtro-
de nos Jours, devenue popula ,„ ,e
i le chancelier entra resdn ■ ■ es commlssalUdépm le roi pour le pi de ( . Se n,. ,,
...parlement du Dauphlné 1 ' ' ' ' ir du roi
'"'" il- furent dans la chambre du conseil, le chei„ guel fui en
pour fane venir M. de I lei fllt
les tau ir«. dans un cârro» de
o.la :
1 Ml ■-..min.
"", •"' W I.'..- de quoi il se contenta
et monta 1 . ■*•
" nana l:l ,,1. devant les
' demeura environ une heure el un quart
■ envoya le chevalier
I de Thon M,
el dans le i
■mont, conseiller an
"; 'r"",: ' »8ta.
sortlrenl de la chambre pour disposer les prisonniers & la
LE MIDI DE LA FRANCE
lecture de leur arrêt, et les résoudre i la mort; ce qu'ils firent, les exhortant à rappeler toutes les forces de leur esprit et de leur courage peur ténu ligner de la résolution dans une occasion qui étonne les plus constants. A cette nouvelle, ils affermirent leur esprit et témoignèrent une résolution extraordinaire; avouant eux-mêmes que véritablement ils étaient coupables et méritaient la mort, à laquelle ils étaient bien résolus.
ci, M. de Thou dit à M. de Cinq-Mars en souriant :
« — Eh bien, monsieur, humainement, je pourrais me plaindre de vous : vous m'avez accusé, vous me faites mourir ; mais Dieu sait combien je vous aime! Mourons, menmourons courageusement, et gagnons le paradis.
• Ils s'embrassèrent 1 un et l'autre d'une grande tendresse, s'entre-disant que, puisqu'ils avaient été si bons amis durant leur vie, ce leur serait une grande consolation de mourir ensemble.
«Alors, ils remercièrent ces messieurs les commissaires, lesquels ils embrassèrent, et les assurèrent qu ils n'avaient aucun regret de mourir, et qu'ils espéraient que cette mort serait le commencement de leur bonheur. Ensuite, on appela Pallerue, greffier du présidial de Lyon, pour leur prononcer leur arrêt.
■ Après la prononciation de l'arrêt, M. de Thou dit d'un grand sentiment :
« — Dieu soit béni ! Dieu soit loué;!
» Et dit ensuite plusieurs belles paroles d'une ferveur incroyable, qui lui dura jusqu'à la mort.
•• M. de Cinq-Mars, après la lecture de l'arrêt qui le con-. damnait à la question, dit :
« — La mort ne m'étonne peint ; mais il faut avouer que l'infamie de cette question choque puissamment mon esprit. Oui, messieurs, je trouve cette question tout à fait extraordinaire à un homme de ma condition et de mon âge. Je crois que les lois m'en dispensent, au moins je l'ai oui dire. La mort ne me fait point peur ; mais, messieurs, j'avoue ma faiblesse : j'ai de la peine à digérer cette question.
« Ils demandèrent chacun leur confesseur, savoir : M. de Cinq-Mars, le père Malavette, jésuite, et M. de Thou, le père Hambrun, aussi jésuite. Celui qui jusqu'alors avait eu la charge de les garder les remit, par l'ordre de M. le chancelier, entre les mains du sieur Thomé, prévôt général des maréchaux du Lyonnais, et prit congé d'eux.
« Le père Malavette venu, M. de Cinq-Mars l'alla embrasser et lui dit :
« — Mon père, on' veut me donner la question : j'ai bien de la peine à m'y résoudre
« Le père le consola et fortifia son esprit autant qu'il put dans cette fâcheuse rencontre. Il se résolut enfin, et. comme M. de Laubardemont et le greffier le vinrent prendre pour le mener dans la chambre de la gêne, il se rassura, et, passant près de M. de Thou, il lui dit froidement :
« — Monsieur, nous sommes tous deux condamnés â mourir ; mais je su* bien plus malheureux que vous, car, outre la mort, je dois souffrir la question ordinaire et extraordinaire.
