POGGIO A CAJANO
-io a Cajano est situe a dix milles a peu prés de Flosur le point culminant de la route qui conduit à tes, île sorte que ses trois façades offrent toutes trois une charmante vue. l'une sur Florence et les maisons de campagne qui 1 entourent, l'autre sur les montagnes et les mt elles sont semées, la troisième enfin sur Pralo-Pistoja-Sesto et tout le val d'Arno inférieur.
-;o a Cajano fut bâti par Laurent le Magnifique, dont, a propos de Careggi nous avons déjà raconté les goûts classiques et 1 étrange fin. Il en avait acheté le terrain de la maison Cancellieri de Pistoja, maison fameuse dans les troubles civils de l'Italie. Les ruines qu il d pour jeter les fondemens de la villa actuelle étaient, as- -on,. les restes d'un château bâti par la famille romaine 'le- Caïus. De la le nom de Rus Cajanum qu'il aval; d'abord, de villa Cajana qu'il reçut ensuite, et de Poggio a Cajano que lui donna définitivement son dernier : Hétaïre.
Laurent le Magnifique, séduit par la position délicieuse du terrain, voulut laue de Poggio a Cajano sa résidence chérie ; il appela près de lui ce qu'il y avait de mieux alors en architectes et en peintres, et leur demand un un
celui de Giuliano-Giamberti. appelé plus communément San-Gallo, prévalut: seulement Laurent voulu; qui! appropriât un escalier extérieur dont le dessin ava laii par Etienne d'Cgolino, peintre suédois, et grâce auquel on pouvait monter â cheval jusqu'au haut du i Ce ne fut pas tout Laurent désira que le plafond du salon, au lieu d'être plat, fut fait en cercle, ce nue rendaient très difficile sa largeur et sa longueur: mais comme San- Gallo bâtissait alors pour lui-même une maison a Florence
■ ya pour son propre . ..mpte une voûte pareille et
aient réussi, il entreprit aussitôt celle du salon de Poggio a Cajano, qu'il mena à bien comme on p»ut Plus tard, et après la mort de Laurent, Léon X fit exécuter dans ce salon les magnifiques fresques du Franciabidu Portormo. et d'André del Sarto, qu on va y admirer encore aujourd'hui, et qui n'ont d'autre tort que de représenter des allégorie* ou des sujets d'un intérêt fort mère.
■ ne Poggio a Cajano fut-il bâti que Laurent le Magnifique s v rendit avec toute sa cour de poè - - ,urs et de philosophes, et se livra plus que jamais à ses réunions académiques et a ses discussions platoniciennes Bientôt même un sujet se présenta a Laurent d'exercer toute sa verve poético-mythologique. Ln de ces filets d'eau qu on décore du nom dé fleuves en Italie, et qui. après avoir été
rravier humide l'été, deviennent des torrens rangeas limer, traversait les jardins de Poggio a Cajano * lieu de son cours s'élevait une charmante petite île fort embellie par les soins de Laurent, dans laquelle, aux mois bre, novembre et décembre, on se rendait en bateau et qu en juin, juillet et août on gagnait tranquillement à Pied sec. Enfin, quels qu'ils fussent, le fleuve et l'île avaient reçu chacun un nom des plus harmonieux : le fleuve s appelait Ombrone, l'île s'appelait Ambra !
Ben^nfV11' on,ne„r,5trouTa Pi"-' l'île. H avait beaucoup plu
pendant la nuit : l'Ombrone avait grossi, et, en grossissant
an emporté on ne sait où la pauvre Ambra. Sn ïa en".:
cha longtemps, on ne la retrouva jamais, et oneques depuis
- reparut.
comme on le voit, un charmant sujet de buco-
pe'r r in*1 trCad, e" LaUrenr ne le tate«+u P™t échelle fut transformée en nymphe bocagère. l'Ombrone rre lascif: trente vers fure ,,s a exposition
"te vers a la lutte de la Pudeur , ontre .a Luxur d« une invocation à Diane, vingt vers à la métamorde la Pauvre Ambra en rocher, q IU remor,N
■ <e rameur et l'Italie comme on dit en style de la s enorgueillit d'un poème de plus
' probable TT', H°US aTOns di: comment: selon Probabilité, du fait de son fils Pierre qui de se
Florence comme un drôle lMS.Ï£
\ ,1, a l1Uns Ia famille Médicis mais la famille
ut exilée, c'est-a-dire que Poggio T, , .. , , rt "a
,rU0e,lrC1Larles-Quint nat- e» 1536, de Xaples rence pour y assurer de son mieux le pouvoir du duc
Alexandre, qu'il venait de fiancer â sa fille naturelle d'Autriche, il resta un jour à Poggio a i i Pendant cette journée, ou s occupa a lui en fane voir toute-les beautés; rien ne lui fut épargné ni la voûte de -
a les fresques du Portormo et d'Andréa del Sarto. ni les jardins, ni l'Oi ni la place ité l Ambra.
