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texte fut reproduit sans grand amendement dans les Œuvres complètes de madame de La Fayette et dans les Collections de Mémoires sur Vhistoire de France. L’historien de Louis XI II, A. Bazin, entreprit le premier « de restaurer ce petit chef-d œuvre ». Il rétablit des noms et des dates; mais il était mort cjuand le libraire Techener fit imprimer le texte ainsi amélioré ^ et le prote qui vit les épreuves fut très inattentif*. Cette édition nous a pourtant été fort utile.
Forcé de suivre, à défaut de tout manuscrit, le texte de 1720, nous n’en avons conservé ni l’orthographe ni la ponctuation. Les virgules y sont semées au hasard et les doubles points extraordinairement multipliés sans qu’on en puisse deviner la signification. D’ailleurs, pour publier aussi exactement que possible l’écrit d’une dame française du siècle de Louis XIV, fallait-il adopter l’orthographe d’un imprimeur hollandais du xviii® siècle?
1. Histoire de madame Henriette d’Angleterre, première femme de Philippe de France, duc d Orléans, par madame la comtesse de La Fayette, publiée par feu A. Bazin. Paris, Techener, M D. CGC. LUI, in-16, avec un portrait qui n’est que le cuivre des Galeries de Versailles découpé en médaillon ovale.
2. 11 ne remarqua pas, par exemple, une certaine note de la page viij qui donne à l'héroïne même de l’histoire les prénoms de sa mère, et il laissa madame Desbordes, première femme de chambre de Madame, devenir madame Descois.
LA PRINCESSE DE CLÈVES
Madame de LA FAYETTE
PRÉ FA CE
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I" A Princesse de Clhves parut en 1678, au printemps, chez Claude Barbin, sur le second perron de la Sainte- Chapelle. C’était la bonne marque; Barbin éditait les plus excellents auteurs, Boileau, La Fontaine et Racine. La Phèdre était encore toute fraîche dans sa boutique; on y mettait en vente le premier volume d’une édition nouvelle des Fables^ et l’on y promettait pour l’automne la cinquième édition fort augmentée des Maximes de M. de La Rochefoucauld. Barbin n’était point un Elzévir. 11 travaillait, non pour les savants ou les curieux, mais pour la Cour et la ville. Ses livres, imprimés sans beaucoup de raffinement, étaient faits pour courir de main en main. 11 avait habilement divisé la Princesse de Clèves en quatre
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petits volumes, imprimés fort gros, afin, sans doute, de faire payer le plus cher possible, par les honnêtes gens, un ouvrage annoncé et vanté de longue date, et aussi, peut-être, pour que les dames pussent facilement emporter dans les cabinets de verdure et les salons de glaces les tomes légers d’un livre écrit pour elles par l’une d’elles.
La Princesse de Clèves paraissait sans nom d’auteur. Il y avait une sorte de bienséance à ne pas étaler dans les échoppes du Palais et de la rue Saint-Jacques, sur le titre d’un livre, le nom d’une dame de la Cour. Mais ce n’était un secret pour personne que la Princesse de Clèces était de madame de La Fayette. On croyait savoir que le duc de La Rochefoucauld, dont madame de La Fayette était l’amie, y avait mis la main, et que peut-être Segrais y avait travaillé^. Segrais, gentilhomme pauvre et académicien, avait demeuré, en effet, quelque temps chez madame de La Fayette, dans une élégante et noble domesticité. En 1670,
1. Le texte était précédé decette note, qui ne niait rien, n’avouait rien, et contenait une promesse qui n’a pas été tenue :