On le mena en la chambre de la gène, et, passant par une chambre des prisonniers, il dit
« — Mon Dieu, où me menez-vous?
« Et puis
» — Ah ! qu'il sent mauvais ici !
Il fut ensuite une demi-heure dans la chambre de la lêne ; puis on le ramena sans qu'il eût été tiré, d'autan; que, par le retentum de l'arrêt, il avait été dit qu'il serait seulement présenté à la question. A son retour, son rapporteur lui dit adieu dans la salle d'audience, et les larmes aux yeux, après avoir parlé quelque temps ensemble.
« Après quoi, M. de Thou l'alla embrasser, l'exhortant de vouloir mourir constamment et de ne point appréhender la mort, et lui repartit qu'il ne l'avait jamais appréhendée, et, quelque mine qu'il eût faite depuis sa prise, il avait toujours cru qu'il n'en échapperait pas. Ils demeurèrent ensemble environ un petit quart d'heure, pendant lequel ils s'embrassèrent deux ou trois fois et se demandèrent patdon l'un et l'autre, avec des démonstrations d'amitié très parfaites.
« Leur conférence finit par ces mots de M. de Cinq-Mars :
« — II est temps de mettre ordre à notre salut.
« Quittant M. de Thou, il demanda une chambre à part >ur se confesser, qu il eut peine d'obtenir; il fit une conion générale de toute sa vie avec grande repentance de péchés et beaucoup de sentiment d'avoir offensé Dieu. pria son confesseur de témoigner au roi et à monseigneur le cardinal les regrets qu'il avait de sa faute, et comme ti leur en demandait très humblement pardon.
■< Sa confession dura environ une heure, à la fin de laquelle il dit au père qu'il n'avait rien pris, il y avait vingtquatre heures: ce qui obligea le père a faire apporter des oeufs frais et du vin ; mais il ne prit qu'un morceau de pain et un peu de vin trempé d'eau, duquel 11 ne fit que se laver la bouche. Il témoigna â ce père que rien ne l'avait tant
étonné que de se voir abandonné de tous ses amis, ce qu'il n'aurait jamais cru. et il lui dit que. depuis qu'il avait eu les bonnes grâces du roi, il avait toujours tâché à se faire des amis, et qu'il s était persuadé y avoir réussi ; mais qu'il connaissait enfin qu'il ne fallait pas s'y fier, et que toutes les amitiés de cœur n'étaient que dissimulation. re lui répondit ,que telle avait toujours été l'humeur du monde, qu'il ne s'en fallait point étonner; ensuite, il i e vieux distique d Ovide :
Donec rris /dix, multus numerabis amicos ; \ra si fuerint nubila, soins eris.
« Il se le lit répéter deux ou trois fois, tant il le trouva à son gré. et, l'ayant appris par cœur, le répéta quelquefois.
» Il demanda du papier et de l'encre pour écrire, comme il le fit, à madame la maréchale, sa mère, qu il priait, entre autres choses, de vouloir payer quelques dettes siennes, dont il lui envoya les mémoires, qu il remit au père, pour faire voir le tout à M. le chancelier. Le principal sujet de .ses lettres fut la prière qu'il fit de faire dire quantité de messes pour le salut de son âme. Il finit ainsi :
« Au reste, madame, autant de pas que je vais faire, « sont autant de pas qui me portent â la mort. »
« Cependant M. de Thou était duns la salle de 1 audience avec son confesseur dans des transports divins difficiles â exprimer. D abord qu'il vit son confesseur, il courut l'embrasser avec ces paroles ;
— Mon père, je suis hors de peine; nous sommes con damnés à mort, et vous venez pour me mener dans le Ciel. Ah : qu'il y a peu de distance de la vie à la mort : que c'est un chemin bien court ! Allons, mon père, allons à la mort ; allons au Ciel ; allons à la vraie gloire ! Hélas ! quel bien puis-je avoir fait dans ma vie qui m'ait pu obtenir la faveur que je reçois aujourd'hui de souffrir une mort ignominieuse pour arriver plus tôt à la vie éternellement glorieuse ?
