‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 94 sur 283 · M pi us distant e a laquelle il I . inguer dans nos pla · texte numérisé non relu

M pi us distant e a laquelle il I . inguer dans nos pla

premier g I arçolt,

le imités que l'on a devant

icler et l'aiguille du Tour. L'aiguille du Tour ou huit mille pieds au-dessus du niveau mer.

ii 1 d'Argentlères et

iiu m me noi - noire et s

r de douze mille quatre-vingt-dix pieds; puis l'al-

Verte, dont iverte de neige, semble

ni de la ballade qm 1 les dans l(

•,■ les nu I s,\ , ents,

. ■ . ippuyant au pied de l'ai-

Dm et aux flânes du Montanvert.

ondula-

1 n l'on se

deviennent de petites montagnes quand on les me-

de leur bl

EN SUISSE

Les cinq aiguili sont celles des Char-

muz, du Grepont, de la Bletière, du Midi et du nient Maudit. La plus petite a neuf mille pieds.

Puis rient la sommité la plus élevée du mont

Blanc, haute, -clou Andry de Gy, de quatorze mille huit cent quatn e pud , selon Traites, de quatorze

mille sept cent quatre-vingt-treize, et, selon Saussure, de quatorze mille six cent soixante-seize et de laquelle pendent, jusqu la vallée, les glaciers des Bosst us et de

En face de cette famille de géants aux têtes blanchies, on se ïait tout d'abord cette question :

— La cime de ces montagnes a-t-elle été de tout temps couverte de neige comme elle l'est en ce moment ?

Nous allons essayer d'y repondre.

Deux théories se disputent la formation de la terre : la théorie neptuuicnne. la théorie vulcanique.

Ton es les recherches géologiques tendent à prouver que les différentes couches terrestres résultent d'un état primitivement fluide. La terre, à ses plus grandes hauteurs comme dans ses fouilles les plus profondes, livre à l'im tigation du savant des matières cristallines; or, point de cristallisations salines sans liquidité. De leur côté, des im- 1 s et animales creusent les strata les plus réfractaires, et prouvent, à n'en point douter, que ces substances ont été, sinon fluides, du moins amollies au point de recevoir les empreintes qu'elles ont conservées. Enfin la disposition généralement reconnue, paTtout où quelque cataclysme n'a point amené le désordre, de matières terreuses différentes superposées les unes aux antres et étendues en couches parallèles, ne permet pas de doute à ce sujet. Maintenant, cette fluidité est-elle le résultat d'une chaleur intense ou d'un liquide primordial? Est-elle due au système vu! canique ou au système neptunien, au feu central ou a l'océan universel? Hutton est-il dans l'erreur, ou est-ce Werner qui se trompe?

Comme chacune de ces théories peut se défendre à l'aide des raisons dont se sont armés leurs auteurs et qu'il serait trop long de rapporter ici, les géologues modernes, embarrassés de choisir entre elles, se sont occupés seulement de recueillir les faits et de constater les résultats : or, les fait? recueillis, les résultats constatés prouvent que, soit primitivement, soit subséquemment, la terre fut entièrement couverte d'eau. Les montagnes calcaires du Derbyshire, et celles de Craven, dans le ïorkshire, contiennent, à la hauteur de deux mille pieds au-dessus du niveau de la mer, des débris fossiles de zoophytes et d'écaillés de poisson. La partie la plus élevée des Pyrénées est couverte de rochers calcaires, où l'on aperçoit des empreintes d'animaux marins. La pierre à chaux même qui n'a pu conserver ces v, dissoute dans un acide, exhale une odeur de cadavre, due certainement à la matière qu'elle contient. A sept mille pieds de hauteur, a trois lieues au-dessus des maisons de Stelchdberg, plus haut que la vallée de Rothun, envahie maintenant par les glaciers, l'on trouve, dans les débris d'une montagne écroulée, à l'endroit nommé Krisgematten, de belles pétrifications d'ammonites. Le mont Perdu, à la hauteur de plus dé dix mille cinq cents pieds au-dessus de la mer. offre de* débris de même nature; enfin M. de Humboldt en a découvert dans les Andes, à quatorze mille pieds de hauteur.

