II. PALAIS \ III X
Quoique la journée fut déjà avancée- et que nus deux séances au Dôme et au palais Riccardi eussent été rudes, non.-, ne voulûmes pas rentrer Bans .noir visité la place du i.raiel Duc J'en i entendu parler, jeu avais vu des
IS, et je savais quelle offrait, plus qu'aucune autre au monde peul 6ti la réunion des souvenirs de l'histoire et de 1 art aux plus grandes époques de [a republique et du principal. En outre on m'avait recommande, pour ne rien 1 tidli se <i ' arriver par une des
rues qui débouclent lu Palais Vieux. -Nous nous
unes la recommandation. Nous reprîmes la rue Mar- .lu Dôme, où, dans notre premier ébloi ment, nous étions passés sans remarquer le Blgallo, ancien ' des enfants trouvés, et les deux statues colossales impalonl, représentant Arnolfo ni Lapo et Brunelleschi, les yeiiv iiNes l un sur son église, l'autre sur sa coupole. A la gauche du premier, entre lui et la maison de la rie de la Miséricorde, est la rue de la Morte, ainsi aonu or cette fameuse tradition qui a inspin
En quittant la place du Dôme, nous primes la rue des
Calzajoll i est a la lois une de* rues les plus étroites et
les plus historiques de Florence. Comme de tout temps elle
peuplée d'artisans, comme elle conduit du Dôme au
Palais-Vieux, comme enfin elle a a peine dix pieds de large,
elle un vingt fols le théâtre de ces luttes armées,
intentes sous la république. Aussi est-elle à Florei;
que la rue Vlvienne est à Paris, c'est-a dire le passage obligé
de toute personne qui fait hors de son hôtel ou de son
Inq cents pas pour ses affaires ou son plaisir
, au reste, est de von passer au trot
te foule qui se range sans
seul murmurai tant a Florence, comme l'avon habitude de céder le pas s ton
lessus de lui. Mettez le même nombre
m mbx ■ de gens dans un. rue pa
rellle &bo I . u Palais Royal aux rullerli el I i
Bourse, et il > aura par jour trol ou quatre pei
rite '"i quar ml 1ht- paies ,|, ps,
11111 i aols, a différentes
I ( i ni nu a. i Ident, ni une rixe.
■ lu jardin sur lequel .■il.. . -■ . onsti uite 0 auquel elli
i .i.i i: autrefois nu grenier a blé O&tl par Arnolfo di
i.ind remueur u ptei mai- ayanl été endoin-
par un Incendie el la ri publlqut seconder
il'InclinaUon .lu peuple uni aval! une grande vénération
une in ni, aie des plus mlracul ; te sur bols.
■' i ' e , i un .1. in portlqu. i que le
1er serait changi , de la
il in .u
., Il lui e\e, litre BOUS la ■ 1 1 1 nage de la \ ni ge, Vn.il . .
Ire un tabernacle digne d'elle.
aulne sculpteur n i*nt faire avi
u lier ce ebl
vre pour s'assurer que ce n'est point quelque pâte imitatrice. mais bien un bloc de marbre évidé. fouillé, découpé avec une hardiesse, un caprice, une ricfïesse dont on ne peut se faire une idée sans l'avoir vu Aussi sort-on de là tellement ébloui, qu'à peine fait-on attention à deux groupes de marbre : l'un de Simon de Fiesole et l'autre de Franc, is d C.allo. Il y avait eu autrefois de magnifiques fresques, dont deux étaient d'Andréa del Sarto ; mais il serait inutile de les y chercher aujourd'hui. En 1770. elles ont été recouvertes de chaux.
L extérieur de l'église, si on peut le dire, est tout hérissé de statues. 11 y a un saint Elol d'Antonio di Iianco ; un saint Etienne, un saint .Mathieu et un saint Jean-Baptiste de Lorenzo Ghil.erti ; un saint Luc de .Mm., tla Flesole ; un autre saint Luc par Jean de Bologne ; un saint Jean évangéliste, par I . un saint Pierre un
tiare et surtout un saint Georges .le Donatelio, a qui il aurait certes pu .lue comme au Z parle,
s ai n ,-ni été in il.- '!•• voir, a la mine haut i vain-
ris, qu'il .'-tait trop lier pour obéir a un donné par son créateur.
