‹ Œuvres complètes [illustrées] (volume 4)Chapitre 22 sur 159 · Mémoires de CoBnac, t. I, pp · texte numérisé non relu

Mémoires de CoBnac, t. I, pp

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» Pour ce je ne sais quoi tant rebattu, donné si souvent en pur don à tant de personnes indignes, ce je ne sais quoi qui descendoit d’abord jusqu’au fond des cœurs, les délicats convenoient que chez les autres il étoit copie, qu’il n’étoit original qu’en Madame; enfin, quiconque l’approchoit demeuroit d’accord qu’on ne voyoit rien de plus parfait quelle b »

Voilà un gracieux portrait; nous avons aujourd’hui le goût plus fort et nous voudrions plus d’accent. Les écrivains du XVII® siècle mettaient dans ces sortes d’ouvrages plus d’élégance que de précision. Quand ils ont dit qu’on a le teint beau et la gorge belle^ ils croient avoir tout dit. Madame de La Fayette nous avertit qu’on trouva à la princesse Henriette, dès le sortir de l’enfance, « un agrément extraordinaire », mais elle ne nous dit pas si Henriette était brune ou blonde.

La bonne madame de Motteville, qui n’avait pas pour Henriette les yeux de Buckingham, accorde du moins à la jeune princesse ce qu’on appelle la beauté du diable :

« Elle avoit, dit-elle, le teint fort délicat et blanc; il étoit mêlé d’un incarnat naturel comparable à la rose et au jasmin. Ses yeux étoient petits, mais doux et brillants. Son nez n’étoit pas laid; sa bouche étoit vermeille et ses dents avoient toute la blancheur et la finesse qu’on leur pouvoit souhaiter, mais son visage trop long et sa maigreur sembloient menacer sa beauté d’une prompte fin*. »

Gela est froid et fort éloigné de la vivacité de Cosnac. Mais ne nous dira-t-on pas si Madame était brune ou blonde?

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