D'ailleurs, les traditions de la Bible sont d'accord avec les recherches de la science. Moïse parle d'un déluge, et Cuvier le constate ; le prophète et le savant se donnent le mot pour raconter aux hommes, à plus de trois mille ans d'intervalle, le même miracle géologique ; et l'Académie enregistre, comme une vérité incontestable, cette belle phrase de la Genèse, que Voltaire prenait pour le rêve de la poésie :

lus Dei ferabatur super aquas.

Or. partons de ce point

La terre entière fut couverte d'eau.

Cette eau supportait, comme les supporte aujourd'hui la terre, les seize lieues d'atmosphère qui nous enveloppent. Bientôt, soit qu'elle se volatilisât par l'effet du feu intérieur, cet atelier de Vulcain ; soit qu'elle s'évaporât par l'action du soleil, cet œil de Dieu, l'eau diluviale commença de diminuer.

Alors les parties les plus élevées de la terre pointèrent à sa surface. Le Chimbnraço. llmmaiis et le mont Blanc apparurent tenir à tour comme de faibles îles au milieu de l'océan universel. Leur contact avec l'air, la lumière et la chaleur les doua de fertilité ; et comme la couche d'air qui les enveloppait devait être à peu près semblable à" celle qui nous entoure, les plantes, les arbre», les animaux, les homme- y parurent. Les traditions antiques ne parlent que de hantes montagnes. C'est dans 1 Eden que Dieu créa Adam et Eve : c'est sur le Caucase que Prométhée forma le premier homme.

l'une on l'ai que

dites, et peut-être mi mi

allaleni toi rs se retira . - lus seulement la

'i. mtagnes qu 11 , ,

Bancs Au fur et re que la i e 6 Lit qui

avait produit la fertilité - i,, .,

qui S iv h i t , le sommel -. m dans

i puis subtile et plu

hommes, les força de redescendre v

La terre primitive que leurs ali it vue cou-

verte de fleur- et de pâturages devin he et

; les eaux du ciel, en venant rejoindre elles de la étiraient incessamment, en avec

elles le .1, le roc primitif apparu d i -ideur

nue et aride -, puis, un jour, les hommes

î.ient la couche de neige temporaire qui blan - e leurs i i eaux. Enfin, lo l'eau eu sec le fond de la vallée, que le

: ue d'atmo-i re raréfiée qui, pa

■levé au-dessus des autres principes aériformes, cette neige temporaire devint éternelle, et la glace, envahissant à son tour les contrées qu'abandonnait l'eau fugitive descendit conquérante de la montagne vers la vallée, qu'à m tour elle menaça d'engloutir.

Au reste, ici comme partout, la tradition populaire est d'accord, -on ignorance, ingénien-e, avec l'investiga-

tion de la science. Ecoutez un paysan de la Furca, et il vous racontera que cette monta.~ne est le passage habituel du Juif errant lorsqu'il se rend de l'Italie en France; seulement, la première fois qu'il la franchit, vous dira-t-il, il la trouva couverte de moissons, la seconde fois de sapins. et la troisième fois de neiges.

Lorsque j'eus contemplé à loisir cet immense tableau, nous redescendîmes vers Chamouny ; au milieu du chemin à peu près, je m'aperçus que j'avais per^îu ma montre. Je voulus retourner sur mes pas, mais mon guide déclara nue c'était son affaire, rien ne devant se perdre dans la vallée de Chamouny. Je m'établis sur un plateau, d'où la vue était presque aussi belle que celle de la croix de Flegère. et j'attendis patiemment son retour ; au bout d'une demiheure, je le vis sortir, joyeux et triomphant, d'un bois de sapins que nous venions.de traverser. Il avait retrouvé la montre et me la montrait en l'agitant au bout de sa chaîne il était certes plus content que moi. Je lui offris une récompense qu'il refusa. Cet incident nous fit perdre une quarantaine de minutes, et ce ne fut que vers les quatre h< que nous fûmes de retour au village. En approcha l'hôtel, j'aperçus, sur le banc placé devant la porte, un vieillard de soixante-dix ans, a peu près, qui se leva et vint à ma rencontre sur un signe que lui fit le garçon d'auberge qui causait avec lui. Je devinai que c'était mon convive, et j'allai au-devant de lui en lui tendant la main.