Si grande que i I idéi que je mv ci 'If
la place .m Palais-Vieux, la réalité fut. si je dois l'ai
plus grande qu si puissainmi niée au soi, surmontée de sa tour qui
tel comme le bras d'un Titan, la vieille Fli ïout entière, avec ses Guelfes, ses Gibelins, sa balii prieurs, sa seigneurie. condottieri,
son peuple . . son aristocratie hautaine, m'apparul
comme si J'allais assister a 1 exil de Cosme l'Ancien, supplice de Salvlatl En effet, quatre siècles d'histoire et d'art sont la a droite, à gauche, devant, derrière, vous enveloppant de tous côtés, et parlant a la fois avec les le marbre el le bronze, .les Nicolas d'Uzzano, des Orcagna des Renaud des Alblzzi, des Donatelio, des Pazzl des Raphaël, des Laurent de Médicls, des Flamlnlus Va. . a. ivonarole, des Jean de Bologne, des Cosme ï,r et des Michel Ange.
Qu'on . lui. h.- dans le monde entier une place qui réunisse de pareils noms, sans compter ceux que j oulil
j'en oubl n. i Bat linelll, ...mine l'Ammanato,
. oui. : i ellini.
je voudrai un peu d'ordre dans ce magni-
ïqui n..- randa born-
ées et les grand Impossible tl < •<>• quand i place mer-
aiiei is mi ne, où l'instlni t vous con-
duit.
Ce qui - emp i l'a i ..... Su pi ■ ou de
si le sombre Paicuxo-Fecchlo, encore tout
.1. - \ publique, parmi
lesquelles brillent sur l azur, comme d au ciel, ces
fleurs de Ils sans nombre semées sur la route de Naples par ,i vnjou a peine Florence lut < lie libre, qu'elle ilr son
ni logei m. magistrat, et son beffroi pour r le peuple Qu'une commune se constitue dan- la Nord, o i qu une répub tblisse dans le Midi, le désir
d'un hôtel de ville el d'un beffroi est toujours le pi acte di sa vol mti el la satisfaction decedésii la première preuve de son existence.
ausm .i.v 1398, ■ -i dire 16 ans , peine après que les leur \rnoifo de
Lapo recul de la seigneurie l'ordre do lui bâtir un palais. Arnoii.. .n i.apo avall visité le . plan en .
[l udlt à
grands cris d eule pierre sur la pi..
!.. mais. .n de Farinata des i ber i vrnolfo di Lapa
tut ton .. .i obéir a . eue . lameur populaire . il rej
dans un I lalss i libre la pi
. ni pierres ni 8 lt Ml
i ii n n a poussé depuis plus de six si
la i harrue el a s. -nie
Ce ] . ■ sldence .1 un gonl u.. nier el de huit
prieurs, deux pour chaque quartier de la ville leur charfl
durai! soi] ni ces soixante jouis, ii- vi-
valent ensemble, mangeant a la même table et ne pouvant
in ■ qu'ils restaient a peu près | t . lia. un deux i p. air
i a leurs .. i.lres un notaire 10
.lions, leq
El ... du sacrifice que
rue prieur faisan h la'républlque de I dosa
sept francs .le notre monnaie I.a par. Imonle p
l'économie publique, et le gouvernement se trouvai] ainsi en étal d exécuter de grandes choses dans Part la gv I venu le surnom de Magnifique
. dans le Palais Vieux iiar une porte plan, au
UNE ANNEE A FLORENCE
tiers ù peu près de sa façade, et L'on se trouve dans une
cour carrée, entourée d'un portique soute «r neuf
colonnes d'architecture lombarde enjolivées d'applications. Au milieu de cette cour est une fontaine .surmontée d'un Amour rococo. tenant un poisson et reposant sur un bassin de porphyre. A l'époque du mariage de Ferdinand, on orna ce portique do peintures à fresques représentant des villes d'Allemagne vues à vol d oiseau.
Au premier étage, est la grande salle du Conseil, exécutée par les ordres de la république et su'' les Instances de irole. Mille citoyens y pouvaient délibérer à l'aise Cronaca en fit l'architecture, et il en pressa tellement la
la patrie, dont le rameau, séparé a la deuxième génération, se divisa lui-même en branche aînée et en branche cadette; c'était cette branche aînée dont était Lorenzino, c'était cette branche cadette dont fut Cosme.
