‹ Œuvres complètes [illustrées] (volume 4)Chapitre 112 sur 159 · Probablemeul madame Suard · texte numérisé non relu

Probablemeul madame Suard

L’ELVIRE DE LAMARTINE

lion. J’étais allée pour mes péchés chez madame S., où je me suis ennuyée mortellement. Je suis bien décidée à n’y plus retourner.

Je ne saurais trop vous remercier de l’accueil aimable que M. de Barante a fait à M. de L(andrieve). Dès qu’il lui a prononcé votre nom, il l’a comblé. 11 lui a dit qu’il n’avait rien à refuser à une personne à laquelle vous vous intéressiez; que vous étiez son ami le plus cher; qu’il ferait tout ce qu’il pourrait pour vous être agréable, etc. — M. de Landrieve est sorti de chez lui pénétré, et il n’oubliera jamais non plus que moi la bienveillance qu’il faut que vous lui ayez accordée pour lui valoir une réception aussi parfaitement obligeante.

Ces Messieurs sont convenus que M. de L(andrieve) adresserait un nouveau mémoire à M. de Barante, plus explicatif que le premier. J’ai l’honneur de vous l’envoyer pour que vous veuillez bien l’appuyer par un mot. M. de L(andrieve) est convaincu que la grande affaire de la Direction tient au billet que vous ne refuserez pas d’écrire. Je vous le demande avec la confiance que je dois à votre intérêt.

M. de Landrieve me prie de vous dire qu’il serait heureux de vous voir; mais qu’il sait tous vos momens si occupés que la discrétion le retient. Je vous le mènerai cependant un jour pour avoir le plaisir de vous dire avec lui combien je suis reconnaissante et touchée.

Recevez, je vous prie, monsieur, et veuillez offrir à madame Meunier l’expression de mon attachement.

Jeudi 16 novembre.

J’ai déjà refusé, monsieur, d’aller avec madame de Tilly voir ce joli ballet. Je l’ai fait sans effort; le spectacle m’inspire toujours le même éloignement. Mais qu’il est loin d’en être de même de la perspective de passer quatre heures avec vous et votre aimable femme! C’est une jouissance que je sens vivement, quelque part que je la goûte, et je m’étonne moi-même d’avoir le courage de m’en imposer la privation. Il le faut cependant. Il faut tenir à quelque chose dans le monde et ne pas plus oublier, je crois, les promesses qu’on se fait à soi-même que celles que l’on fait aux

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autres. — Remerciez mille fois madame Mounier de sa bonté. J’irai la voir demain matin pour me consoler de ne pas la voir ce soir. Pour vous, monsieur, je ne vous vois plus; c’est un parti pris. Je suis tentée de dire comme madame Suard : J’espère que vous croyez à mes regrets.

Point de réponse encore de M. de Maleteste. Nous avons cepen-t dant une bonne lettre de M. de Vaudreuil, mais je ne sais qu’espérer quand je vois que rien ne marche et qu’on parle pourtant de l’organisation pour la fin du mois. Je suis assez triste de tous ces mécomptes dont je me prends au sort et non point à vous, vous le croyez bien. Je crois que vous m’avez servie comme l’eût fait mon frère si j’avais le bonheur d’en avoir un. Mais je suis habituée à ne réussir à rien. Je ne sais absolument que faire de mon pauvre Loménie. Je vous assure que j’ai souvent de la vie plus que je n’en peux porter.

Pardon de vous écrire sur ce ton. Je me reproche de rembrunir vos idées à vous à qui le bonheur sourit. Mille choses bien affectueuses, je vous prie, autour de vous et pour vous-même si vous voulez les agréer.

Mardi.

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De janrier à avril 1817.

Mille et mille remerciemens à l’aimable ménage qui veut bien s’occuper de moi. Je suis mieux ce matin et il faudrait que je souffrisse davantage pour ne pas aller demain soir jouir du seul plaisir que je trouve à Paris.

M. de Saint-Morys demeure hôtel de Valois, rue de Richelieu.

M. de Landrieve suivra tous les conseils que vous voudrez bien lui donner. Vous êtes pour lui, monsieur, d’une bienveillance que je sens jusqu’au fond de l’âme.

Je vous prie de recevoir et de partager avec madame Mounier les expressions de la plus affectueuse amitié.

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