‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 87 sur 283 · UNE PÊCHE DE MIT · texte numérisé non relu

UNE PÊCHE DE MIT

us à midi à Villeneuve Villeneuve. qu.t> les Romains appelaient Penlluciu, est située a l'extrémité orientale du lac Léman. Le Rhône, qui 1 prend sa sout a une

demi-heure de chemin de ce petit bourg, marque les limites lud, qui. s avançant en pointe, s'étend enau delà, et sépare le canton de Vaud du qui ai tend les passagers du ipeur. lis conduit le même soir a Bex, où l'ou couche ordinairement L'heure d'avance que j'avais gagnée en venant i me permit de courir jusqu a 1 endroit

ou le Rhum en m bifurquant, gris et sablonneux.

ii pour y iai>ser son limon, et lessortir, pur et traversé dans toute sa longueur.

ns a Villeneuve, la voiture était on partir : chacun avait pris sa place, et l'on m'avait gratifié. ■lue Ion jugeait la plus maui

: me la meilleure- On mavait • .- du i oiiducteur, dài.^ le cabriolet de devait in lu vent du soir, mais aussi où

paj sage.

til un beau U, à travers cet horizon bleuâtre

•.liée qui s'ouvre sur le lac dans mn lj deux Lieues, et qui va toujours se rétrécissa nt, 'pian - Maurice, une porte la ferme.

le lîlione et la montas droite • . et de deml-lleue en deml-lleue.

Isans paraissaient •

.: - que la rapidité de

;ue la liai

la montagne. les ui

nent des ceps de ir une plaie-forme, entoun

- aux i aillés dans les précipice et ne du chemin qui y aire et dominant tout i OUI iga , .mime une brique qu1 Inq i en; quatre- --Us de no.- •. '■ - a l i Midi . lête toute Manche de ni

. 1 azur, la

i iei que ."- I

eux du

- qu

u aan, avoir été

toi le i olsson si dé-

EN SUISSE

ig

demande nie Bt assister à un p omplète-

ment inconnue, et que je n'ai vu faire que dans i> I

I i i nous exprimé ce désir gastronomioui

la maîtresse de la maison appela un grand jai huit ou vingt ans, gui paraissait - umulei ôtellerie

lifférentes fonctions de commissionnaii cl tidi de cutet de cireur de bottes tl arriva à mo I endormi, et des bâillements très expressifs, seule c d'opposition oue le pauvre diabli n àt taire à l'injonction de - : maîtresse l allei pèchei lelqu truites

pour le déjeuner de inonsieui cl elle i liquait du

rice c était le nom du pécheur, se ret 'ira d

avec un regard ux, si plein d'un indicible repro-

che, que je fus ému du combat qu'il était forcé de se livrer i- aller au désespoir.

— Cependant. . rte rêche doit donner trop de ■ a ce garçon la figure de .Maurice s épanouissait au

fur et à mesure qu. ma phrase prenait un sens favorable a désirs), si cette pêche, eontinuai-je...

La maîtresse m interrompit.

— Bah ! bah ! dit-elle, c'est 1 affaire d'une heure, la rivière

deux pas. Allons, paresseux, prends ta lanterne et ta serpe, ajouta-t-elle en s'adressant a Maurice, qui était retombé dans cette apathie résignée habituelle aux gens que

leur position a faits 1 r obéir et dépêche-toi.

Ta lanterne et ta rpe. pour aller a la pêche!. Ah! dés I ïs Maurice fut perdu, car il me prit une«envie irrésistible de voir une pêche qui se faisait comme un fagot.

Maurice poussa un soupir: car il pensa bien qu il n'avait plus d'espoir qu en Dieu, et Dieu l'avait vu si souvent en pareille situation sans song< r a l'en tirer, qu'il n'y avait guère de chance qu'il fit un miracle en sa faveur.

Il prit donc, avec une énergie qui tenait du désespoir, une serpe pendue au milieu des instruments de cuisine, et une lanterne, dune forme si singulière, qu'elle mérite une description détaillée.

ait un globe de corne, rond comme ces lampes que nous suspendons au plafond de nos boudoirs ou de nos chambivs a coucher, auquel on avait adapté un conduit de fer-blanc de trois pieds de long, de la '. urne et de la grosseur d un manche à balai. Comme ce globe était hermétiquement fermé, la mèche huilée, qui brûlait a l'intérieur de la lauterne, ue recevait d'air que par le haut du conduit, et ne risquait d'être éteinte ni par le vent ni par la pluie.

— Vous venez donc ? me dit Maurice, après avoir fait ses préparatifs, et voyant que je m'apprêtais ù le suivie.

