LE BIFTECK D'OURS
J'arrivai à l'hôtel de la Poste â Martigny vers les quatre heures du soir.
— Pardieu ! dis-je au maître de la maison en posant mon bâton ferré dans l'angle de la cheminée et en ai
mon chapeau de paille au bout de mon bâton, il y rude trotte de Bex ici.
— Six petites lieues de pays, monsieur.
— Oui, qui en font douze de France, a peu près. E à Chamouny ?
— Neuf lieues.
— Merci. Un suide demain à six heures du matin.
— Monsii D i-jd?
— Toujours.
F.t je vis que, si mes jambes gagnaient quelqu. considération dans l'esprit de notre hôte, c'était ment aux dépens de ma position
— Monsieur e>t artiste? continua mon hôte.
— A peu pTès.
— Monsieur dîne-t-il ?
— Tous les jours, et religieusement.
En effet, comme les tables d'hôte
Suisse, et que chaque dîner coûte qn l'tix fait
d'avance, et sur lequel on ne peut rien rabattre. | longtemps, dans mes projets d'économie, per quelque chose sur cet article Enfin, après de 1 méditations, j'étais parvenu à trouver un terme moyen entre la rigidir.- » rvIpTUetœe * ! ' ' et le cri de ma
conscience: c'était de ne me lever de table qu'après avoir mangé pour une valeur comparai francs ; de
manière, mon dîner ne me coûta' ..uite sou-c Seu-
lement, en me voyant acharné ft l'œuvre et en m'entendant dire : Garçon, le second su rire I l'hôte marmottait entro ses dents :
— Voilà un Anglais qui parte fort joliment le françaTs ! Vous voyez que le inattre de l'aubeTge de Manigny n'était
ALEXANDRE DUMAS ILIJ
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