‹ Œuvres complètes [illustrées] (volume 4)Chapitre 20 sur 159 · Mémoires de La Fare, collect. Petitot, t. LXV, p · texte numérisé non relu

Mémoires de La Fare, collect. Petitot, t. LXV, p

3. « Ou trouva... le poumon adhérent aux côtes du côté gauche, rempli d’une matière spumeuse, le côté droit meilleur, mais non pas tout à fait bon. » [Mémoire d'un chirurgien du roi d'Angleterre qui a été présent à l'ouverture du corps de Madame. Biblioth. nat. ; ms. franç. n° 17052.)

PAGES D'HISTOIRE ET DE LITTÉRATURE

somption, qui en est une espèce, une phthisie sèche ou un flétrissement du poumon »

Tout en elle, jusqu’à son perpétuel besoin d’agitation, trahissait la poitrinaire. Elle avait une coquetterie intrépide et un goût de galanterie que n’interrompaient ni les malaises, ni les grossesses, ni les couches les plus pénibles; c’est que ce goût était tout de tête et seulement pour l’imagination. On conçoit qu’avec son tapage et ses bravoures elle agaçait la reine Marie-Thérèse, bonne femme et simple, ne connaissant que l’étiquette. La reine se plaignait que, pendant qu’elle était en couches. Madame était venue la voir « ajustée avec mille rubans jaunes et coiffée comme si elle étoit allée au bal ». Elle ajoutait avec quelque aigreur qu’ « une coiffe baissée et un habit modeste » eussent marqué plus de respect. Mais les hommes n’entraient pas dans les rancunes de la Reine et leur témoignage atteste unanimement l’attrait de cette malade charmante.

Il y a dans les premiers mémoires de Daniel de Gosnac, évêque de Valence et grand aumônier de Monsieur, un portrait de Madame qui a son prix, venant d’un ami respectable et d’un confident discret. Le voici :

a Madame avoit l’esprit solide et délicat, du bon sens, connoissant les choses fines, l’âme grande et juste, éclairée sur tout ce qu’il faudroit faire, mais quelquefois ne le faisant pas, ou par une paresse naturelle, ou par une certaine hauteur d’âme qui se ressentoit de son origine et qui lui faisoit envisager un devoir comme une bassesse. Elle

Page 1