‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 88 sur 283 · LES SALINES DE BEX · texte numérisé non relu

LES SALINES DE BEX

Le lendemain, après avoir mangé le train de devant de ma truite, je me mis en route pour les salines.

.Maurice, avec lequel j étais tout a fait raccommodé, m'indiqua un petit chemin qui part du jardin même de l'auberge, et qui conduit à rétablissement d'exploitation par une route plus courte et plus pittoresque. La première montée (qui sez fatigante, mais où chaque pas que l'on fait élargit le paysage) une fois gravie, on arrive à un sentier qui traverse un bois de beaux châtaigniers, que rien ne protège contre la gourmandise des voyageurs. A cette vue, je me rappelai aussitôt mon ancien métier de maraudeur, et, a l'aide d'une grosse pierre que je jetai de toute ma force contre le tronc de l'arbre qui se trouva le plus à ma portée, je fis tomber une véritable pluie de châtaignes. Comme elles étaient encore renfermées dans leurs coques, je procédai incontinent â l'extraction d'icelles par le procédé connu de tout collégien, procédé qui consiste à les faire rouler délicatement entre le gazon et la semelle de la botte, jusqu'à ce que la pression combinée avec la rotation amène un résultat satisfaisant. Au bout de dix minutes, j'avais mes poches pleines, et je m'étais remis en route, grignotant les castanat molles, comme aurait pu le faire un écureuil ou un berger de Virgile.

C'est une admirable recette contre la fatigue et l'ennui, et je l'indique ici comme telle à tout voyageur pédestre, que de faire, dans les chemins qui n'offrent point par eux-mêmes grande distraction, travailler leur âme ou leur bête. Quant à moi, c'est le procédé que j'employai, et que je me promets bien d'employer encore dans mes nouvelles courses. Pour occuper mon âme, j avais en réserve dans ma tête trois ou quatre odes de Victor Hugo ou de Lamartine, que je répétais tout haut, recommençant aussitôt que j'avais achevé, Unissant par ne plus comprendre le sens des paroles, délicieusement bercé dans l'ivresse du nombre et de l'harmonie. Pour donner de la besogne à ma bête, je bourrais toutes mes poches d autant de châtaignes ou de noix qu'elles eu pouvaient contenir ; puis, en les tirant une à une, je les épluchais du bout de mon canif, avec la patience méticuleuse d'un artiste qui sculpterait la tête de M. de Voltaire sur une canne de houx. Grâce à ces deux ressources, le temps et la distance cessaient de se diviser par heures et par lieues. Enfin si une mauvaise disposition d'esprit m'ôtàit la mémoire, si les arbres qui bordaient le chemin ne m'offraient pas de récolte, je poussais avec persévérance un petit caillou du bout du pied, et cela revenait absolument au même.

J'arrivai donc aux salines sans trop savoir le temps que j'avais mis à faire la route. Ce sont les mineurs eux-mêmes qui, à tour de rôle et dans leurs heures de repos, se chargent de conduire les voyageurs. Je m adressai â l'un d'eux ; il fit aussitôt ses dispositions pour notre petit voyage ; elles consistaient à nous mettre à chacun entre les mains une lampe allumée, et dans la poche un briçuet, des allumettes et de l'amadou. Ces précautions prises, nous nous avançâmes vers une entrée taillée dans la montagne, et dont l'orifice, surmonté d'une inscription indiquant le jour où le premier coup de pioche avait été donné dans le roc, présentait une ouverture de huit pieds de haut sur cinq de large.

Mon guide entra le premier dans le souterrain, et je le suivis : la galerie dans laquelle nous marchions s'enfonce hardiment et en droite ligne dans la montagne, taillée partout dans la même proportion de largeur et de longueur que nous avons dite; de place en place, des inscriptions indiquent les progrès annuels des ouvriers mineurs, qui. tantôt ont eu a percer le roc vil où s'émoussalent les outils les mieux trempés, et tantôt une terre friable qui, a chaque minute, menaçait les travailleurs d'un éboulement qu'ils ne prévenaient qu'à laide d'un revêtement de charpente soutenu par des étais. Cette avenue est bordée de chaque côté de deux ruisseaux roulant dans des ornières de bois.- celui que j'avais a ma droite contenait de l'ea et celui

que j'avais à ma gauche de l'eau Sulfureu dont la montagne fournit une certaine quantité, que l'on sépare avec

soin de l'autre. Quant au ten loi i

un prolongement de pla de dix-huit

pouces et mises bout â bout.

a peine a-t-on tau cenl pi cette galerie, qu'on

trouve a sa droite un petit escalier i nii de quelques

il conduit au premier réservoir, qui a neuf pieds de hauteur sur quatre-vingts pied- de I nférence ; le 11- [u'il renferme contient cinq ou six parties de matières salines sur cent parties d'eau.

