Raphaël, p
L'ELVIRE DE LAMARTINE
M. Félix Reyssié nous apprend, dans son livre sur la jeunesse de Lamartine, que le vieux savant y ressemble assez à l’image que M. de Lamartine a vagement tracée dans Raphaël : « La physionomie, dit M. Reyssié, est fine, intelligente : les yeux sont bleus, riants, expressifs; le front est haut; les cheveux blancs, rares sur le sommet de la tête, s’envolent en ailes de pigeon sur les tempes. Les lèvres sont minces, bien découpées, spirituelles, prêtes à décocher le trait. Vêtu d’un habit de soie de couleur grisâtre, il tient à la main droite un jonc à boule d’ivoire^. » Gela donne une idée très agréable de M. Charles. 11 faut croire que c’était un vieillard d’une physionomie avenante et belle. Son buste, mis après sa mort dans la mairie de Beaugency, sa ville natale, « est, m’écrit M. Jules Lemaître, le buste d’un très joli homme, cheveux bouclés, front noble, nez droit un peu long, visage aminci par le bas, une expression de finesse et de douceur ». Le buste qu’on voit à la bibliothèque de l’Institut et quelques bons portraits de peu de temps postérieurs à l’ascension qui le rendit célèbre, donnent plutôt l’idée d’une belle figure et d’un esprit satisfait, assuré, content de soi et des autres.
Une lithographie de J. Boilly, datée de 1820, nous donne à souhait le bonhomme Charles, tel qu’on se le figure écrivant à M. Morel de Vindé ce que disait la vieille à Candide et à Mademoiselle Gunégonde. On conçoit que chacun répétait en le voyant : « Vous avez bon visage. » La face s est épaissie, les joues sont tombées, le menton est lourd. Le nez, très large à la racine, est gros et busqué. La bouche