A MADAME G
Après l’avoir vue jouer la Mère confidente.
Que j’aime à t’écouter, quand d’un accent si tendre Tu dis que la vertu fait seule le bonheur!
Ton secret pour te faire entendre,
C’est de laisser parler ton cœur.
Mais, en blâmant l’amour, ta voix trop séduisante Vers l’amour, malgré moi, m’entraîne à chaque instant; ht depuis que j ai vu la Mère confidente J ai grand besoin d’un confident.
Cette madame G... n’est autre que Rose Gontier qui n avait pas sa pareille pour faire passer le spectateur du sourire aux larmes. Elle était de huit ans plus âgée que le chevalier. 11 1 aima, mais elle l’aima bien davantage. 11 ne nous reste de ces amours qu’un seul et tardif témoignage. Longtemps, longtemps après la mort de Florian Rose Gontier, devenue la bonne mère Gontier, amusait ses nouvelles camarades comme une figure d’un autre âge. Fort devote, elle n’entrait jamais en scène sans faire deux ou trois fois dans la coulisse le signe de la croix. Toutes es jeunes actrices se donnaient le plaisir de lutiner celle qui jouait si au naturel Ma tante Aurore-, elles l’entouraient au foyer et lui refaisaient bien souvent la même question
— Mais est-ce bien possible, grand’maman Gontier, estil bien vrai que monsieur de Florian vous battait?
p, pour toute réponse et explication, toute retenue qu elle était, la bonne maman Gontier leur disait dans sa langue du xviii® siècle :
G est, voyez-vous, mes enfants, que celui-là ne payait pas b