« Je me servirai ici de la révélation naïve de ce bon père, qui nous fait part de ce qu'il a remarqué. Voici comme il parle ;
« M. de Thou me voyant près de soi en la salle d au- « dience, il m'embrassa, et me dit qu'il était condamné â « mort, et qu'il fallait bien employer le temps qui lui resii tait de vie, et me pria de ne le point quitter et de l'as- « sister jusqu'à la lin. Il me dit encore :
« — Mon père, depuis qu'on a prononcé ma sentence. Je •i suis plus content et plus tranquille qu'auparavant. L'atii tente de ce qu'on ordonnerait et de l'issue de cette affaire « me mettait en perplexité et inquiétude. Maintenant, je « ne veux plus penser aux choses de ce monde, mais au « paradis, et me disposer â la mort. Je n'ai aucune amertume « ni malveillance contre personne. Mes juges m'ont jugé
■ en gens de bien, équitablement et selon les lois. Dieu s'est
■ voulu servir d'eux pour me mettre en son paradis, et m'a voulu prendre en ce temple, auquel par sa bout et sa
h miséricorde, je crois être bien disposé à la mort ; je ne « peux rien de moi-même ; cette constance et ce peu de cou- « rage que j'ai prouvent sa grâce.
.. Alors, il se mit â faire des actes d'amour de Dieu, de coni trition et repentance de ses péchés, et plusieurs oraii sons jaculatoires. Il faut ici remarquer que, pendant les
■ trois premiers mois de sa prison, il s'était disposé à la .. mort par la fréquentation des sacrements, par l'oraison. « méditation et considération des mystères divins, par la « communication avec ses pères spirituels, et lectures « des livres de dévotion, particulièrement du livre de Bel- « larinin, sur les psaumes, et du livre De Aile bene morlendi. « du même auteur. Il choisissait, pendant ce temps, certains n versets de psaumes pour faire ses oraisons jaculatoires, et ■■ me disait qu'il entendait et pénétrait beaucoup mieux. « et avec plus de sentiment en cette sienne affection, ces
l'nces de la sainte Ecriture, qu'auparavant.
11 saluait tous ceux qu'il voyait en cette salle où nous
ins, se recommandait â leurs prières, leur témoignait
« qu'il mourait content, et que les juges l'avaient jugé équl-
•i tahlement et selon les formes de la loi. Voyant venir M. i'e
Laubardemont, qui avait été le rapporteur du procès, il .. alla au-devant de lui, 1 embrassa et le remercia de son i jugement, lui disant :
.. — Vous m'avez jugé en homme de bien !
.. Et ce, avec tant de tend] lialité, qu'il tira
« des larmes non seulement de •'• s assistants et de
« ses gardes, mais encore de son rapporteur, qui pleurait « à chaudes larmes en l'embras
.. Un homme, envoyé de la part de madame de Pontac. « sa sœur, lui vint dire ses derniers adieux. M. de Thou, » croyant que c'était l'exécuteur de la haute justice, courut
■ à lui et I en lui disant ;
« — C'est lui qui me dois aujourd'hui envoyer dans le
■ Ciel.
■ Mais, ayant été averti que i était un homme envoyé de « la part de sa sœur, il Lui dit
• — Mon ami, je te demande pardon ; il 5 a ?i longtemps
• que je ne t'avais vu, que Je te méconnaît ils Dis à ma . sœur que Je la prie de continuer en ses dévotions,' comme
■ elle a fait Jusqu'à présent; que je ...miais maintenant
• mieux que Jamais que ce monde n'est que mensonge et que
■ vain je meurs contei m chrétien, et « qu'elle prie Dieu pour mol, et qu ei plaigne point,
■ puisque .1 i salut en ma mort. Adieu! « Cet homme se retira sans pouvoir dire une seule parole ,
« pour lui, il sentait un courage et une force si extraordi-
• naît i lit qu'il n'y eut de » la vanité; et, se tournai mol me 411
« — Mon pèn de vanité en cela?... Mon
■ Dieu: je protore .levant votre divine majesté qui
« même. Je ne toute ma force vient telle-
« mem de orde, que, si vous me délais-
■ slez.