— Certes, répondis-je; cette pêche nie paraît originale...

lui, oui. grommela-t-il entre ses dents; c'est fort ori-

de voir un pauvre diable barboter dans l'eau jusqu au

quand il devrait j la même heure dormir, enfoncé

dans son foin jusqu au cou. Voulez-vous une serpe et une

nie' Vous pécherez aussi, vous, et ce sera une fois

plus original.

lu n'es pas encore en route, musard ' qui partit de la

ibre voisine, me dispensa de répondre par un refus à

offre de Maurice, dans laquelle il y avait au moins

d'amertume ironique que de désir de me procurer

-se-temps agréable. Au même instant, on entendit se

■cher le pas de la maîtresse de l'auberge: elle ai com-

pagnait sa venue d'une espi , em n ourd, qui ne

présageait rien de bon pour le retardataire. Il le sentit si

bien, qu'à tout événement il ouvrit rapidement la porte.

et la referma sans m'attendre, tant il était pressa

tre deux pouces de bois (Je sapin entre =a paresse et

re de notre gracieuse hôtelière

— C'est moi, dis-je en ouvrant la porte ef en suivant des

yeux la lanterne qui s enfuyait a quarante pas de moi, c'est

moi. qui ai retenu ce pauvre garçon, en lui demandant des

détails sur la pêche ; ainsi ne 1» grondez pal

m'élançai à toutes jambes à la poursuit? de la lanqui allait disparaître tme mes yeux étaient ires sur une ligne horizontale,

• craignais di perdn le t ne i •( ■ [eus falot, à

ie fait dix pas, que mes pieds aocrochèrent les |i da d ni tre -■ lérif, re. i n liai, avec un

bruit horrible rouler au milieu du chemin, au boni duquel 1 le polaire. Cette ch«1 , dont ie retentissement arriva jusqu à Maurice, loin de l'arrêter, parut d

oiivelle Impulsion a la vél i car il

sentait que main .ait deux colèr> iter au

lieu d'une La malheureuse lanterne - mb dl i follet tant

elle s'éloignait rapidement, et tant elle sautait en s'éloi-

j avais pei ,,, j tomber qu'à

ver. et, à tàter si je n'avais rien de rompu. Maurice.

et ee temps, avait gagné du terrain, je commen

de le rattraper ; j'étais maussad de un tout endolori du contact forcé que mes genoux et la

' mette de ma i u. . tuche avaient eu avec le pavé; je

la nécessité î tll i plus doucement, si je ne voulais «n'exposer à un second accident, du même genre Tontes ces

'•<■'■>•■ sacredieul Maurice attend

" "'!''"' 'i" & il tir aval ao

" ■ accent demen

, ' ?»"««• Ma^ce, ca, '.,

i Immobil

et la lanterne passa de son étal l

i lui donna l'aspect d'une i

étendant les mains et les pieds avee prt

Me de corps; vous ,,', .„„,„. ■„■„".

-es de votre village. ,i:,b,JU:;r,^ j n> \,„- ]„,s e1 T0US M vo„ «.,„,.,„ „„ ..,,.„ 2,7-

•I je li faisais «ni* ;,,., j,Jlle

J »u«, regardez (et je lui faisais voir ,,

^.n-o regard, toutes mes plaies, écouta toutes mes doléances, et, quand j eus fini de secouer |„ poussière amassée sur mes haluls, d'extirper une douzaine de ,e , in , incrustes en mosaïque dans le creu* , ," fflaî£ "

- Voilà ce que c'est, me dit-il, que d'aller à la Se à neuf heures et demie du soir. P

Et il se remit flegmatiquement en chemin Il y avait du vrai au fond de cette fi , 1ussi

' .n.geai pas ., propos de rétorquer

me parut attaquable de trois côtés. Nou , '

pendant dix minutes à peu prés, de mardi, , «S

une seule parole, dans le cercle de lumière trem.,1, , projetait autour de nous la lanterne maudite. Au bout d» ce temps. Maurice s'arrêta — Nous sommes arrivés, dit-il.

En eiïet, j'entendais se briser dans une espèce de ravin, les eaux d'une petite rivière, qui descendait du , occidental du mont Cheville, et qui, trace,-:,,,! la giande toute, sous un petit pont que je commençais à distinguer, allait se jeter dans le Rhône, qui n'était lui-même qu'a deux cents pas de nous.

Pendant que. je faisais ces remarques. .Maurice faisait ses piéparalifs. Ils consistaient à quitter ses souliers , guêtres, a mettre bas son pantalon et a relever sa en en la roulant et en l'attachant avec des épingles auto sa veste ronde. Cet accoutrement mi-partie lui donnait 1 air d un poitrail en pied d'après Holbetn ou Ubert Durer Tan- Ols que je le considérais, il se retourna de mon cote

— Si vous voulez en faire autant? me dit-il.

— Vous allez donc descendre dans l'eau'.'

— lit comment voulez-vous avoir des truites pour votre, déjeuner, si je ne vais pas vous les cherchera

— Mais je ne veux pas pêcher, moi

— Mais vous venez pour me voir pécher ne-, ,

— Sans doute.

— Alors, défaites votre pantalon. A moins que voue i, ai miez mieux venir avec votre pantalon : vous , i,: , u ne faut pas disputer des goûts.