Je ne m'étais pas trompé : c'était Jacques Balmat, ce guide intrépide qui, au milieu de mille dangers, atteignant le premier la sommité la plus élevée du mont Blanc, ai ait frayé le chemin à de Saussure. Le courage avait précédé la science.

Je le remerciai de m'avoir fait l'honneur d'accepter mon invitation. Le brave homme crut que je me moquais de lui : il ne comprenait pas qu'il fût pour moi un être tout aussi extraordinaire que Colomb, qui trouva un monde ignoré, ou que Vasco, qui retrouva un monde perdu.

i invitai mon guide à dîner avec son doyen; il acceota avec autant de simplicité qu'il en avait mis à refuser mon argent ; nous prîmes place à table. J'avais commandé la carte au garçon: mes convives parurent contents.

Au dessert, je mis la conversation sur les exploits de Balmat. Le vieillard, que le vin de Montmeillan avait rendu gai et bavard, ne demandait pas mieux que de me les conter. Le surnom de Mont-Blanc, qu'il a conservé, prouve du reste qu'il est fier des souvenirs que j'invoquais.

II ne se fit donc pas prier lorsque je l'invitai à me raconter tous les détails de ca périlleuse entreprise il me tendit son verre, je le remplis, ainM que ci mon guide.

— Avec votre permission, mon maître, me dit-il levant.

— Certes, et à votre santé, Balmat : Nous trinquâmes.

— rardieu ! dit-il en ■ un bon ir

Puis il vida son verre ti ligna des

veux en se renversant sur le dos -ayant

de rappeler ses idées, que le 6 nlei verre qu'il venait d'avaler ne rendait probablem t1 pas plus luire':.

Mon guide, de son côté, «S POUT êCO

le plu - tenl qu'il a»ail dé

bâillement entendu plus d'une fO nient aussi

ne simples, ne consistant qu'en un li qu il fit décrire •• i i 'emps a sa eri & sa per-

de cette manière, 11 se trouva les pieds au feu. le

SDBE DUMAS ILL

je me

■ vais

mi

mac d'eu-

le Bu

temns

tu dire, va. je te

U tète, le jour :.;iis le Bréveiit, d où IS vols, et passais des .ium.

que Je dl

D avals pat

..hemin. Je m eu uue route royale, ei .

ait si

. mont Blaur.

de liège : •

Ù le seiuiei terre mouvait.

je me don- C est bien, ruide, que au bleu autre D plus diliicilc Je nimber . la sueur uses gou kit un

iuuuii uu

i sous

fjj.il. je u n'en Pair.

:.er. Je me ;ne j allais

luuu, mon .irai, si i u - pas cette

.mpte

VU : la bran-

. I |l lu. la

i e plus

ir net.

neui

puis

de six ou sept pieds : c'était tout ce qu'il me pour dormir, mais pour .. Joua

. peu moius dure que il sotl je cassai uion u de

. si ade goutte, et je m installai sur ; t - i la uuii . ça ne nu- prit pas grand temr.-. le lit n était pas long a laire.

ueul heures, je u- venir l'ombre qui montait

de la ..tue une fumée épaisse, ei . leu-

\ neul heures et demie, elle m'atteignit et

iï eucore a li moi

us du soleil couchant, qui avaient peine

a nuit ter la plus haute sommité du m< le les sui-

yeux tant iiu ils y restèrent. Enfin ils disparurent.

et le jour s'en alla Tourne comme je l'étais vers Chamouny.

