M . 0 C TA VE FEUILLET
que j’écris ici clans la sincérité de mon cœur. On ne doit rouvrir les plaies que pour les panser, et mes paroles émues n’ont point, liélas! la vertu d’un baume ou d’un électuaire.
C’étaient là les pensées qu’au sortir de Saint-Étiennedu-Mont, sur la place du Panthéon, battue du vent et de la pluie, je roulais dans ma tête, et, me rappelant la belle inscription latine que je venais de lire, j’appliquais à l’auteur de Julia de Trécœur ce que Boileau disait de la mémoire de son illustre ami. Si digne d’éloges, si heureuse, si fructueuse que soit une vie humaine, elle est soumise à de telles épreuves et frappée de coups si cruels qu’il faut plaindre ce qu’on a le plus envie d’admirer : Memoriam precibus potins quam elogiis prosequere.
Jeanne d’Arc et la Poésie^