Voir p. 123, note I de l’édition Charavay
PAGES D’HISTOIRE ET DE LITTÉRATURE
Le chirurgien anglais est d’accord avec Bourdelot pour attribuer l’ouverture à un coup de ciseau donné par l’opérateur. Mais, tandis que le chirurgien anglais dit qu’il fut seul à remarquer cette ouverture, Bourdelot déclare que « beaucoup de gens » demandèrent d’où elle venait. En cela, les deux témoins se contredisent étrangement; on ne peut admettre la version de l’un sans repousser celle de l’autre. Or, ce qui nous intéresse le plus, c’est ce que Bourdelot seul nous apporte : je veux dire l’aveu de l’opérateur qui offensa le ventricule et le témoignage de M. Vallot qui le vit faire. Ce sont là, ce semble, deux dépositions irrécusables. Mais je me défie, pour ma part, de l’opérateur, de l’abbé Bourdelot et de M. Vallot luimême, qu’on sait avoir été fort embarrassé dans toute cette affaire. Les médecins français tremblaient de trouver dans les entrailles de la Princesse les indices d’un crime dont le soupçon eût atteint la famille du roi. Us craignaient même tout ce qui prêtait au doute, et, par cela seul, h la malveillance. Sachant que la moindre incertitude sur la cause de la mort ou l’état du cadavre serait interprétée par le public dans un sens qui les perdrait, ils avaient pour tout expliquer la raison de l’intérêt et le zèle de la peur. Or, dans l’impossibilité où ils étaient de rapporter à un type pathologique normal une lésion inconnue à tous et suspecte, peut-être, à quelques-uns, ils avaient grand avantage à expliquer par un accident d’autopsie cette plaie énigmatique. Et l’on comprend qu’ils crurent naturellement ce qu’ils désiraient croire. Les chirurgiens anglais, aussi ignorants qu’eux, acceptèrent leurs raisons faute d’en trouver de meilleures.
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HENRIETTE D’ANGLETERRE
Cette considération me rend assez perplexe à l’endroit du coup de ciseaux. En somme, je crois que, malgré l’atteinte que lui porta la main exercée de M. Loiseleur, la construction médico-historique de M. Littré garde à peu près toute la solidité que comporte la double nature des matériaux qui y sont employés. Dans tous les cas, il est certain qu’Henriette d’Angleterre n’est pas morte empoisonnée.
Vlll. — Bibliographie de l’ « Histoire d’Henriette d’Angleterre ».
Il y avait dans la collection Fontette un manuscrit de V Histoire d' Henriette d’Angleterre avec des notes qui n’ont pas été imprimées. Ni ce manuscrit, ni celui qui fut donné à l’imprimeur, ne se retrouvent aujourd’hui. L’édition originale, en un volume in-12, a pour titre : « Histoire de madame Henriette d’Angleterre, première femme de Philippe de France, duc d’Orléans, par dame comtesse de La Fayette. Amsterdam, chez Michel-Charles Le Cène, M. D. CC. XX. Avec portrait : « Henriette-Anne d’Angleterre, « épouse de Philippe de France, duc d’Orléans. G. Schou- « ten f. »
Cette édition fut faite avec autant de négligence que les libraires de Hollande en mettaient d’ordinaire à publier les libelles qui foisonnaient dans leurs magasins. Beaucoup de noms y sont altérés et souvent les notes de l’éditeur brouillent ce qu’elles veulent éclaircir. Toutefois ce