« Il demandait parfois si 1 heure de partir pour aller au
■ supp ait, quand on le devait lier; il priait
■ que l'on l'avertit quand l'exécuteur de la Ju
■ là, afin de l'embrasser; mais il ne le vu point, que sur
hafaud... « i les trois heures après midi, quatre compagnies de bourgeois de Lyon faisant environ douze cents hommes, furent rangées au milieu de la place des Terreaux, en sorte qu'ils enfermaient on espace carré d'environ quatre-vingts pas de du côté dans lequel on i entrer per-
sonne ' in étaient nécessaires.
■ An cet espace fut dressé un échafaud de sept pieds de hauteur et environ de neuf pieds carrés, au milieu il a i li devant, s'élevait un poteau
de trois pieds ou environ, devant lequel on hauteur d un demi-pied; si bien que la principale face ou le devant de l 'échafaud regardai! vers la ié de la Saône, i
lequel échafaud on dressa une petite échelle de huit échelons, du côté des Haines de Saint-Pierre. Toutes les maisons de celte place, toutes les fenêtres, muraille: ifauds
utes les émlnem es qui ont vue
■ I" i' nés de Pu - , nnli
tlons, âges et sexes.
■ Environ sur les cinq heui d i , ,
npa !.■ h du i' talavi le de le vouloir ai
était t ' it ii- M. de Cinq-Mars, vo n re qui parlait a 1 oreille de voulait.
■ — On nous presse, dit-il ; il s'en faut aller.
■ Pourtant m, des officiers l'entretint encore quelque temps dan d'où irtanl le val de i
Qui l'ai -Montpellier, se présen ant i lui, lui
demanda quelque récompense de ses
« — Je o'al plus rien, dit il, i al tout d
«De là, il vint \<is M. de Thou, t lie de l'au-
dience, disant
« — Allons, monsieur, allons, n est temps!
« M. de Thon alors s'écria :
«— < ■ Meta suttt mihi, in domum
Domlnt (oifntu
■ U l puis sortirent.
■ M. de Cinq-Mars marchait le premier, tenant le père Malavette par La main, lusque sur te perron on 11
:, tOU
1"'" ",;i " nx d'un chacun lui seul demeura
i d'i prl le long du i bemin ; son confesseur
d'un sentiment il rue des larmes de
quelques personi
■ — Qu'est ce a dire cei i mon père* lut dit-il ; vous êtes plus sensible à mes Lntéi mol
" **■ '' '• le robe
courte, et le chevalier du I compagnie, eurent
ordre de les mener au suppl
Sur les ,i ,\0 Th. .ii. voyant un car-
rosse qui les attendait, dil a M. de Olnq-M
" — ' nime
Je m'attendait bit a
m- nous point lit i -r rosse.
.1 J entrait. Il d! i
■ — ■ au Ciel . -I M d'un bel babil l
h. .il:... ouvert d
doigts ; un . h ipei oir i i la . atalat ■
p « de 'i on
telle, et un manteau d •'■. arla'e.
■ M. de Thou était vêtu d'un habit de deuil de drap d'Espagne, avec un manteau court.
■ Ils se mirent tous deux au fond du carrosse, sur le derrière. M. de Thou étant a droite de M. de Cinq-Mars, y
deux jésuites à chaque portière; savoir: deux conirs avec leurs frères. Il n'y avait personne sur le devant du carrosse.
I. exécuteur suivait a pied, qui était un portefaix qu ils appellent a Lyon gagne-denieri. homme âgé, fort mal fan, vêtu comme un manouvrler qui sert les maçons, qui jamais n'avait fait aucune exécution, sinon de donner la gêne, duquel il fallut se servir, parce qu'il n y avait point d'autre exécuteur; celui de Lyon se trouvait avoir la Jambe rompue.