a ma gauche 1 immense plaine de neige qui monte

au duuie du . et. à ma droite, a la portée de ma

. e de huit cents pieds de profondeur. Je

ne voulu:- pas m endormir, de peur de rouler dans la ruelle

en rêvant . je m assis sur mon sac, et je me mis a battre

mains pour entretenir la chaleur Bii la lune se k\a pale et dans uu cercle de nuages, qui la voilèrent tout a fait sur les onze heures. Eu même temps, je endre de l'aiguille du Goûter un coquin de I; id qui ne m'eut pas plus tut atteint, qu'il se mu a la ligure Alors je m'envelopavec mon mouchoir, et je lui dis « — C'est bon. va ton train.

- A chaque minute, j'entendais .a chute des avalanches. qui grondaient eu roulant comme le tonnerre Les «ia raquaient, et a chaque craquement je

Je n'avais ni lairu ni soif, ei j éprouvais mal de tête, qui me prenait au haut du crâne, et qui deseeudai: jusqu'aux sourcils. Pendant ce terni le brouillard n'ai pas Mon haleine s'était gelée

, . la neigi ■• mille mes liab;

étais tout nu. Je redoublai b< mouvements, et je me mis a chanter, pour chas ser un - qui un- venaient dans l esprit

perdait sur cette neige, au. un écho ne me n .lait i. ut était mort au milieu de celte nature gla

.\ uie faisait a in. i même une drôle d'impression ur.

\ deux heures, le . tel blanchit vers l'orient Av. premier- i. le courage ma revenir.

u se leva, luttant avec les nuages qui couvraient :. mot îii.uic ; J espérais toujours qu il Us chasserait; -u le- quaiie heures les nuages s'épaisslren

.nus que ce jour-ia il me serait U i-, pour ne pas tout perdre.

Je me nu- a e\; unions, et je passai tuu

Journée a visiter les glaciers et a reconnaître les me..

u. ei le brouillard à sa lu au Bec-. 1 oiseau, où la nuit me prit. . ar je n .lais plus •rni.r un p>"u. Je me réveillai ti U, je redescendis vers la vallée.

■ i il? pas plu : .i, nus habits •

■ h , - m , el

■ dl - HS avalent lelll le leur denian i ; ils me répondirent qu ils cberch u-de a de i nuaaux m i • me d ni i 1 Idée qu ils

■Ht le - pu faire, d'autant plus que M

au pi • mier qui

-,1.1e : Je le r

si mblanl de

r -t ]e i- .- ii innie Je i

EN SUISSE

couché la veille . ils dormaient comme des marmottes ; je les réveillai: en uii instant ils lurent sur pied, et sous nous minier tous les 'quatre en marche, ce jour-la, nous traversâmes le glacier de Taconnay, nous montâmes jus i\ Grands-Mulets, où, l'avant-veille, j avais passé une m fameuse nuit: puis, prenant à droite, nous arrivâmes wrs les trois heures au dôme du Goûter Déjà l'un de bous, Paccard, avait manque d'air ut, peu au-dessous des Grands-Mulets, et ri était reste couché sur l'habit de l'un de nos camarades.

<• Parvenu au sommet du Dôme, nous vîmes, sur l'aiguille du Goûter, bouger quelque chose de noir que nous in pouvions distinguer. Nous na savions pas si c était un chamois ou un homme. Nous criâmes, et l'on uous répondit ; puis, au bout d'un instant, comme nous taisions silence pour entendre un second cri, ces paroles nous arrivèrent : « — Ohé! les amies! attendez, nous voulons mumer avec vous

« Nous les attendîmes, eu effet, et, en les attendant, nous vîmes arriver Paccard. qui avait repris lorce. Au bout d'une demi-heure, ils nous rejoignirent : c'étaient Pierre Balmat et Marie Coulet, qui avaient tait le pari, avec les autres, d être parvenus avant eux au dôme du Goûter ; leur pari était perdu. Pendant ce temps, pour utiliser les moments, je m'étais aventuré à la découverte, et j'avais fait un quart de lieue à peu près à cheval sur l'arête eu question, qui joint le dôme du Goûter au sommet du mont Blanc: c'était un chemin de danseur de corde; mais c'est égal, je crois que j'aurais réussi à aller jusqu'au bout, si la . pointe Rouge ne fût venue me barrer le chemin. Comme il était impossible d'avancer plus loin, je revins vers l'endroit où j'avais quitte les camarades; mais il n'y avait plus que mon sac : désespérant de gravir le mont Blanc, ils étaient partis en disant:

