Auguste Barbier
LE FAUST DE GŒTHE
Sainte-Geneviève, qu’il nous faut retenir l’Hélène symbolique.
Une de nos plus nobles fonctions, à nous Français, c’est de garder l’héritage intellectuel des Latins. N’en laissons pas la charge et le bénéfice à des étrangers, et n’écoutons pas les mauvais conseillers qui, pour nous détourner des Lettres antiques et des saines humanités, nous parlent d’avenir et de progrès. C’est le passé qui fait l’avenir, et l’homme n’est au-dessus des animaux que par la longueur de ses traditions et la profondeur de ses souvenirs. Si nous entrons dans la voie où les ennemis du latin voudraient nous pousser, nous tomberons bientôt dans l’ignorance et dans l’imbécillité. L’altération de la mémoire est chez les peuples comme chez les hommes le premier signe de la dégénérescence physique et morale.
Un enfant naît des baisers de Faust et d’Hélène, un ardent et généreux enfant qui meurt consumé en poursuivant des nymphes. 11 se nomme Euphorion parmi les dieux et lord Byron parmi les hommes.
Hélène s’évanouit bientôt après la mort de son généreux fils. Elle laisse à Faust la robe qui moula sa forme divine. Ce symbole a la pure transparence des fables primitives. Il enseigne que la beauté grecque doit servir de vêtement à l’âme moderne.
Sur des pensers nouveaux faisons des vers antiques, a dit André Chénier.
Faust n’a perdu dans les contemplations délicieuses de la nuit du Walpurgis classique ni le goût du mouvement,