Son père était ce fameux Giovanni, le plus célèbre peutêtre de tous ces vaillans capitaines qui sillonnaient l'Italie au xve et au x\i i Le jour anniversaire de m nais-
sance, il rêva qu'il lui voyait, tout endormi qu'il était dans son berceau, une couronne royale sur la téti Ce rêve le frappa tellement, qu'en se réveillant il résolut de tenter Dieu pour savoir quels étaient ses desseins sur son fils. En conséquence, il ordonna à sa femme Maria Salviatl, née
Maichons! l'ut la seule réponse du sbire.
struction, qui Savonarole avait l'habitude de dire que
h-- anges lui avaient servi de maçons
i ronaca avait raison de se hâter, car trois ans après Saronarole devait mourir, et trente ans plus tard la république devait tomber.
Aussi, cette immense salle n'a-t-elle rien gardé de cette le que sa forme première; tous ses ornemens apparat au principat, ses fresques et son plafond sont' de Vasari : ses tableaux sont de Cigoli, de Ligozzi, et de Pâsseo, les statuts sont de Michel-Ange, de Bai io Bandi- ■ '• Mi et de Jean de Bologne. Le tout a la plus grande gloire de Cosmé l,r 1 esl qu'en effet, Cosme l" est une de ces statue- giganes que la main de l'histoire dresse comme une pyramide pour marquer la limite où une .ie finit et où Une autre ère commence. Cosme r»r, c'est a la tois I Augu te et
le Tibère de la Toscane, et cela esl Main. lus exact,
qu a l'époque où Alexandre tomba sous le poignard de Lo-
,: •• trouva dans ia même situation que Rome
après la. mort de César; . il n'y avait plus de tyran, mais il n'y avait plus de liberté. «
oiis un instant pierres, marbre et toiles pour examiner tous les vices et tontes les vertus de l humanité réunis
dans un seul homme l'étude est curieuse et vaut. ) ,i
peine qu on s'y arrête un instant
Cosme i"r naquit dans l'ancien palais Salviati, deï i
depuis palais Appareil,,, et au milieu de la cour duquel est ■ aujourd'hui une siatue de marbre représentant le grand-duc en babil royal et la couronne sur la tête il descendait de Laurent l'Ancien, frère de Cosm • le Pè
de Lucrezia de Jfédicis, et par conséquent nièce de Léon X de prendre 1 enfant et de monter au second étage Marie obéit, sans savoir de quoi il s'agissait: alors lui descendit dans la rue. appela sa femme, qui parut sur le balcon, et do là lui tendant les bras, il lui ordonna de lui jeter l'enfant. La pauvre mère frémit jusqu'au fond des entrailles, mais Giovanni renouvela l'ordre déjà donné, d'une voix si impérative qu'elle obéit en détournant la tète. L'enfant
tomba du second étage et fut retenu dans les bras d a
père.
— C'est bien, dit alors l'impassible condottiere, mon rêve ne m'a point trompé, et tu seras roi.
Alors il remonta et remit le petit Cosme a sa mère, qui le reçut plus morte que vive Quant à l'enfant, on remarqua qu'il n'avait pas même jeté un cri.
Six ans après cet événement. Giovanni de Vlédicis fut blessé au-dessus du genou, devant Borgoforte par un coup de fauconneau, à l'endroit même où il avait déjà reçu fine autre blessure à Pavie. La plaie nouvelle était si grave, surtout compliquée de l'ani [a qu'il fut décidé
qu'on lui couperait I; a voulut alors l'attacher
sur son lit pour procéder a i ■ ■■ mais il déclara que,
comme la chose te touchait avant aucun autre, il voulait.
la regarder faire. En ci fusn 11 prit la torche, et la
tint jusqu'à la lin de l'amputation, sans qu'une seule 'ois
sa main tremblât i .< fort i r taire vaciller la flamme.