i ans le carrosse, ils récitèrent avec leurs confesseurs les litanies de Notre-Dame, le Miserere et autres prières et oraisons jaculatoires, tirent plusieurs actes de contrition et d amour de Dieu, tinrent plusieurs discours de 1 éternité, de la constance des martyrs, et des tourments qu'ils avaient soufferts. Ils saluaient fort civilement de temps en temps .pie qui remplissait les rues par où ils passaient. . (juelque temps après, M de Thou dit a M. de Cinq Mats » — Monsieur, il me semble que vous devez avoir plus de regret que mol de mourir; vous étiez plus jeune et vous étiez plus grand dans le monde ; vous aviez de plus grandes espérances, vous étiez le favori d'un grand roi ; mais je . pourtant, monsieur, que vous ne devez point regretter tout cela, qui n'est que du vent; car. assurément nous allions nous perdre nous nous fussions damnés, et Dieu nous veut sauver. Je tiens notre mort pour une marque infaillible de notre prédestination, pour laquelle nous avons beaucoup plus d'obligation à Dieu que s'il nous avait donné tous les biens du monde ; nous ne le saurions jamais assez remercier.
■ Ces paroles émurent M. de Cinq-Mars presque Jusqu'aux larmes, ils demandaient de temps en temps s'ils étaient en-
n loin de !.. hafaud; sur quoi, le père Malavette
prit islon de demander a m. de Cinq-Mars s il n.
point la u
« — Point du tout, mon père, répondlt-il ; et c'est ce qui me donne de l'appréhension de voir que je n'en ai i Hélas Je ne t raina rien que mes pé.
« Cette crainte l'avait fortement touché depuis sa contes slon générale
« Comme Ils approchaient de la place des Terreaux le i M de Thou de se souvenir sur l échafaud de gagner les Indu n d'une médaille qu'il lui avait donnée, disant trois tais Jétus l Lors, m de
Cinq Mars, entendant ceci, dit à M. de Thou :
« — Monsieur, puisque je dois mourir le premier, donnezmoi votre médaille pour la Joindre aux miennes, afin que
Je m'en serve le premier; et puis on
i il Ils contestaient a qui des deux mourrait le premier.
M i C i i tue c'était à lui. comme le plus
coupabl ramier luge ajoutant que*ce serait le faire
lois s il mourait le dernier. M. de Thou deman-
le plus âgé, le pire Malavette prit
la par.de et dit à M. de Thou :
« — Il est vrai I que vous êtes le plus vieux, et
»ous êtt l le pins généreux,
« Ce que M de Cinq-Mars ayant confirmé:
.. — Hien. mon partit m de Thon; vous voulez
m ouvrir le I In min de ..— ai. dit m de Cinq-Mars le v..,,~ ta ai ouvert le
pi-.-. Ip précipitons-nous dans la mort pour surgir
a la vu
Le père Malavette termina leur différend en faveur de
m de Sain qu'il était plus qu'il
un proche de l'écbafaud on remarqua que M de
Thon, ayant vu l'échafaud, étendit le-
- mains i i visage joyeux, comme s il se fi i cette
rars:
Mal: L'icl que nous devons ail.
hs se touillant ver ISetU
\i..n |n i e, est ii bien possible qu u
ihrtiv, uni.- i. prendre aujourd'hui possession
reuse* i ■■ carrosse u pied de l e. hafaud. Le j
étant vendu dire à m lui de mon-
ter le pieim de Thou, i l
d'une grande affection, disant qu'ils se revenaient bientôt en l'autre monde, où ils si
Dieu, Ainsi, m de Cinq-Mai parut
gai Un an her du prévôt s étant
n lui prendre s. m manteau, disant qu'il lui
ia an avaient droit ; lui axant dit que
non, le père dit a M. de Cinq Mais qu'il disposai de son mant. il lui plairait Lors, n le donna au jésuite
LE . MIDI DE LA FRANCE
<nn accompagnait son confesseur, disant qu'il le donnait pour faire prier Dieu pour lui.
[cl, après les trois sons de trompette ordinaire, Pallerue, greffier • nminel de Lyon, étant à cheval assez près de l'échafaud, lut leur arrêt, que ni l'un ni l'autre n'écoutèrent. Pendant quoi, on abattit le mantelet de la portière du carrosse qui regardait I échafaud, afin d'en ôter la vue a M de Tnou, qui demeura dans le carrosse avec son confesseur et son compagnon.
