‹ Œuvres complètes [illustrées] (volume 4)Chapitre 108 sur 159 · Raphaël, p · texte numérisé non relu

Raphaël, p

L’ELVIRE DE LAMARTINE

En juin 1817, Madame Charles écrivait au baron Mounier :

Je ne puis assez vous dire le plaisir que vous me faites en me procurant le moyen d’être utile à cet estimable M. Trouvé. Si vous le connaissiez, vous sauriez quels torts on a envers lui. J’insiste pour que vous ne présentiez pas son nom à M. de C... Je suis sûre qu’il me saurait très mauvais gré de lui faire ce qu’il appellerait une bassesse. Il ne faut pas gâter une vie pure pour un misérable intérêt. Mieux vaut cent fois une souscription de moins.

Je vous envoie le Moniteur de Gand. Je vous le réserve depuis que je sais que vous ne l’avez pas. Mais j’en ai inutilement fait chercher un numéro qui me manque et que j’attendais pour les faire relier et vous les présenter ayant au moins une enveloppe.

J’espère qu’il vous sera plus facile qu’à moi de le compléter et tel qu’il est il trouvera toujours sa place dans quelque coin autour de vous. Pour moi, j’aime à vous l’offrir et j’aime à mettre sous vos yeux quelque chose qui vous parle de mon amitié. Vous n’aurez jamais de souvenir d’un sentiment plus vrai et plus solide.

A minuit, jeudi.

Elle avait la maladie des recommandations. Ce baron Trouvé n’était pas du tout intéressant. C’était un personnage agité, turbulent et d’une inconstance extraordinaire, même pour l’époque. Que nous dit-elle, qu’on a eu des torts envers M. Trouvé? Ancien rédacteur en chef du Moniteur universel. Trouvé fut, pendant quelques jours, secrétaire général du Directoire, puis diplomate, puis membre du Tribunat. La Restauration, qui le trouva préfet de l’Aude, le maintint dans ce poste. Mais il y déploya un royalisme tellement furieux et persécuteur, que M. Laine dut se séparer d’un serviteur compromettant. 11 le destitua le 26 septembre 1816. Voilà le tort qu’on fît à M. Trouve.

Madame Charles, dont la santé donnait alors les plus

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