Pui-. au moment de son départ, comme il avait paru regar-
- avec le plus grand intérêt, on lu manda quelle chose lavait le plus frappé merveilles.
— ijue les murailles de cette maisoi - ■ pour
un simple particulier, répondit 1 empereur.
. -- uvrï-
onr un autre homme, qui eût été un autre Ch Quint s'il y eut eu deux empires. Cet homme état monté sur le trône à la mort de son cousin faisait une halte de cinq jours avec sa jeune femme nore de Tolède, qu il venait d'épouser se passèrent en fêtes continuelles, dont la nouvelle m fut la reine: puis elle entra à Florence par la
la même par laquelle, vingt -trois ans plus tard cercueil devait rentrer entre le cercueil de ses deux fil- On se rappelle ce que nous avons raconté du cardinal J tué par son frère; de don Garcia. son père, et
d'Eléonore de Tolède, se laissant in : m entre les
cadavres de ses deux eu:
Puis m uru i sme 1», et Poggi - -moin.
sinon de nouvelles fêtes, du moins de nouveaux plaisirs. Le grand-duc François, d'amoureuse mémoire ; renaît souvent avec Bianca i e fui là que le :
grande-dui I rent au cardinal Ferdinand ce
fameux dîner de i mite d iqnel moururent
a époux Nous avons encore raconté cette scène ailleurs; or, comme on pourrait bien ni
i h- prendrons la liberté de renvoyer uos lecte où il- trouver.. in le fait narré les pi nls.
Quelque temps auparavant, Poggio a Cajanc avait g moin d'un événement non moins tragique Biam qui était coutumière du fait, ayant e..: le seul ni-
que François eut eu de sa femme Jeanne d Au l'entremise d'une juive qui était près de 1 enfant, le gi duc. après avoir fait avouer à la juive lr crime qu'elle avait commis, la poignarda de <a propre main.
Ces deux évenemens jetèrent.
bien, une certaine défaveur sur II vil]
gnifique. Au- . un demi-siècle se passe -ans qua le
nom de Poggio a Caja. nonce par l'histoire
qu'il y reparaît, les temps sont changé la comédie : nous y av. omplir un acte de S
peare îser une scène de Mol:
Je vous ai rai onté les aventures du malheureux Cosme III. et comment il fut tonrmenti
travagaute Marguerite d Orléans, qui ne - . mquiUi
que lorsque le prince Charles de Lon .- . hasard
a Fl' ~ an», de- qn il êtail parti, recommençait
fredaine- courait les terres labourées
et s'engageait ave. des Bobémi pue de rester près
de son époux au palais Pitti Enfin le -caudale devin- -i grand que Louis XIV et le grand-du. Ferdinand II mêlèrent, et qu'on envoya la prin -,, PXil
a Poggio a Cajano. espérant crue 1 1 ia
Malheureusement Marguerite d'Orléans possédait un de ractères d'autant pic qu'ils sont, j'aime ne. assez rares chez les feu
mais grâce auxquels celle- qui le possèdent pas vie non seulement à se tourmenter, ce qui e-t leur individuel, mais a tourmenter les autres .e qui dépass limites du droit commn
rien sur la jeune duchesse, on comprend -. la -■ échoua. Marguerite d'Orléans n'était - mé-
chante, volontaire i-use. elle -rue folle ;
et quand son mari et son beau-père vinrent la vis
-r par eux-mêmes de l'effet elle mer.
Pauvre i lui jeter au
sa main s'il avait le malheur de se présenter jamais levant elle. Cosme. qui n'était pas brave, se sauva i omme si le diable l'emportait, et revint au palais Pitti rand-
duc Ferdinand.
