‹ Œuvres complètes [illustrées] (volume 2)Chapitre 36 sur 84 · GEORGE S AND ET L’IDÉALISME DANS L’ART · texte numérisé non relu

GEORGE S AND ET L’IDÉALISME DANS L’ART

mais, nous sentons que M. Garo nous manque et qu’il nous manquera longtemps. Nous allons disant : « Qui maintenant exposera, comme lui, avec une clarté lumineuse, les nouveaux systèmes et les jeunes doctrines? Qui enseignera les profanes? Qui sera le doux apôtre des gentils? Sur quelles lèvres irons-nous recueillir les nobles élégances de la philosophie? Rien n’est plus doux ni plus rare qu un docteur aimable. G est une chose divine que d’enseigner avec grâce, et cette chose s’en est allée avec lui. »

Ainsi disions-nous, quand un petit volume posthume est venu raviver nos regrets. Quelques jours avant sa mort, M. Garo mettait la dernière main à une étude sur George Sand, pour la Collection des Grands Ecrivains français. Gette collection se compose, comme on sait, d’études sur la vie, les œuvres et l’influence des principaux auteurs de notre littérature. Ghaque volume comprend une monographie. L’étude sur George Sand, par M. E. Garo, vient de paraître. Ge volume est le troisième en date de la collection. Un Victor Cousin., par M. Jules Simon; une Madame de Sévigné, par M . Gaston Boissier, et un Montesquieu., par M. Albert Sorel, l’avaient précédé.

Turgot, par M. Léon Say, et Voltaire, par M. Perd. Brunetière, sont sous presse. On annonce ensuite : Villon, par M. Gaston Paris; d' Aubigné, par M. Guillaume Guizot; Rousseau, par M. Gherbuliez; Joseph de Maistre, par le vicomte Eugène Melchior de Vogüé; Lamartine, par M. de Pomairols; Balzac, par M. Paul Bourget; Musset, par M. Jules Lemaître; Sainte-Beuve, par M. H. Taine; Guizot, par M. G. Monod; Boileau, par M. Brunetière, qui se trouve ainsi chargé de deux études. Ge que j’en dis là n’est pas pour m’en plaindre; bien au contraire. On voit, par les noms que je viens de citer, que les directeurs de cette

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LA VIE LITTÉRAIRE

entreprise littéraire ont souci de choisir des critiques préparés à leur tâche par leurs g-oûts, leurs travaux ou la nature de leur esprit.

S’ils ont demandé à M. Garo une étude sur George Sand, ce n est pas sans raison. Le philosophe spiritualiste était attaché à la mémoire de madame Sand, comme à la muse de sa jeunesse. Le seul nom de l’auteur à'Indiana résumait pour lui des journées de rêveries délicieuses et de discussions ardentes. « Ce nom, nous dit-il, représente tant de passions généreuses, tant d’aspirations confuses, de témérités de pensée, de découragements profonds, d’espérances surhumaines mêlées à l’élégante torture du doute!... » En ranimant ses souvenirs, il se remet sous le charme, et son livre est un hommage au beau génie de madame Sand 11 est vrai que l’auteur de Vidée de Dieu n’avait pas sur la famille et la société les idées de l’auteur de LéUa-, mais les idees sont peu de chose chez madame Sand; le sentiment au contraire, est tout et l’on peut l’admirer, sans pense; conime elle, a la condition de sentir comme elle.

L’âme de cette femme admirable se répand aisément dans

ses livres

... Gomme ces eaux si pures et si belles Qui coulent sans effort des sources naturelles.

Ne lui demandez pas ce qu’elle pense : la pensée suppose la reflexion, et elle ne réfléchit pas. Elle laisse ses amis penser pour elle ; elle reçoit leurs idées toutes faites et elle

comprendre. la seul

passZ*" '' «entrent de la nature et les imfges de la

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