Soit que la blessure un m irtelle, soil que I opéri a cm
été mal faite, le surlendemain Giovanni de Médicls expira, a l'âge île vlngt-neul
Cette mort fut une grande joie pour les Allemands et les
ALEX \\nr;i DUMAS illustré
Espagnols, dont il était la terreur. Jusqu à lui, d dini, 1 tienne était nulle et ignorée: ce fut lui
qui. mettant ;i profit les leçons qu il avait reçues du mari anisa et la rit célèbre; aussi aimait-il tant cette troupe qui était sa fille, qu'il lui abandonnait sa part du butin, ne se réservant pour lui que sa part de ii" leur côté, ses soldats L'aimaient si tendrement qu'Us ne l'appelaient jamais que leur maître et leur pire: .. a h. "il il- prirent tous le deuil; et déclarèrent qu'ils ne Quitteraient plue cette couleui serment qu'ils tinrent avec une telle fidélité que Jean ■ fut, à partir de cette
Irei surnom sous lequel il est plus connu qu sous son nom paternel.
i e Jean des B: lit l'aïeul de Marie de Mé-
dicis, qui épousa Henri IV.
Maria Sali \< )uve. se consacra alors tout entière
à son enfant. Le jeune Cosme grandit donc entouré de maîtres et constamment surveillé par l'œil maternel. Elevé Sérieusement, il fut grave de lionne heure, étudiant toutes les choses d'art, de gt de gouvernement, avec une
égale aptitude, el passionné surtout pour les sciences chiot naturelles.
\ quinze ans, son caractère s'était déjà dessiné, et vail di ' qt I l'api il une idée de ce qu 11
Comme nous i avons dil son grave et mémo sévère; il était lent .1 former des relations 1 res. et Lai i difficilement prendre aucune
familiarité; mais lorsqu'il en cette double con-
nue preuve de son amitié, et son amite sure; cependant m me poui s amis, il était discret sur lit qu'on ne sût ce. qu'il avait le rsque la chose était faite 11 en résulta qu il pai "te occasion, chercher un but contraire
I auquel il tendait. ridait ses réponses toujours brèves et souvent obscures.
a qui l étall irsqu'll apprit la nouvelle de l'as-
at d Alix ; 1 fuite de Lorenzino : cette fuite
no lui 1,-ii-- urrent au 1 aussi eut-il
rapiden parti, il rassembla les quelques amis
sur lesquels 11 pouvait compter, monta a cheval, et partit de la cam] b qu'il habits rendre a Florence.
Cosme ft par l'accueil qu'on
lui lit : il • 1 ii \illc au milieu des acclamât!
Ii tous les babil n 1 souvent] •<■ père mar-
:> autour de lui, et le peuple, parmi lequi
Jean des Bandes 1 , ,; qu'au palais Salvial 1 Joyeux e;
pleurant, criant a La fols Vive Jean et vive Cosme, vive te père el le
Le surloie ml nommé chef et gouverneur
de la république, à quatre conditions;
rendre Indifféremment La Justice aux riehes comme aux paw »
De ne Jamais sentir à relever de l'autorité de Charles- Quint.
De vi h iiu dm Uexandre De bien 1 luli Ji
■ le peuple enthousia
I m 1 - 1 ■ ra au lui ce qui
mine- de génie qu une révolution p 1
l'i'oi r degré du trône ils n
ipo: enl
I ■■ - te surtout pour un leune homme de dix auli ai u
mis 'in deda 1 - il fallait
lUVOir uni:
roloi mens fiasques on
nlqu fa utre, et
[Ul
I nont un lli
tble île rien
Il fallait ei ■■• m ifln que
II ti i citoyen ni le maître.
11 fallait enfin
une main de tel dans un il de
n- points, 1 homme qu'il fallait
pour 1 Dissimulé comme
ni F1II, bl
e Charles-Quint, magnifique comme ombre,
■ n t"iit la \ le publia, .
m illieureii . peuple heureux.
II avait eu ,11 mptei un jeu in an, 1 inq pii- 1 quatre filles
ut
François, qui régna après lut
Ferdinand qui régna après Frai
Don 1 in, et Gai
quatre filles étaient: Marie, . Lucrèce, Isabelle et Virginie.
