‹ Œuvres complètes [illustrées] (volume 4)Chapitre 30 sur 159 · XXIV · texte numérisé non relu

XXIV

PAGES D’HISTOIRE ET DE LITTÉRATURE

dit la comtesse, de la joie d’avoir ramené le roi à elle^ ». Madame de Motteville donne à Henriette les mêmes sentiments avec une nuance un peu trop sombre de rancune :

« Elle se souvenoit que Louis XIV l’avoit autrefois méprisée, quand elle auroit pu prétendre à l’épouser, et le plaisir que donne la vengeance lui faisoit voir avec joie de contraires sentimens qui paroissoient s’établir pour elle dans l’âme du Roi**. »

Sans être touché jusqu’aux larmes, comme Bossuet*, des sentiments que Louis XIV avait pour la femme de son frère, nous ne ferons pas un crime au jeune Roi d’un peu de surprise à se trouver si près d’une jeune femme dont le charme troublait tout le monde. Ce ne fut qu’un éclair et ils en vinrent bientôt à s’aimer comme frère et sœur, et même un peu moins, s’il est possible. Je place ici deux lettres du Roi à Madame qui font honneur à la politesse de celui qui les a écrites. L’une, que je crois la plus ancienne, n’est pas datée. Elle a été publiée pour la première fois par mon ami M. Etienne Gharavay, dans sa Revue des documents historiques^. La voici :

« Ce vendredi.

« Les grottes et la fraischeur de St-Clou ne me font « point souhaitter dy estre car nous avons des lieux ja « asses beaux pour nous consoler de ni estre pas, mais

Page 1