\l. .le Cinq-Mars, ayant salué ceux qui étaient près de
I échafaud, se couvrit et monta gaiement l'échelle. Au second échelon, l'archer du prévôt s'avança à cheval, et lui ôta par derrière son chapeau de dessus la tête ; lors, il s'arrêta tout court, et, se tournant, dit :
» — Laissez-moi mon chapeau !
« Le prévôt, qui était près, se fâcha contre son archer, qui lui remit en même temps son chapeau sur la tête, qu'il accommoda comme mieux lui semblait, puis acheva de monter courageusement.
« Il fit un tour sur l'échafaud, comme s'il eût fait une démarche de bonne grâce sur un théâtre, puis il s'arrêta et salua tous ceux qui étaient à sa vue, d un visage riant ; après s'être couvert, il se mit en une fort belle posture, ayant avancé un pied et mis la main au côté ; il considéra toute cette grande assemblée d'un visage assuré, qui ne témoignait aucune peur, et fit encore deux ou trois belles démarches.
« Son confesseur étant monté, il le salua, jetant son chapeau devant lui sur l'échafaud ; il embrassa étroitement ce père, qui, pendant cet embrassement, l'exhorta d'une voix basse de produire quelques actes d'amour de Dieu ; ce qu'il fit d'une grande ardeur.
« De là, il se mit à genoux aux pieds de son confesseur, qui lui donna la dernière absolution, laquelle ayant reçue avec humilité, il se leva, et s alla mettre à genoux sur le bloc, et demanda
« — Est-ce ici, mon père, où il me faudra mettre?
« Et. comme il sut que c'était là, il essaya son cou, l'appliquant sur le poteau ; puis, s'étant relevé, il demanda s'il fallait ôter son pourpoint ; et, comme on lui dit que oui,
II se mit en devoir de se déshabiller, et dit : « — Mon père, je vous prie, aidez-moi.
« Lors, le père et son compagnon lui aidèrent à le déboutonner et à lui ôter son pourpoint. Il garda toujours ses gants, que l'exécuteur lui ôta après sa mort.
« L'exécuteur s'approcha avec des ciseaux que M. de Cinq- Mars lui ôta des mains, ne voulant pas qu'il le touchât, et, les ayant baisés, les présenta au père, disant :
« — Mon père, je vous prie, rendez-moi ce dernier service, coupez-moi mes cheveux.
« Le père les donna à son compagnon pour les lui couper ■ ce qu'il fit. Cependant, il regardait doucement ceux qui .étaient proches de l'échafaud, et dit au père :
« — Coupez-les-moi bien, je vous prie.
■■ Puis, élevant les yeux vers le ciel, il dit :
« — Ah ! mon Dieu! qu'est-ce que le monde?
« Après qu'ils furent coupés, il porta les deux mains à sa tête, comme pour raccommoder ceux qui restaient à côté : le bourreau s'étant avancé presque à côté de lui, il lui fît signe de la main qu'il se retirât ; il fit de même deux ou trois fois : il prit le crucifix et le baisa ; puis, l'ayant rendu, 11 s agenouilla derechef sur le bloc, devant le poteau, qu'il embrassa ; et, voyant en bas devant soi un homme qui était à M. le Grand Maître, il le salua et lui dit :
a — Je vous prie d'assurer à M. de la Meilleraye que je suis son très humble serviteur.
« Puis s'arrêta un peu et continua :
■ — Dites-lui que je le prie de faire prier Dieu pour mol. « Ce sont ses propres mots.
■ De là, 1 exécuteur vint par derrière avec ses ciseaux pour découdre son collet, qui était attaché à sa chemise. Ce qu'ayant fait, il le lui ôta, le faisant passer par-dessus sa tête. Puis, lui-même ayant ouvert sa chemise pour mieux découvrir son cou, ayant les mains jointes dessus le poteau qui lui servait comme d un accoudoir, il se mit en prières.