« — Balmat est leste, il nous rattrapera. « Je me trouvai donc seul, et un instant je balançai entre l'envie de les rejoindre et le désir de tenter seul l'ascension. Leur abandon m'avait piqué; puis quelque chose me disait que, cette lois, je réussirais. Je me décidai cloue pour ce dernier parti ; je chargeai mon sac et me mis en route : il était quatre heures du soir.

« Je traversai le grand plateau et je parvins jusqu'au gla,

cier de la Brinva, d'où j'aperçus Cormayeur et la vallée

i!.t"-i' en Piémont. Le brouillard était sur le sommet

nont Blanc je ne tentai pas d'y monter, moins dans la

Mainte de me perdre, que dans la certitude que les autres,

ne pouvant m'y voir, ne voudraient pas croire que j'y étals

parvenu. Je profitai du peu de jour qui me restait pour

Chercher un abri mais, au bout d'une heure, comme je

- rien trouvé et que je me rappelais 1 autre nuit,

■ vous savez, je résolus de revenir chez moi. Je me mis donc

eu marche mais, arrivé au grand plateau, comme je ne

- pas encore me garantir la vue avec un voile vert,

llnsl que je l'ai fait depuis, la neige me fatigua tellement

les jeux, que je ne distinguais plus rien ; j'avais des éblouis-

sements qui me faisaient voir de grandes taches de sang. Je

m'assis pour me remettre; je fermai les yeux et je laissai

r ma tête entre mes mains. Au bout d'une deml-

ma vue s'était remise, mais la nuit était venue; il

n'y avait pas de temps à perdre. Je me levai, et allez l

n'avais pas fait deux cents pas, que je sentis, avec mon liMton, que la glace manquait sous mes pieds; j'étais au bord de la grande crevasse, tu sais Pierre Payot ic'était la nue de mon guide), la grande crevasse où ils sont morts 1 trois et d'où l'on a tiré Marie Coutet.

— Qu'est-ce que cette histoire? interrompisse.

— Je vous conterai ça demain, me dit Payot Allez, mou MQlen, allez, continua-t-il en s'adressant à Balmat, on vous écoute.

liai mat reprit

— Ah ! je lui dis : Je te connais. Au fait, nous l'avions

'■-ée le matin .sur un pont de glace recouvert de neige. Je Le cherchai; mais la nuit allait toujours s'épaisit, ma vue se fatiguait de plus en plus, et je ne pus le retrouver: le mal de tête dont j'ai déjà parlé m'avait repris ; je ne me sentais aucun désir de boire ni de manger ; de violents maux de cœur me labouraient l'estomac, ndant il fallait se décider a demeurer jusqu'au jour e Je posai mon sac sur la neige, je tirai mon mouchoir en rideau sur mon visage, et je me prépamon mieux a passer une nuit pareille à l'autre. Cependant, comme j'étais deux mille pieds plus haut à peu len plus vif; une petite neige fine et ■fjaué me glaçait; je sentais une pesanteur et une envie, de dormir Irrésistibles, d«s pensées tristes comme la mort me venaient dans I esprit, et je savais très bien que ces pensées tristes et cette «nvle de dormir étalent un mauvais ■ i ivals le malheur de fi rm r les yeux, je pourrais bien ne plus les rouvrir De fendroll où l'étais J'apercevais, a dix mille pieds au-dessous de mol les tude Chamouny, où mes camarade» Sta chair i

dément, bien tranquilles près de le lï : u. ou dans leur tu Je me disais :