Disons rapidement comment la mort se mit dans cette magnifique lignéi entra, comme dans la famille
primitive, par un
Fean, qui i.'avait que dix-neuf ans. était n était
encore rien que le favi Le reste de la 1 oui-
Ctalt a Plse, ra Cosme qui avait para-
vant, l'ordre de Saint-Etienne, étall venu faire
::re.
qui depuis longtemps gardaient l'un pour
l'autre une certaine inimi'i parce
lit Le bien aimé de son père. Jean contre Gardas,
i 1 irent
ml que i Jeux
; milieu de la di is tira
i en porta un coup à Jean,
i la cuisse, tomba en appelant du si gens
de la suite des deux princes accoururent, ils trouvèrent
Jean tout seul el baigné da
1 irne et fil 1 nient
. .er. Le gr; accouru! .1 I. Tourne.
lui-même si ■ duc, un des hommes
les plus
médicales que l'on pouvait ai malgré
i père.
novembre 1562, cinq jours après celui où il avait été blessé.
ne revint à l'ise A voir ce masque de bronze dont 11 avait 1 habitude de couvrir son visage, on eût dit que rien no s'était passé. G 1 Plse et
réfugié dans l'appartement de sa mère, où elle le tenait danl au Im mi île quelque- Jours, voyant que m- parlait pas plus de son nls mon que s il n'eût exlsti . eii li r se Jeter
iouï de son ] il d Mais,
comme Le jeune homme tremblai seule idée de se trouvi . sa mère l Le gi tout pensif, dans 1111 des appar-
les plu- 1 Le fils et la mère parurent sur le seuil Cosme se
leur vue V, courut a son père, se jeta a ses
pieds, embrassant ses genoux et lui demandant pardon.
-la sur la porte, tendant le- I mari.
aval! la main enl :ée dans U en
tira un poignard qu il avait l'habl -or sa
poitrine, el en frappa don 1 •'<; ni
pas de Caïn dans ma famille La pauvre mère avait vu brll-
lame, et elle vers 1
n dans ses bras son Us qui, tau i.mt et en crlanl Ma
Le même plra.
iû il tut ti onore
près de son fils lerr 1 et ne
voulut plus
iseni de d mleur, les autr 1 , - trois ' adai 1
n- air
Ce 1 1 nom qui
ux 1 1 fille de d ni Gari las 1 , iae ,, n, ,,. ,1,. , ette autn ■' -:'< nous
.le racontei la mort, était vi la
1 our di
ommi uni qui ont donné
: eoiir
n \ lolenl ivmoin
I • ne 0
IqueS de I :
, ! 'Min-' el I
main matin; put-, le- nuit- suivantes il Ul. et
r,. qu'il \ • '■ au moins dans toul qu'au
1 où l'OI
le m II ell lieu
Mais soll l'effel qui ai ilenl couru sur
• 1 dont nom
UNE ANNEE A FLORENCE
le compte d'Eléonore, soit que le plaisir goûté par don rierre dans la compagnie des beaux jeuni
ir les sentim , iir que pouvait lui inspirer une
telle femme, les nouveaux époux semblaiei et vi-
Eléonore de Tolède était Jeune,
lelle. elle était de ce sang espagnol qui brûle
au pied des autels les veines dans lesquelles il coule;
par son mari, elle - amolli
un jeune liomme nommé Alexai
du capitaine florentin François Gaci. Mais ce premier amoral
i autre suite. Le jeune homme nie sa
m était connue du mari de celle qu'il aimai:, e; pou-
auser à la belle Eléonore de grandes douleurs, se
retira dans un couvent, et étouffa, ou du moins enferma
i >ur sous un cilice. Tandis qu'il priait pour Eléonore,
o qui le lui lit oublier en lui succédant, était un jeune chevalier de Saint-Etienne qui, plus indiscret que le pauvre Alexandre, ne laissa bientôt plus ignorer à toute la ville qu'il était aimé Aussi, peut-être plus à cause de cet amour qu'à cause de la mort de François Ginori qu'il de tuer en duel entre le palais Strozzi et la porte le à lile d'Elbe. Mais l'exil n'avait ir, et ne pouvant plus se voir, les deux jeunes gens s'écrivaient Une lettre tomba entre les mains du jeune grand-duc François, que de son vivant Cosme avait associé i sa puissance. L'amant fut ramené secrètement de l'île d'Elbe à la prison du Bargello. La nuit même de son arrivée, on fit entrer dans sa prison un confesseur et un bourreau; puis, lorsque le confesseur eut fini. le bourreau étrangla le jeune homme. Le lendemain. Eléonore apprit de la bouche même de son beau-frère l'exécution de son amant
