‹ Œuvres complètes [illustrées] (volume 4)Chapitre 65 sur 159 · Eschyle · texte numérisé non relu

Eschyle

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O Goethe, 6 grand vieillard, prince de Germanie,

Penché sur Rome antique et son mâle génie.

Je ne puis m’empêcher, dans mon chant éploré,

A ce grand nom croulé d’unir ton nom sacré.

Tant ils ont tous les deux haut sonné dans l’espace.

Tant ils ont au soleil tous deux tenu de place Et dans les coeurs amis de la forme et des dieux Imprimé pour toujours un sillon glorieux*.

A vous dire vrai, cher ami, tout en approuvant Faust, je souffre cruellement de voir cette divine Hélène enfermée dans un burg germanique. C’est peut-être de l’envie. Mais ce Faust est un barbare ravisseur. Hélène est à nous, à nous Latins, à nous Français. Nous seuls pouvons la posséder sans adultère. Je vais m’expliquer en laissant là toute image. Les Allemands doivent beaucoup aux Lettres antiques. Mais ils n’en procèdent pas naturellement et fatalement. Ils ont ailleurs leurs traditions et leurs livres héroïques; ils ont leur Iliade dans YEdda. H pourrait exister, sans la Grèce, une littérature allemande. Quant à nous, la culture latine est notre culture nécessaire. Nous avons deux langues maternelles : le latin et le français. Les Allemands n’ont que faire d’Hélène et de sa beauté. Ils ne sont pas condamnés comme nous à la perfection, ni destinés à porter la pensée au plus haut degré possible d’ordre et d’harmonie. Ce fut là notre œuvre, à nous, fils des Romains. Mais nous perdrons notre vertu en oubliant nos pères. Si les études grecques et latines tombent chez nous, notre esprit subira un dommage irréparable. On est délicat quand on est exquis. C’est ici, c’est sur laMontagne-

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