‹ Œuvres complètes [illustrées] (volume 4)Chapitre 122 sur 159 · Fragments · texte numérisé non relu

Fragments

2. F. Leuormant, Histoire ancienne de l Orient, grand in-8®, t. IV, pp. 344 et suiv., t. V, p. 466. — Maspéro, Histoire des peuples de l’Orient, in-I8, pp. 524 et suiv. — Georges Radet, la Lydie et le monde grec au temps des Mermnades, 1892, iu-8.

3. Je ne me suis pas attaché à rétablir ici la figure historique de Gygès. Cela ne tenait pas à mon sujet, et, k vrai dire, j’avais terminé mon introduction après avoir cité Hérodote, source unique de mon auteur. — Sur le vrai Gygès, cf. Radet, loc. cit., pp. 8-121 et suiv.

PAGES D'HISTOIRE ET DE LITTÉRATURE

les palais et dans les harems. Chef des cavaliers sous Gandaule-Sadyattès, ce Gygès portait la hache à deux tranchants, symbole de la puissance royale h 11 est certain qu’il prit la place de son maître et probable qu’il le tua. Mais les circonstances de cette révolution de palais ne sont pas connues. Gygès avait le sombre et violent génie des conquérants. Sous son règne, la haute et rocheuse Sardes devint un camp retranché d’où il fondait à tout moment avec ses cavaliers sur le territoire des Mysiens ou sur les riches cités grecques d’Ionie, Smyrne, Milet, Colophon. 11 fut battu et tué par les Cimmériens en 650.

Hors quelques monnaies, lingots d’électrum marqués de poinçons de style asiatique, et peut-être quelques bijoux ou talismans, d’une rudesse enfantine et sacrée, il ne nous reste aucun monument de l’art et de l’industrie des Lydiens au temps du roi Gygès. Sardes, à cette époque, n’était sans doute qu’un grand village semé de cabanes en claies de roseaux et de huttes de brique couvertes de chaume. Des femmes, accroupies dans ces huttes, travaillaient à teindre ou à tisser la laine. C’est dans la vallée de l’Hermos qu’on fabriqua de tout temps avec le plus d’abondance ces tapis magnifiques qu’on appelle aujourd’hui les tapis de Smyrne.

1. « C’est d’Omphale, que les rois de Lydie tiennent la hache qui symbolise leur pouvoir... Il suit de là que les Orientaux attachaient à la transmission de l’autorité royale par les femmes une sorte d’importance religieuse et de valeur sacrée. » Georges Radet, loc. cit., p. 121.

LE ROI CANDAULE

Les formes changent peu en Orient, et Théophile Gautier aurait pu, sans trop faillir à la couleur locale, mettre sous les pieds nus de sa belle Nyssia un de ces tapis de prières, d’un éclat profond, que les agents de nos grands magasins font venir aujourd’hui de Constantinople^.

Ou peut imaginer le palais du roi Sadyattès orné, non point de cette frise de style grec archaïque si bien décrite par Gautier 2, mais de lions et de géants de rude style hittite ou assyrien. Peut-être aussi n’y voyait-on que des tapis et des jets d’eau, dans des cours, au milieu de jardins.

Non loin s’élevaient déjà, sans doute, des tertres immenses surmontés de phallus de pierre : c’étaient les sépultures des rois. Voilà tout ce qu’il est possible d’entrevoir de la civilisation lydienne au temps de Gygès.

Gautier, qui était grand liseur, se flatte d’avoir consulté, pour faire sa nouvelle, « Hérodote, Éphestion, Platon, Dosithée, Archiloque de Paros, Ilésychius de Milet, Ptolémée, Euphorion et tous ceux qui ont parlé longuement ou en

1. Georges Perrot et Charles Chipiez, Histoire de l’art dans l’antiquité, grand in-8®, t. V, pp. 265 et suiv.

2. On ne croit pas aujourd’hui que les Lydiens soient d'origine sémitique. Mais les influences hittites et assyriennes étaient profondes dans leur civilisation à l’époque très reculée où nous sommes. Ce n’est que sous les Mermnades que le génie hellène agit sur eux. — Cf. Maspéro, loc. cit., p. 522. Toutefois, le plus récent historien de la Lydie, M. Georges Radet (1892) croit que le peuple lydien était formé d’éléments divers.

« Il est à la fois prudent et logique, dit-il, de n’adopter aucune solution exclusive et de considérer les Lydiens non pas comme une race absolument aryenne ou purement sémitique, mais comme une race de sang mêlé. » Loc. cit., p. 56.

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