Elle le pleurait depuis onze jours, tremblante pour ellemême, lorsqu'elle reçut, le 10 juillet, l'ordre de se rendre au palais de Caffaggiolo, que depuis plusieurs mois son mari habitait Dès lors, elle se douta que tout était fini pour elle, mais elle ne se résolut pas moins d'obéir, car elle ne savait ni où, ni de qui obtenir un refuge. Elle demanda un délai jusqu'au lendemain, voilà tout ; puis elle alla s'asseoir près du berceau de son fils Cosme. et passa la nuit â pleurer et â soupirer, couchée sur son enfant. Les préparatifs du départ occupèrent une partie de la e, de sorte qu'EIéonore ne sortit de Florence que les trois heures de l'après-midi; et encore comme tivement à chaque minute elle retenait les chevaux, n'arriva-t-elle qu'à la nuit tombante à Caffaggiolo. A son grand étonnement, la maison semblait déserte Le cocher détela les chevaux, et tandis que les valets et aimes qui l'avaient accompagm ient les pa-
quets de la voiture. Eléonore de Tolède entra seule dans la belle villa, qui, privée de toute lumière, lui semblait, à cette heure triste et sombre comme un tombeau. Alors elle mont légère et silencieuse comme une ombre.
et frissonnante de terreur elle s'avança, toutes portes étant ouvertes devant elle, vers sa chambre a coucher; mais eu moment où elle posait le pied sur le seuil, elle vit de derrière la portière sortir un bras et un poignard, en même temps elle se sentit frappée, poussa un cri et tomba. Elle était morte ! Don Pierre, ne s'en rapportant à personne du de sa vengeance, l'avait assassinée lui-même. Alors, la voyant étendue dans son sang et immobile, il vint regarder attentivement celle qu'il avait frappée. Eléonore était déjà expirée, tant le coup avait été donné d'une main sûre el habile Don Pierre se mit à genoux près du glantes au ciel, demanda pardon .1 Dieu du crime qu'il venail de commettre, et jura, en de ce crime, de ne jamais se remarier. Etrange serment, que, si l'on en croit les bruits scandaleux île e pour les femmes lui permettait de tenir plus fai ilemenl que tout autre :
Puis le bourreau devint ensevelisseur. Il mit dans un cercueil toin préparé le corps dont il venait de chasser lime, ■ l'expédia à Florence, où elle fut ensevelie ta même nuit et en secret dans l'église de San-Lorenzo.
don Pierre ne tint pas même son serment ; il isa, en 1593, Béatrix de Ménessës ; il est vrai que
il ans après l'assassinat d'El que Pierre
de Médicis, avec son caractère, devait avoir oublié non seulement le serment fait, mais la cause qui le lin dicte Passons maintenant aux filles de Cosme. Marie était l'aînée : c'était a dix-sept ans, comme le dit Shakespeare de Fuliette, une des plus belli lu prin-
temps de Florence Le jeune Malatesti page du i id-duc
en devint amoureux; la pauvre niant l'aima île ce premier amour qui ne o rien 3 ifusez I □
vieil Espagnol surprit les deux amans dans
qui ne laissait aucun doute sur l'intimité de leur II et rapporta au grand dm Ci me ce qu'il avait vu
Marie mourut empol dix-sept ans; car sa vie,
prolongée de six mois, eût été un déshonneur pour s mille. Malatesti fut jeté en prison, et, é nu a
s'éi happer au bout de dix lo i igna l'île de I ar
die, ou son père commandail itiens. Deux mot!
on le trouva un malin assassiné au i oin dune rue
Lucrèce était la seconde fille de Cosme \ i âge de dixneuf ans. elle épousa le duc de l'en u arriva ,i la cour de Toscane un courrier qui annonç i que la jeune ail morte subitement On dit â la cour qu'elle avait été enlevée par une fièvre putride . on dil dans le peuple que son mari l'avait assa- ut de jalousie
lie était la troisième: c'était la favorite de L'anioi me pour sa fille dépassait nu me, comme
on va le voir, les bornes de l'amour paternel.