« — Peut-être n'y en a-t-il pas un parmi eux qui p. D moi, ou. s'il y en a un qui , nat, ,1 ait, i

ses biaises ou en tirant sa couverture sur ses oreilles A 1 heure qu'il est, cet

probablement a battre la si

■ i e n'était pas ce qui me manquait, te courage, mais la ton i 1. Somme n est pas de 1er, et je sen ,;ue Je

|ms ,i m, ,u aise, enlin. Dans les courts de silence qu interrompaient, de minute eu minute, la chute des avalanches et le craquement des gla aboyer un chien à Cormayeur, quoiqu il s Près un,- lieue ci demie de ce village â l'endroit où j éta,1s ; cela me distrayait. C'était le seul bruit de la terre qui ni, vàt jusqu'à moi Vers minuit, le maudit chien se tut et je retombai dans ce diable de silence comme il en fait un dans les cimetières, car je ne compte pas le bruit des glaciers et des avalanches ; ce bruit-là, c'est la voix de la montagne qui se plaint, et, bien loin de rassurer l'homme, elle l'épouvante.

« Sur les deux heures, je vis r, ■paraître a l'horizon la même ligne blanche dont je vous ai déjà parlé. Le soleil la suivait comme la première lois : comme la première lois aussi, le mont Blanc avait mis sa perruque ; c'est ce qui lui arrive quand il est de mauvais- humeur, et, alors, il ne faut pas s'y frotter. Je connaissais son caractère; aussi je me tins pour averti et je redescendis dans la vallée, attristé, mais non découragé par ces deux tentatives inutiles ; car, maintenant, j'étais bien certain que la troisième fois je serais plus heureux. Au bout de cinq heures, j'étais de retour au village; U eu était huit. Tout allait bien chez moi. Ma femme m'offrit à manger ; j'avais plus sommeil que je n'avais faim; elle voulut aussi me faire coucher dans la chambre, mais je craignais d'y être tourmenté par les mouches; j'allai m'enfermer dans la grange, je m'étendis sur le foin et je dormis vingt-quatre heures sans me réveiller.

« Trois semaines se passèrent sans amener de changement favorable dans le temps et sans diminuer mon envie de faire une troisième tentative. Le docteur Paccard, parent du guide dont j'ai parlé, désirait m'accompagner dans celle-ci ; il fut convenu, en conséquence, qu'au premier beau jour nous partirions ensemble. Enfin, le 8 août È786 le temps me parut assez sûr pour risquer le voyage. J'allai trouver Paccard et je lui dis :

« — Voyons, docteur, êtes-vous bon ? N'avez-vous peur ni du froid, ni de la neige, ni des précipices? Parlez comme un homme.

« — Je n'ai peur de rien avec toi, Balmat, répondit Paccard.

« — Eh bien. iepris-,je. le moment est venu de grimper sur la taupinière.

« Le docteur me dit qu'il était tout prêt ; mais, au moment de fermer sa porte, je crois, que son grand courage lui manqua un peu. car la clef ne sortait pas de la serrure il tournait le double tour, le détournait, le retournait.

« — Tiens, Balmat, ajouta-t-il, si nous faisions bien, nous prendrions deux autres guides.

« — Non jcis. lui rëpoudis-je. je monterai seul avec vos ou vous y monterez avec d'autres; je veux être le premiei et pas le second:.

« Il réfléchit un instant, tira sa clef, la mit dans sa p

et me suivi! machinalement et la tête baissée. Au bout d'un Instant, il secoua les oreilles.

« — Eh bien, dit-il, je me fie à toi, Balmat. « — En route, et à la grâce de Dieu ! « Puis il se mit à chanter, mais pas très juste. Ça le tracassait, le docteur.

« Alors je lui pris le bras.

« — Ce n'est, pas tout, lui dis-je. II faut que pew

ne sache i e projet, jxcepté nos femmes.