« On lui présenta le crucifix, qu'il prit de la main droite, tenant le poteau embrassé de la gauche, le baisa, le rendit et demanda ses médailles au compagnon de son confesseur, lesquelles il baisa et dit trois fois : Jisus ! Après, il les lui remit, et. se tournât hardiment vers l'exécuteur, qui était là debout, et n'avait pas encore tiré son couperet d'un méchant sac qu'il avait apporté sur l'échafaud, lui dit:
« — Que fais-tu là? qu'attends-tu?
« Son confesseur s'étant retiré sur l'échafaud, 11 le rappela et lui dit :
« -- Mon péri , venez-moi aider à prier Dieu.
« 11 se rapprocha et s'agenouilla auprès de lui, lequel récita dune grande affection le Salve Regina, d'une voix Intelligible, sans hésiter, pesant toutes ces belles paroles, et par iculièrement étant arrivé à ces mots : Et Jemm benedictum. Iructum ventris lui, nobis post hoc exillum ostendc, et
le reste, il se baissait et levait les yeux au ciel avec dévotion et d'une façon toute ravissante. Apres, son confesseur pria de sa part ceux qui étaient présents de dire pour lui un Pater Noster et un Ave Maria.
« Pendant quoi, 1 exécuteur tira de son sac un couperet (qui était comme celui des bouchers, mais plus gros et plus carré). Enfin, ayant levé d'une grande résolution les yeux au ciel, il dit :
« — Allons mourir ! Mon Dieu, ayez pitié de moi l " Puis, d une constance incroyable, sans être bandé, posa fort proprement son cou sur le poteau, tenant le visage droit tourné vers le devant de l'échafaud. Embrassant fortement de ses deux bras le poteau, il ferma les yeux et la bouche, et attendit le coup que l'exécuteur lui vint donner assez lentement et pesamment, s'étant mis à sa gauche et tenant son couperet des deux mains. En recevant le coup, il poussa d'une voix forte comme Ah l qui fut étouffé dans le sang ; 11 leva les genoux de dessus le bloc, comme pour se lever, et retomba dans la même assiette qu'il était.
« La tête ne s'étant pas entièrement séparée du corps par ce coup, l'exécuteur passa à sa droite par derrière, et, prenant les cheveux de la main droite, de la gauche, il scia avec son couperet une partie de 'a trachée-artère, et la peau du cou qui n'était pas coupée ; après quoi, il jeta la tête sur l'échafaud, qui, de là, bondit à terre, où l'on remarqua qu'elle fit encore un demi-tour et palpita assez 'longtemps. Elle avait le visage tourné vers les religieuses de Saint- Pierre, et le dessus de la tête vers l'échafaud. les yeux ouverts.
« Son corps demeura droit comme le poteau qu'il tenait toujours embrassé, tant que l'exécuteur le tira de là pour le dépouiller, ce qu'il fit ; puis il le couvrit d'un drap et mit son manteau par-dessus. La tête ayant été rendue sur 1 échafaud. elle fut mise auprès du corps, sous le même drap. « M. de Cinq-Mars étant mort, on leva la portière du carrosse, d'où M. de Thou sortit d un visage riant, lequel, ayant fort civilement salué ceux qui étaient là auprès monta assez vite et généreusement sur léchafaud, tenant son manteau plié sur le bras droit, où, d'abord, jetant son manteau d'une façon allègre, courut les bras étendus vers son exécuteur, qu'il embrassa et baisa en disant :
.. — Ah ! mon frère, mon cher ami, que je t'aime ! Il faut que je t'embrasse, puisque tu me dois causer aujourd'hui un bonheur éternel : tu dois me mettre dans le paradis.
« Puis, se tournant sur le devant de l'échafaud. il se découvrit et salua tout le monde, et jeta derrière soi son chapeau, qui tomba sur les pieds de M de Cinq-Mars. De là, se retournant vers son confesseur, il dit d'une grande ardeur :
« — Mon père, spectaculum facti sumus mundo, et angelis, et hominibus.