■i inq pas plus loin, et toujours en suivant la mémo galerie, on arrive au deuxième réservoir ; on y monte, comme au premier, a laide de quelques marches de bois rendues glissantes par l'humidité; celui-là. comme l'autre, a neuf le profondeur, mais une circonférence double; l'eau qu'il renferme contient vingt-six parties de matures salines au lieu de cinq.

Un des échos les plus remarquables que j'aie entendus de ma vie. après i elul de la Simonetta près de Milan, qui répète cinquante-trois fois les paroles qu'on lui jette, est sans contredit celui du second réservoir. Au moment de descendre dans la seconde galerie, mon guide m'arrêta par le bras, et. sans me pn . Ir pi tissa un cri: je crus que la montagne s'abîmait sur Qt la caverne s'emplit aus-

sitôt de bruit et de rumeur ; une minute au moins s'écoula avant que le dernier frémissement de cet écho, réveillé si violemment, consentit â s'éteindre, ou l'enl dai gronder sourdement, se heurtant aux cavités du roc, comme un ours surpris qui s'enfonce dans les dernières profondeurs de sa tanière. Il y a quelque chose d'effrayant dans cette répercussion bruyante du bruit de la voix humaine, dans un lieu où elle n'était pas destinée à parvenir, et où celle de Dieu même ne devrait arriver qu'au jour du jugement dernier.

Nous nous remîmes en route ; bienlôt mon guide ouvrit une balustrade ronde située à notre droite, et, mettant le pied sur le premier degré d'une échelle qui s'enfonçait presque perpendiculairement dans un gouffre, il me demanda M je voulais le suivre. Je l'invitai à descendre le premier, afin que je pusse un peu me rendre compte des facilités du chemin ; il descendit, en conséquence, le long d'une première échelle dont le pied reposait sur une pointe de terrain, contre laquelle une seconde échelle qui conduisait plus bas venait s'appuyer. C'est de ce premier plateau qu'il m'apprit que le puits dans lequel il m'avait précédé contenait une source d'eau saline que les voyageurs avaient l'habitude de visiter. Je n éprouvais pas une curiosité bien vive pour le phénomène qu'on me promettait : je trouvais la route qui y conduisait assez mal éclairée et le chemin passablement ardu. Cependant une mauvaise honte me poussa : je posai à mon tour le pied sur le premier échelon ; le guide, qui vit mon premier mouvement, l'imita aussitôt ; nous nous mîmes i endre, lui la seconde, et moi la première échelle, lui avec l'insouciance d'un homme habitué au trajet, et moi comptant scrupuleusement un à un les degrés que je descendais.

Au bout de cinq minutes de cet exercice, et arrivé à mon deux cent soixante-quinzième degré, je m'arrêtai au beau mileu de mon échelle, et. jetant les yeux au-dessous de moi. je vis mon guide réglant toujours sa descente sur la mienne, et se maintenant à la distance où nous étions lors du départ. La lampe qu'il portait éclairait autour de lui la paroi humide et brillante du rocher; mais au-dessous de ses pieds tout rentrait' dans l'obscurité, et j'apercevais seulement la pointe d'une autre échelle qui m'indiquait, à n'en pouvoir douter, que nous n'étions pas au bout de notre i. En me voyant arrêté, le guide s'était arrêté aussi ; moi regardant en bas, lui regardant en haut.

— Eh bien? me dit-il.

— Dites donc, l'ami, repris-je, lui faisant une question en même temps qu'une réponse, est-ce que nous ne sommes pas bientôt au bout de la plaisante:

— Nous avons fait un peu plus du tiers du chemin.

