MARIE COUTET
— En 1820, le colonel anglais Anderson et le docteur Hamel (ce dernier envoyé par l'empereur de Russie pour faire des expériences météorologiques sur les montagnes les plus élevées du globe) arrivèrent à Chamouny : à peine arrivés, ils manifestèrent leur intention de gravir le mont Blanc et ordonnèrent tous les préparatifs nécessaires a cette expédition. Déjà neuf ascensions pareilles a celle qu'ils allaient faire avaient eu lieu sans accident Me
•< Au jour fixé, les dix guides se trouvèrent prêts : c'était mon tour d'être guide-chef. Je pris donc le commandement de la petite caravane: ceux qui marchaient sous mes ordres étaient : Julien Devoissou, David Folliguet, les deux frères Pierre et .Mathieu Balmat, Pierre Carriez, Auguste Terre, David Coutet, Joseph Folliguet, ij.ques Coutet et Pierre Favret : treize en tout, y compris les deux voyageurs.
« Nous partîmes a huit heures «in matin avec apparence de beau temps : arrivés aux Grands-Mulets a trois heures de midi, nous nous y arrêtâmes car nous savions qu'il ne nous restait pas assez de jour pour arriver au sommet du mont Blanc, et que. plus haut, nous ne trouverions aucun endroit favorable à une halte de nuit. Nous nous assîmes, en conséquence, sur une espèce de plateau, ou nous retrou-
' Qcore les débris de la cabane qu'y avait fait, bâtir
M. de Saussure, et nous procédâmes au dîner, en invitant les voyageurs à faire en un seul repas leurs provisions de vivres pour vingt-quatre heures, attendu qu'au fur et à mesure qu'ils monteraient ils perdraient non seulement tout appétit, mais encore tonte possibilité de manger. Après le dîner, on parla des ascensi pn dentés, des difficultés heureusement surmontées. Ces antécédents nous doi de l'espoir et de la gaieté; le temps s'écoula vite, au milieu des récits cle ceux de nous qui avaienj ' ià
i ,e soir vint -ans qu'il y eut eu un doute, de crainte ou d'ennui ; alors on .outre les autres, oa étendit des coût de la
I i leux qui 8 août 1786,