Trois ..u quatre mois se passèrent pendant . squels Marguerite resta ainsi à Poggio a Cajano. bouleversant tout, rayant les peintm misant les
jardins, faisant damn-i i)eau j0ur
el,le se reprit un cara
d'affabilité et de bonne humeur qui fai-ait plaisir a vo.r -manda au duc Ferdinand une entrevue que celui-, i lui accorda aussitôt et dans cette entrevue elle exprir. son beau-père un tel reg
de si belles pi venir, elle s'enrr
si formellement à faire oublie au pauvre Cosme cet .
que
iiii. Cosme, inii
seulement Ut ce que lui ! .- il courut ■ i i mu, et la 1 rence.
Le surlendemain, Je prime Cha l-itti.
Pendant i d'une
humeur charmante, jamais on u .on Ire iiue
démon qui, depuis tr
la famille ; tout le monde se
Florent
u'tit.
- était redevenue
un diable • Pitti un enfer.
il lors de la premli i e r du même remède i fut renvoi bords de l'Ombrone
de ses ri-.
: l'avalent déjà corrigée une pre-
Mallieureusement les .ngées : le pi
•tait retout résolt on 1
■ -.Ire.
ire une ni'
■ ne en lui donc un beau Jour a son i , n do la porter au pâ-
me:
i ce que j'ai pu jusqu'à présent 1 o
réussit plus eu de comp ■■•■ ers vous i
lepuis longtemps je m'effoi
mépris sans me
plaindre mais une pli patience levient
slbli el voilà pourqn ii solution qui
II,. ,1 l rOUS voulez bien
llnr .
depul ■ ie vous décla i je
je vous prie en conséquence de consentir à m n qui portera le calme dans vol i
dans l.i ml te. Te vous enverrai paon
ous, ei j'attendrai Ici 1 ird i .o supplié de me permet!
VOUS clelii:
1er, ibltei
le vous lnqi
,■ haut
I ■ qu il ne vous dO le me voir faire
Indignes de vous et de mol, attendu ciné j'aurai
urs devant les veux l'amour de Dieu el l'honneur du
i 'est le
:i loti lUf le l'e-l'
je
a une détermination plus ■ ire par ions les moj •
qu'il I le, la in reconduire à .Mae sellle lui assura une réi [uatre-vlngl mille
i rer dans ,
de Moulin.
oi cru que son engagement do qu'uni i a i . i « 1 1 1 I
i.i i lus ua qu'avait
ii n vite lassée qu'elle
tut di la aeurer
m. n- i.i princesse s'avisa d'un expédient toul - mple et un • : i ■■■ |. ini avoir trouvé plus :
u couvent.
a ii pauvre <■ ■ mi n la dépêche mu
Les amateurs de romans par leiti
us du style épis* o ilane de la aile <iê Gaston d'Orléans.
Décidément, je ne puis plus -upi
tout ce ijue vui
du roi Louis xiv ; vous me our, et en
non seulement vous empirez mes
I ridez ravi ni- de vos
nls. Vous me poussez a un tel état de désespoir qu il n'y a
■ vous voir rir, mais encore vous voir mourir pendu. Vous ui'avi duite à un tel état de rage continuelle que je n
nera la vôtn . attendu
que qui perd ne peut ni ne d r de sauver
eu de tout mon plus
■nier, aller mj ce qui fait qu
u le tourment de vo i >nde, j'aurai en-
core celui de von- - l'autre. Si, au lieu de vou
poser a toutes mes demandes, vous m'aviez laissée m>
tr, <iui aller tout on, ee nui m'eût été facile, car je commençais à s les obligations que nous avons en- Selgneur ' à telles que,
pendant le voy;. avec ma -
1 i ; ion de me faire relu,
r, quiconque vous interrogerez vous dira que pendanl le lemps que
i dans eetle ville, je passai mes matinées a soigner les malades, et le reste de mes -
i tout ee qu ell : sans
ijourd'hui loin est changé;
.. u\ i lus pi i a faire le bien, mais à me jeter dans
le ma I. due je
un inst.'ii"
lire fou, de rage, je ; - qu'une femme peut fain et que. ir. un mai - emrji In i Je les
m au [dus vous i ni de
.i sa m;
. n de
■ ne le rai attend
invite - le jure i que
main, vou
la lesieineni moi, i i our
e qui, au i
■ .. Iquefois une |
mi- de nnnie
m'empécher de marcher de tt . marcher droit . el vous i ceux qui viennent nom- donner un chai lieu de le donner menant v<
, r-i \ mienne. ' niant a mol. Je
.ml depui
Marguerite f"
' .-me III '.
sa femme qui le i
dans la tombe.