— Ah ! Ainsi nous avons encore quatre cent cinquante Ions, à peu près, à descendre?

Le guide abaissa la tête pour compter plus à son aise , puis, après un instant, il la releva.

— Quatre cent cinquante-sept, dit-il. Il y a cinquante-deux échelles a la suite les unes des autre-. les ' une premières ont chacune quatorze pieds, et la dernière dlx-

'"-Ce qui me fait, dites-vous, une p! ' quatre

,,i. Miiquante-sept pieds au-dessous de moi?

— En droite ligne.

— De sorte que. si mon échelle cassait....

-Vous tomberiez de ce . tout que si vous

tombiez de la flèche du clocher de Strasbourg

il n'avait ms achevé ces mois, que, convaincu que Je

n'hais' p'. tî"p al met , '"V^m

. , ,,i, ,. e lâchai, pour me cram

'Sonner à l'écheUe pliante au milieu de laquelle j'étais ju-

cné comme un scafabée sur un brin d'herbe, ma lampe.

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la hauteur des rigoles qui conduisent hors ,1e la . ir arrivait jusqu'à nous par un

pratiqué dans le but de renouintérleur de la uiiue, et nui i;i aboutir verticaleii i met de la montagne. Mon guide m'assura qu'a : Immense télescope, on pouvait, quand le temps les étoiles en plein midi. Ce jour-là, lit ras un nuage au ciel; je regardai. 1 attention la plus scrupuleuse pendant i dix minutes, au bout desquelles je demeu- . . il y avait dans l'assertion de mon VaudolS national rail avait, du moins, produit un itait celui de me remplir la poitrine d un air un durable qu.- celui que je humais depuis une demiaussi, ma provision laite. Je me remis en route avec un nouveau courage, Bientôt mon guide, s'arrêta pour me I. en aller par le fondement d en ment d en h., s : je lui demandai quelle dif- : il me répondit que, nts marches à monter, et par ie l descendre. Je me décidai ! our les i; s marchés a monter -, je me assez d'une expérience comme , e lie-la pour un jour.

Arrives au haut de ; - aperçûmes la lumière

du juin- au bout de la galerie dans la. un lie nous nous trou-

i, cette vue me lut assez agréable lai: trois qu.n:- de lune dans la nu trouvais le

eux mais un peu trop a. cidei

lu me lie d.i; i i - rapide nous ra-

mena en "i"' demi-heure à la porte par laquelle nous

moment de régler mes comptes avec mon une lami j'éva-

66 deu) choses à six francs, et je icmer-

, Iments qu il -e i

onze heures du matin ■

bonne heure ei i • que je continuasse ma

où le comptais aller mie du pays, je ne m'arrêtai do : i rver mon •

l.i pren i incontre, en sortant .le Bex,

i i - < eiui du chef >ie la h

i; le mai:' i as six mille six

iii.r la religion du i Maurice fi de tout temps comme la i»>rte

.lu Valais; en elïel les deux chai va mi-

lieu desquelles s'étend la vallée -e rapprochent tel:

que t. ai- le- soirs, on peut fermer «'e défilé avec nu i

,,n i] avai des ' i ' locations ■» sa

elle, afin d'avoi on oê

\ norme Salai Uatu Ice se nom-

:.■ du nom d'un ufram rat*-

éboulement du

Plusieurs funéraires attestent l'antiquité de

snir m mps qu'elles ' la for. e

I,- Romains, qui craignaient, avant

tout, la violation des tombeaux, avaient toujours soin de

placer - qui leur étaient chères

Frmefirum, — et fi Ofifi selon l.i

ilrriiter noinhi e ■ -t i ado]

la trie iïtt SainU,

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h iinin.li nui, persequehantur iniipii

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EX SUISSE

à l'abri de la vengeance de leurs ennemis La famille des Sévères surtout, paraissait avoir adopté ce lieu pouï sa demeure mortelle : les trois in? uvantes font foi

•4e ce que nous avançons, puisque la première constate qu'Antoine Sévère avait fait transporter de Xarbonue a Tarnade le corps de son fils.

ANTON] II SEVEKI II XAREON.E DE-

FUXCTI yUI VIXIT AXN'OS XXV

MEXSES III. DIKBBS XXIV. AXTONIUS

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