« Une troisième personne fut cependant mise u. confidence; c'est la marchande chez laquelle

'Tacheter du sirop pour m I !<• vin ou l'eau-de-vie étant trop !,,,■•

Comme elle s'était doutée de que! i bous

lui dîmes tout, en l'Invitant à regarder ! neuf heures du matin, du côté du dûni l'heure à laquelle nous devions y 6tr geait nos calculs

« Toutes nos petites affaires arrangée faits

a nos femmes, nous partîmes v, ■ , , ,-,,,,

prenant. l'un du cote gau

l'Arve. afin que BU) pr iji | et

nous réunlaj * au village d Le ni nu ■, bous

allâmes mu. ipt au sommet ■!■■ la cote entre le fiai li Bossons et celui rie Taconnay. l'aval! BmporW sue Ci

verture le m'en is ] p doeteui

on emiu Bt, grâce à cette préeautio

pass i une a Bull ; quant A moi, je don il

d un ■ heure et

i ur et

en i il

.âmes docteur

[ans les . de glace

■ mb

bientôt der-

garda I I "Up :

que nous arrive™

et je le i \ous montâmes i depuis le plateau, le .le plus en plus vil , enfin

Ile le Petit-Mulet, un peau du docte;.

le me retournai et J'aperçus sou de Cormayeur. 11 le rega

(•h il faut en ; eur. que .

■>a dans il

•ut avait i

qu il r i< -us en

ir . le vent .

liftant sur nos ti

•innie la maison Le •

ire, devait i

j ma le

rlr le

avec leurs

1 ; était

nltlf.

Hidement i

en li

tlslque.

Mr>l« non I

arrlT ■ n'était ver

ne l'aigle et le chamois; j'y étais arrivé

.-ecours Que celui de ma force et de ma

lit ce qui m'entourait semblait m'appartenir ;

roi du mon ;a statue de cet iin-

Ali :

ors je me tournai vers Chamounj-, agitant mon cha-

au bout de mon bâton, et je vis, a laide de ma lu-

répondait à mes signes. .Mes sujets de la val-

çu Tout le village était sur la place.

« Ce premier moment d exaltation passé, je pensai a mon

pauvre docteur. Je redescendis vers lui aussi vite que je

l appelant par son nom et tout effrayé de ne pas

aie répondre ; au bout d'un quart d'heure, je.

us de loin, rond comme une boule, mais ne faisant

aucun mouvement, malgré les cris que je t qui

arrivaient certainement jusqu'à lui. Je le trouvai la tête

entre les genoux et tout racorni sur lui-même, comme un

lit le manchon. Je lui frappai sur 1 épaule, il

nacbinalement la tète. Je lui dis que j'étais parvenu

it Blanc; cela parut médiocrement l'Inté-

: i • .11 dit que pour me demander où il

dormir. Je lui dis qu'il était venu

pour moulu- au plus haut de la montagne, et qu'il y mon-

secoual, le pris sous les épaules et lui fis faire

quelqu mme abruti et il lui paraissait

aussi • . que de l'autre, de monter que

de redesi endre. Cependant, le mouvement que je le forçais

de prendre rétablit un peu la circulation du sang; alors il

me demanda si je n'aurais point, par hasard, dans ma

ix que je portât» à nus moins ;

u poil de lièvre, que je m'étais faits

excursion, s.uis séparation entre les doigts

où je me trouvais moi-même, je les

relu- I :.'. mon frire; je lui en donnai un.

\ lissées, nous étions sur le sommet du mont

Blanc, et, quoique le soleil jetât un vif éclat, le ciel nous sait bleu foncé, et nous y voyions briller quelques Lorsque ne,us reportions les yeux au-dessous de neiges, rocs, aiguilles, nés. L immense chaîne de montagne qui par- 1 i isqu'au Tyrol nous 61

ses quatre i s de lumiciv \

si la verdure nous paraissait occuper une place sur la terre, i N ui h Ltel n'étalent m

i -|ue imperceptibles. A notre gau

montagnes, toute moutonneuse, et, au les prairies, qui semblait un riche tapis droite, toul mont et la Loml

n face. l'Italie. Paccard ne voyait rien. je lui quant a moi, je ne souffrais plus, je