Nous i ' ' Dieu a
Médlcls pour leur faire slgi
i .lie, le lilll
Ite inalheu, Ferdlnan i til- de
i me .tu
i i ].i ni ' sse ne
r, r ,i elle ' ' '•
M.,,l,iM,.i-.lle. malin mu Nous 1 il
l'a i> p.,- reconnu, sous l'i>|iilliè|p de Milite ■!»•
LA VILLA PALMIERI
■ s el des m : I parmi i ( -
et ces m .1 it un soprano et une prima donna
qu'il aflecti' irticulièrement : le soprano se nommait
Francesco de i astres, et la prima donna, qui était une jeune et belle, virtuose vénitienne, s'appelait Vittoria Bom-
rs, au lieu d'être témoin des catastrophes qui termi-
ml le règne de i ra ■ ou des démêlés conjugaux
qui u celui de Cosme m. Poggio a Cajano rede-
comme au temps de Laurent le Magnifique et de
Cosme 1er, un lieu de plaisirs et de fêtes; c'étaient chaque
jour bals, chants, spectacles; malheureusement tous ces
plaisii - en plus le jeune duc Ferdinand
de sa femme. Aussi le grand-duc Ferdinand résolut-il de
tout ce qu'il pourrait pour y mettre une fin, excité
qu'il êtai jour par les jalouses récriminations de
nie de lia vi i Une idéi - ini alors au grand-duc; elle lui fut suggérée on ne sait par qui; c'était de mettre aux prises les deux fadétruire, si la chose était possible, l'un par l'autre.
La ■ ii pas difficile ; il y a une pomme de dis-
corde qui. jetée au milieu des artistes, ne manque jamais de produire son effet : c'est 1 amour-] . ssé. Le grand-
Que s'arrangea de manière que, pendant trois ou quatre concert: deux ou trois rep ms théâtrales, la Bombagia fût applaudie et le Francesco de Castres sifflé. ne cela devait naturellement arriver, le soprano acla prima donna d'intrigue; et un beau jour que ces deux importans personnages dînaient à la même table, S'étant pris de dispute à l'endroit de leur talent respectif, lionibagia ayant dit un mot piquant à de Castrés, celui-ci lui envoya au travers de la figure un pain de trois es qui se trouvait auprès de lui. A cette insulte, comme on le pense bien, la virtuose quitta la salle irai, le visage tout couvert de larmes et de sang, se jeter aux pieds de Ferdinand, qui. la voyant dans ce déplorable état, lui promit une prompte vengeance. En conséquence il la pria de se retirer dans sa chambre; et, fei-
gnanl de ■ irer, il Ht, nue heure après la scène que
nous avons ra oi tée venir près de lui le coupable, et, sans lui rien laisser soupçonner de sa colère contre lui. il lui remit une lettre et lui ordonna de porter immédiatement cette " premier chambellan Torregiani, lequel était à u palais l'itti. Le soprano, qui ignorait de quelle commission il était chargé, partit aussitôt sans avoir aucun Soupçon, . aussitôl ion arrivée à Florence S'empressa, pour étions du prince, de porter cette lettre ' iani la décacheta et vit, à son grand ment, qu'elle contenait l'ordre de lier les pieds et les - au seigneur Francesco de Castrés, de le jeter dans in i de le faire conduire immédiatement hors
des frontières de Toscane, avec défense, sous peine de la vie. d'y rentrer jamais. t.e chambellan no savait pas ce que que il»' discuter un ordre du prince : il fit entrer deux leur livra !.. chanteur, qui. convenablement ficelé des pieds a la tête, lui reconduit jusqu'aux limites des états n aux, avec permission daller en avant tant que bon lin semblerait, mais avec défense de jamais revenir en arii ire L'invitation était positive : aussi produisit-elle un tel effet sur le pauvre soprano, dont le courage n'était pus la qualité essentielle, qu'il courut tout, d'un trait, jusqu'.i h où. quelques jours après, il mourut des suites de sa
La se termine l'histoire politique, pittoresque et scandaleuse de Poggio a Cajano, qui. a l'extinction de la branche ries Médicis, passa, ninme les autres biens de la couronne, entre les mains de la maison de Lorraine.
Aujourd'hui il appartient à Son Alte-se le grand-duc Léo POld qui l habite un ou deux mois de l'année, et qui. tout le reste du temps, l'abandonne ai !i sa bonté ordinaire à la curiosité tics étrangers qui viennent y chercher la trace des différens événemens que nous avons racontés.