t'n jour que Vasari, caché par son échafaudage, peignait le plafond d'une des salles du Palais-Vieux, il vit entrer dans cette salle Isabelle. C'était vers midi, l'air était, ardent. ignorant que quelqu'un était dans la même chambre qu'elle, lie tira les rideai e ci ucha sur un divan et
s'endormit
Bientôt Cosme entra à son tour et aperçut sa Bile Cosme la no instant Isabelle endormie ave des yeux ardens de désir, puis il alla fermer toutes P>s portes en dedans; bientôt Isabelle jeta un cri, mais à ce cri. Vasari ne vit plus rien, car à son tour il fêrm et fit semblant
de dormir. En rouvrant les rideaux Cosme se rappela que cette chambre devait être celle où Pasari.
Il leva les yeux au plafond, et vit 1 A l'ins-
tant même l'idée lui vint qu'il avait eu un témoin de son crime, et cette idée, dans un co ae celui de
Cosme, fut suivie immédiatement du désir de s'en débarrasser.
Cosme monta doucement a l'échelle; arrivé à la plateforme, il trouva Vasari. qui, le nez tourné au mur. dormait mi coin de son échafaudage II s'approcha de lui, on poignard, le lui approcha lentement de la poitrine
pour s'assurer s'il dormait réellement, ou s ;i i ign;
dormir. Vasari ne fit pas un mouvement, s:i respiration resta calme et égale, et Cosme, convaincu que son peintre favori n'avait rien vu ni entendu, remit son poignard au fourreau et descendit de l'échafaudage.
Cela se passait vers l'année 1557
L'année d'ensuite, comme Isabelle avait seize ans, U fallu r i li marier. Parmi les prétemlans a sa main,
Cosme fit choix de Paul Giordano Orsini, die ,1e Bracciano; mais une des conditions du mariage fut. dit-on, qu'Isabelle continuerait à demeurer en Toscane au moins six mois de l'année.
Ce mariage, contre toute attente, fut visiblement froid et contraint; on disait, pour expliquer ictte étrange indifférence d'un jeune mari envers une femme jeune et belle, que les bruits de l'amour de Cosme pour sa tille e aient venus jusqu'à lui et causaient sa répugnance; mai quelle qu'en fût la cause, cette répugnance- exi il dano Orsini se tenait la plus grande partie de l'an Rome, laissant, quelles que fussent, se. sa femme
de son côté à la cour de Toscane On tel abai n
devait porter des fruits adultères. Jeune, belle, passionnée, au milieu d'une des cours les plus galantes du monde I
belle ne tarda point à faire oulier, sous des accus is
nouvelles, la vieille accusation qui l'avait tachée i danl Giordano Orsini se taisait, car Cosme vivait toujours, et tant que Cosme était vivant, il n'eût point osé se m u ger de sa fille. Mais Cosme mourut en 1574.
Giordano Orsini avait, laissé en quelque sorte sa femme
sous la end- d'un de ses procl p 'eus nommé Ti
smi. et depuis quelque temps, ce gardien de son honneur lui écrivait qu'Isabelle menait une conduite régulier* telle qu'il la pouvait désirer, de sorte qu'il avait presque renoncé â ses projets de vengeance. — loi que i
le particulière et sans témoins. Troilo Orsini tua d'un coup de poignard Lelio Torello. page du i , ois. ce qui le força de fuir. Alors on SUl
avait un- ToreUo - ils étaie
belle et Orsini voulait être seul.
Giordano Orsini apprit à la fois la double trahison de son
parenl et de sa femme. Il partit au orence et y
arriva comme Isabelle, qui craignait le sort de sa belle-
more de Tolède, assassinée il y avait cinq jours.
