‹ Œuvres complètes [illustrées] (volume 4)Chapitre 53 sur 159 · Et comme le curare · texte numérisé non relu

Et comme le curare

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de le rappeler) quand Madame prit de l’huile et du bouillon; et voyons quelle peut être la lésion qui, après quelques malaises indéterminés, se signale par une douleur d’estomac foudroyante, suivie d’une péritonite suraiguë.

M. Vallot ne peut nous répondre, mais Littré, fort des observations de la médecine moderne, n’hésite pas à diagnostiquer l’ulcère simple de l’estomac^, que le professeur Cruveilhier fut le premier à décrire et que les médecins de Madame ne purent reconnaître, puisqu’ils ne le connaissaient pas. Il est certain que depuis quelque temps Madame, après ses repas, souffrait de l'estomac. Le liquide qu’elle prit le 29 juin détermina la perforation de la paroi ulcérée. De là cette cruelle douleur au côté, puis la péritonite que nous avons constatée.

Les médecins qui ouvrirent le corps trouvèrent, en effet, que l’estomac était percé d’un petit trou; mais comme ils ne pouvaient s’expliquer l’origine pathologique de ce trou, ils s’imaginèrent qu’il avait été fait par mégarde pendant l’autopsie, « sur quoi, dit l’un d’eux, je fus le seul qui fis instance* ». Cette illusion s’explique d’autant mieux que, dans cette lésion maintenant connue, le pertuis, ne présentant aucune induration sur ses bords parfaitement réguliers, semble artificiel. Jaccoud signale « la délimitation très nette de l’ulcère, l’absence d’inflammation et de suppuration périphérique® ».

Ce n’est pas tout : les médecins trouvèrent dans le bas-

1. Ulcère simple de l'estomac (Cruveilhier), ulcère perforant de l’estomac (Rokitansky ).

2. Mémoire d'un chirurgien du roi d'Angleterre, voir plus haut, page 69, note 3.

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