- plus fatigué; a peine si te difficulté

de respirer qui, une heure auparavant, avait failli me . mon entreprise. Nous restâmes ainsi minutes.

il ■ '-i soir . n us plus que deux

iemie de jour; il [allait partir. Je repris card p peau mon i aapeau,

pour ' nier ~i.*n.. à ceux de la valléi

- endre Aucun chemin tracé ne nous Lit si froid, que la neige n'était pas tee: nous retrou \ n- .m v avall faits la pointe de i l'un enfant

. . que Je guidais dans le-mauvais, je portais, La nuit com- - traversâmes la cre\ I Me nous prit t. .ut a fait ;

déclarant qu'il n'Irait pas plus l nstanl Je le forçai* de reprendre su

il n'entendait rien, mais par la force. A onze heures, nous sommes enlln d

ir la terre ferme ; Il • m une heure que nous avions perdu toute rêver

te s'arrêter mi préparai à l'envel louveau dans la cou-

nus qu il i.. s'aidait plus de i il en fis l'observation. Il me répondit que iien. vu qu'il né les tirai

comme mortes; mol-m mis i petit

; mien ; je lui dis que i mains de c (ail lui être

il 11 ne demandait hier et â di i

mol. Il me dit de me fr rtie malade avec

loin Je commençai

lui et Je la terminal par moi Bientôt

revint, et av la chaleur, mais avec des

nous avait piqué chaque

il mon poupard dai

ture, Je P i l'abri d'un rocher, nous man-

.m morceau, bûmes ud coup, nous nous serrâmes

EN SUISSE

l'un contre l'autre le plus que nous pûmes, et nous nous endormîmes.

,. Le lendemain, à six heures, je fus réveillé par Paccard.

« — C'est drôle, Balmat, me dit-il. J'entends chanter les oiseaux et je ne vois pas le jour ; probablement que je ne reux pas ouvrir les yeux.

Notez qu'il le* avait écarquillés comme ceux du grandduc. Je lui répondis qu'il se trompait sans doute, et qu'il devait très bien y voir. Alors il me demanda un peu de neige, la fit fondre dans le creux de sa main avec de l'eaude-vie, et S'en frotta les paupières. Cette opération finie. il n'en voyait pas davantage, seulement les yeux lui cuisaient beaucoup plus.

., — Allons, dit-il, il parait que je suis aveugle, Balmat !.. Comment vais-je faire pour descendre? continua-t-il.

« — Prenez la bretelle de mon sac, et marchez derrière moi, voilà un moyen.

« C'est ainsi que nous descendîmes et arrivâmes au village de la Côte.

■ La. comme je craignais que ma femme ne fût inquiète, je quittai le docteur, qui regagnait sa maison en tâtonnant avec son bâton, et je revins chez moi ; c'est alors seulement que je me vis.

« Je n'étais pas reconnaissante ; j'avais les yeux rouges, la figure noire et les lèvres bleues; chaque fois que je riai- ou bâillais, le sang .me jaillissait des lèvres et des joues. Enfin je n'y voyais plus qu'à l'ombre.

« Quatre jours après, je partis pour Genève, afin de prévenir M. de Saussure que j'avais réussi à escalader le mont Blanc; il lavait déjà appris par des Anglais. 11 vint aussitôt a Chamouny, et essaya avec moi la même ascension : mais le temps ne nous permit pas d'aller plus haut que la montagne de la Côte, et ce ne fut que l'année suivante qu'il put accomplir son grand projet.

— Et le docteur Paccard, dis-je, est-il resté aveugle?

— Ah ! oui. aveugle ! il est mort il y a onze mois, à l'âge de soixante-dix-neuf ans, et il lisait encore sans ses lunettes. Seulement il avait les yeux diablement rouges.

— Des suites de son ascension?

— Oh ! que non !

— Et de quoi alors ?

— Le bonhomme levait un peu le coude...

En disant ces mots, Balmat vida sa- troisième bouteille.

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