, u i quitter U Toscane et â s'enfuir près de
Catherine de Médicis, reine de ippi
u mari l'an au milieu de ses dls-
ii.l.iiii , la première vue, Isabelle se rassura G10I
dano Orsini Bar elle plutôt comme un i on
pal, le que comme un juge. Il lui dit qu'il avaii compris
que toutes les fautes étaient de son coté, et que, il.
di rtvri d sonnais d'une vie plus heureuse et plus régulière,
tl venait Lui P»'11 ■IV:I" eus'
comme de son côté il oublierait ceux qu'elle avait pu
avoir. L< marché, dans la situation 01 :>elle, était
trop avantageux pour qu'elle ne l'acceptât point ; cependant il n'y eu:, pour ce jour, aucun rapprochement entre les deux époux.
Le lendemain, 16 juillet 1576, Giordano Orsini invita sa femme a une grande chasse qu il devait faire à sa villa (le rreto. Isabelle accepta, et y arriva li ses femmes
A peine entrée, elle vit venu à elle son mari conduisant en laisse deux magnifiques lévriers qu il la pria d'accepter, -i dont il l'Invita à faire usage le lendemain; puis on se mit a table. Au soupe] fut plus gai que personne
ne l'avait jamais vu. anal'!. un sa femme de prévenances et de petits soins, comme aurait pu faire un amant pour sa maîtresse ; si bien que. quelque habituée qu'elle lut d'avoir autour d'elle des cœurs dissimulés, i fut presque
te après le souper son mari l eut ii. vive a passer more, et lui donnant l'exemple
l'y eut précédée, elle se sentit instinctivement fris el pâlir el se retournant vers la Frescobaldi, sa première dame d'honneur .Madame Lucrèce, lui dit-elle, irai-je ou
n'ira dan à la voix de son mari qui reve-
nait sur le seuil, lui demandant en riant si elle ne voulait
ri ; ii âge et le suivit. Entrée ds
bre, elle n'y trouva aucun changement, son mari avait ors le même visage, et le tète à mi me aug-
r s.i tendresse. Isabelle, trompi i abandonna, et relie fut dans une position à ne pouvoir plus se défendre. Orslnl tira de dessous 1 oreiller une corde toute préparée, la passa autour du cou d'Isabelle, et changeant tout à coup ses embrassera renne mortelle,
Il i étrangla es efforts pour se défendre, sans qu'elle eût eu même le temps de jeter un Ce fut ainsi que 'U I - alielle.
Keste Virginie; celle-là fui mariéi a césar d'Esté, duc de Modène Voilà tout C( qn on sait d'elle; sans doute elle eut un nieiii m son que ses trois sœurs. L'histoire n'oublie que les heureux
Voila le côté sombre de la vie de Cosme ; maintenant voici
le côté brillant.
Cosme était un imes les plus savans de l'époque.
oses, dit Baccio Baldlnl. il connaissait une
grande quantlti de plantes, savait les lieux où elles nais-
. où elles vivaient le plus longtemps, où elles avaient
ar la plus vue. où elles ouvraient les plus belles Heurs.
où elh "m les plus beaux fruits, et quelle était la
vertu de ces Heur.- ou de ces fruits pour guérir les maladies
ou les blessures des hommes el des animaux; puis, oe
m excellent chimiste, il c posait, avet les plantes,
des eaux, des essence: des huiles, des médicamen baumes, et donnait ses rem ux qui lut en fal
. i demande, qu Ils fui i - ou p. mu:. -, qu'ils fussent
.us trangers, qu Us habitassent Florence ou
i. me autre partie de 1 Eui Cosme limait et protégeai! les lettres. En 1541, U fonda lémie florentine qu il nommait -■ - chère
et très heureuse on devait > lire et commenter Plutarque
el liaiitiv Ses séances se tenaient d'abord au palais de Via i i pin- pour qn elle lut plu- libre el plus .1 I .1 I -e. il
lui donna la Me du sell au Palais \ leux Di pui •
la 1 nute de la républl ' ! le été H deven le
lli I J T lie.
L'université di | rotégée par Laurent de Médl-
c is, avait in nie autrefois d'un cerl lat; mal al -
du Magnifique, elle était fermée.
- la in rouvrir, et lui accorda de grands privilèges pour
a-snn r ion 1 labllssement
un ooll 11 voulul q [uarante Jeunes gens,
Très, lu propn
Cosmi fit 1 rdre et » rer aux savans tous les
manuscrl ous les livres ne la bibliothèque Lorenziana
que le pape i l< mi n vu avait i ommencé à