Jaccoud, loc. cit., p
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HENRIETTE D'ANGLETERRE
cent autopsies. Elle est plus commune chez la femme que chez l’homme^. »
Il n’est donc bien extraordinaire ni qu’Henriette d’Angleterre en ait été atteinte, ni même qu’elle en ait été atteinte sous la forme la moins commune. Jusqu’ici la démonstration de Littré n’est pas beaucoup contrariée, ce nous semble. Mais M. Loiseleur va l’atteindre sur un point important et qui semblait décisif. En effet, vous avez vu tout à l’heure que, quand les médecins ouvrirent le corps, ils trouvèrent l’estomac percé d’un petit trou que Littré reconnaît pour être la lésion mortelle, mais qu’ils crurent avoir fait par mégarde pendant l’autopsie. « Sur quoi, dit l’un d’eux, je fus le seul qui fis instance. » Celui qui parla ainsi est un médecin anglais. Son témoignage sur ce point n’est pas unique. L’abbé Bourdelot, présent à l’autopsie, rapporte l’incident d’une tout autre manière :
« Il arriva, par mégarde, dit-il, lors de la dissection, que la pointe du ciseau fit une ouverture à la partie supérieure du ventricule, sur laquelle ouverture beaucoup de gens se récrièrent, demandant d’où elle venoit. Le chirurgien dit qu’il l’avoit faite par mégarde et M. Vallot dit avoir vu quand le coup avoit été donné*. »
S’il en est ainsi, si cette version dont Littré n’a pas tenu compte et que M. Loiseleur oppose à celle du chirurgien anglais, est des deux la véridique, il faut renoncer à voir et à toucher du doigt, comme nous faisions tout à l’heure, le pertuis, la perforation de l’ulcère, le petit passage que la mort s’est frayé dans le corps de la jeune femme.