\iors n descendu dans le ravin pierreux et escarpé as fond duquel grondait le torrent, et où se devait accomplir la pêche miraculeuse.

Je le suivis en chancelant sur les caUIOl» oui roulaient sous mes pied- me retenant à lui, qui était debout et ferm» ouuae nu i. non terré. Nous avions à peu près trente pîedt ■' aes '"' dans ce ahernin rapide et mouvàjni aauri

eoinbe , , eu de peine a fane ce tr.i.u

— Tenez me dit-il. portez la lanterne.

Je la pris sans me le faire répéter \|,,,-.. ,|,, i 'I'" !•' lui laissais libre, il me saisit le bras SOU

o n. .. , ,l,,n: je noyais re C6JRS %I le lRi Il

Si m ,', ,, nard que j'ai retrouvée en pareille

, niants de dix ans, me Soutint cette de-, etile dangereuse, sou msliiiri Or . n

m ta rancune qu'il m'av , la s, hier, que. grâce a son aide. J'arrivai bord de i eau. j y trempai la main, elli

\ dus aiHtei des, endre i., i, da a lia u Ici i lui dis-je-

— Sans doute, répondit il en m ' ne des mains et en posant un pied dans

— Mais cette eau est glacée! reprls-je en le retenant par : lu ,i

— Elle sort de la neige a d Ici, me n | dit -il -ans comprendre le véritable son-

Mais je ne veux pas que von ,

M ' n rire !

TOUS pas dit que vous vouliez m oie. r des i, demain ù votre déjeuner?

— Ou ' , li dit, mais j, ,, iiva) i

fallait

il ru- r

pul

Du i bamois uni Faudrait manger du b i, la mattn

quand v.n

■ lit- m'a ■ n • udi

puis, a

te au

Se pas

ment, qui 8 ! 11-

vrai, il y on a ■lui

l venait d

..n leur do

nés de i tudi

i A la la

la tri i

-< adroitement que, étourdi par la 1 t imbail . eau, pour repa-

sser incontinent dans lu au ou de Maurice comme une carnassière. te Intelligt ure, dont

.: n \ avait que cinq minutes, était confondue; i

i, la veille ni étais trouvé dans

au fond d'une rivière pour

nourriture, ■; n'ayant pour les pécher qu'une lan-

tte intelligence supérieure ne m'aurait

i de mourir de faim.

-Mau: i. qu'il venait de

mlnsp ilt d'augmenter mon enthousiasm

■■-- int, comme les truites qui lui i I laissant tourner impunément autoui i fretin qui ne lui sembla!

au lileu.

je n y tin> plus, je mis bas pantalon, bottes et chausiiement de pécheur sur le • de celui de Maurice, et, - avait

a peu ..u-dessus de zéro, -ans faire att<

k qui me coupaient les pieds, J allai prendre de la mail i l.i serpe et la lanterne. Au moment

où nio- superbe truite venait se muer, je l'amenai à la itions que j'avais vu employer a mon r, et» quand je la jugeai a portée, je lui appllau milieu du dos. de peur de la manquer, un i "iip tendre nue bûche.

La pauvr remonta en deux morceaux

Maurice la prit mit. et la rejeta avec

a l'eau, en disant :

i c-t une truite déshonorée.

Je comptais bien manger celle-là et

non iu i mes deux frag-

eut chacun de leur côté, et je revins

grelottais de tous membres et

Maurice me surnt II avait son contingent de poisson { d heure lui avaient suffi pour pécher huit i

Nous s rhabillâmes, et nous îirlmes rapidement li

min de l'auberge.

irdleu : me : revenant, si une de mes

arisiennes fut passée, ce qui eût été

ni de laquelle je me lur::is. il y

a un Instant, à rcici t qu'ell m'eût

u, au milieu d'un torrent glacé, dans le singulier

ne serpe d'une main et une lanterne de l'autre, je suis 1 In que,

our. au bout du temj

s journaux de Paris

de lire dans !a première gazer t

entre 1-s mains, que l'au eur d lnfon|

: i :■ son voyage dan»

les Al] ' »«e

ns. qu'entretenait ma

- : m: "i qui

de la cuisine, et sur lequel, au .

.:■ de gi i té, et je me disais :

i irai dmit a la cheminé»

t et je me mettrai sur son

e, qui me donnait d

li dol - muni de la la ai - nient, n

liai quelle Je devais trouver le bienheureux escabeau qui.

:isslrs Je sonnai ,iu nie qui ■ 1 hôtesse vint

ouvi : ■ n. me Je ; assa I a oramc une

mme si I

,'re<se de l'hôtel qui (aire, l'emander

ce monsieur?

' n et J aval» à

rhaud, les symptômes pari le mal par

• rglque, J'en fus quitte pour un m manie.

i honneur de découvrir et de cons'ater

EN SUISSE

le premier un fan important pour la science, et dont l'Institut et la cuisinière bourgeoise me sauront gré, je l'espère.

C'est que, dans le Valais, les truites se pèchent avec une serpe et une lanterne.

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