« Le père lui ayant dit quelques paroles de dévotion qu'il écoutait attentivement, il lui dit qu'il avait encore quelque chose à dire touchant sa conscience, se mit à genoux, lui déclara ce que c'était, et reçut la dernière absolution, s'inclinant fort bas. Laquelle ayant reçue, il ôta son pourpoint et se mit à genoux et commença le psaume cxv, qu'il récita par 'cœur et paraphrasa en français, presque tout au long, d'une voix assez haute et d'une action vigoureuse, avec une ferveur indicible, mêlée d'une sainte joie.
„ ii est vrai que j'ai trop de passion pour cette mort, disait-il; n'y a-t-il point de mal? Mon père, dit-il plus bas en souriant, se tournant de côté vers le père, j'ai trop d'aise : n'y a-t-il point de vanité? Pour moi. je n'en veux point.
Tout cela mi accompagné d'une action si vive, si gaie. si forte, que plusieurs de ceux qui étaient éloignés pensaient qu'il fût dans des impatiences, et qu'il déclamait contre ceux qui étaient cause de sa mort.
« Après ce psaume, étant encore à genoux, il tourna sa vue à main droite, et, voyant un homme qu'il avait embrassé dans le palais, parce qu'il le rencontra avec un huissier du conseil qu'il connaissait, il le salua de la tête et du corps, et lui dit gaiement :
« — Monsieur, je suis votre très humble serviteur. .. Il se leva, et, l'exécuteur s'approchant pour lui couper les cheveux, le père lui ôta les ciseaux pour les donner à son compagnon; ce que M. de Thou voyant, il les lui prit des mains disant :
., — Quoi ! mon père, croyez-vous que je le craigne? n'avezvous pas bien vu que je l'ai embrassé? Je le baise, cet, homme-là. je le baise. Tiens, mon ami, fais ton devoir : coupe-moi les cheveux.
« Ce qu'il commença de faire. Mais, comme il était lourd et maladroit, le père lui ôta les ciseaux, et les fit, couper par son compagnon; pendant quoi, il regardait, d'un visage assuré et riant ceux qui étaient, les plus proches, levant quelquefois amoureusement les yeux au ciel, et, s étant levé quelque peu de temps, il prononça cette belle sentence de s nilit Paul ,, — Non contenndniitibiis nobis quse, videntur, sed quoi
oUentur: qu* enlm vldenlur. temporalia .- gu* autem non vtdcntur. œterna. ' "
,,n.S£ChT"? C°U.Pés' " se mlt a Ze""u* >w le bloc et fit
„™ , * Ue, soi-même * U'eu. avec des paroles et des
;n; STi! ne PU1S J*»*»""*: il demanda à tous un
' * ,jn *»« „'Wartfl. ave< nul perçaient le cœur
1 << av<* B™ r. demanda
pour gagner l'indu , dit:
'"n père, ne me veu, . bander?
dépendait de • — Oui, mon père, il me fan]
" Et. re eux qui éti plus proches dit •
"~ ron, Je crains de
je pense à la tremble, je frémi
mes ■ hérissent ,ns voyez quelque peu
attribuez cela Seigneur qui
me sauver; car, effectivement pour
» " ■ la résolu
aals Dieu m'en donne et me I
uns dans ses pochettes pour y cher- ■fla de se bander, et, 1 ayant tiré à -, il le resserra, et pi „,.,,,. ,mx
' W J« I Itot on n,
i« pu trois; il en P1 ■ ni avaient jeté, promet,,-, i Ciel, n étant pas en n poui ... de leur rendre ce
■ eu vint „■ le bander
Is, comme il le faisait fort mal, met-
omn
mouchoir, parce i
lt qu'il avançât un peu 6
En i
■ de la ch a ils lui teo i
t senti, il dem;> - - ' faut-11 encore oter la chemiset
c ul dit ,rue non, et
qu il fallait seulement oter les
■ s;i tête svu i n, u prononça
i, .iui fuxe
puis: In mania tuasl Domine! Et lors ses bras l trembloter, en ,np qul fut
lut -in i la tête; i
I, remuant 1
t il
io lui, don
i m corps
encore
■ ■ Bvant i
Oui certi
don) la i mais