SCENE II
MADAME BERGERET, ROUX
Ils sont dans la même position.
MADAME BERGERET, d’une voix atterrée.
Je suis perdue.
Pourquoi?
ROUX
MADAME BERGERET
Comment? Mais il nous a surpris.
ROUX
Non ! (il se lève.) Il ne nous a pas vus.
MADAME BERGERET
Il nous a vus comme je vous vois. (Elle se lève.)
LE MANNEQUIN D’OSIER
Je ne crois
pas.
Vous êtes fou!
ROUX
MADAME BERGERET
ROUX
Mais non. Il a très bien pu ne pas nous voir.
MADAME BERGERET
Gomment! Il est entré par là et il est allé jusqu’à la table.
(Elle désigne la porte du couloir.)
Eh bien ! ça ne prouve pas.
MADAME BERGERET
G est impossible qu’il ne nous ait pas vus.
ROUX
Attendez, mettez-vous là-bas.
Elle va à la chaise-longue. Roux fait l’entrée de M. Bergeret.
MADAME BERGERET
Eh bien?
ROUX, à la place de M. Bergeret, mais de mauvaise foi.
Eh bien ! non!
Oh!
MADAME BERGERET
ROUX, concédant.
On peut ne pas voir, voilà ce que je dis.
MADAME BERGERET, à Roux, l’envoyantà la chaise-longue. Allez là-bas ! (il y va. Elle fait l’entrée de Bergeret.) Oll !
LE MANNEQUIN D’OSIER
Quoi?
MADAME BERGERET
Quoi? quoi? c’est sûr! (Désarroi, stupeur.) Allez-vous-en !
ROUX
Je m’en vais. Oh! c’est terrible... Vous laisser ainsi!
MADAME BERGERET
Laissez, allez-vous-en, partez vite. Je n’ai pas peur, je n’ai peur de rien. Allez! Allez!
ROUX
Ma pauvre amie! Tout cela est de ma faute.
MADAME BERGERET
Allez, mon ami.
ROUX
Ecrivez-moi, poste restante, à mon nom.
MADAME BERGERET
Oui, oui.
Il sort. Elle va ensuite écouter à la porte de M. Bergeret.
RIDEAU