‹ Œuvres complètes [illustrées] (volume 4)Chapitre 78 sur 159 · Jos., Ant. jud., XVllI, tii · texte numérisé non relu

Jos., Ant. jud., XVllI, tii

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grottes où jaillissent des sources sur lesquelles les caroubiers penchent leurs rameaux noirs, et là, vêtu de poil de chameau, aux reins une ceinture de cuir, il vivait de sauterelles et de miel sauvage.

Le désir de la sainteté, l’attrait de l’ascétisme, le charme de la soif et de la faim étaient puissants alors. Et beaucoup d’hommes, qui cherchaient des voies extraordinaires, visitèrent le fils de Zacharie dans sa solitude et dans sa pénitence. 11 leur parlait. Voix de celui qui crie dans le désert. On croyait entendre Elie, le prophète, qui n’avait pas goûté la mort, et qui revenait pour le salut du peuple, laokanann avait institué un rite, qui consistait en ablutions fréquentes. 11 trempait ses disciples dans les eaux du. Jourdain, et il répandait de l’eau sur leur tète. C’est pourquoi on l’avait surnommé le Baptiste. Des pèlerins innombrables venaient à lui, gens de toute secte et de toute condition. .Jésus de Nazareth et beaucoup d’Esséniens s’attachèrent i'\ au jeune nazir.

Des prêtres, des pharisiens, des docteurs étaient curieux de l’entendre. 11 leur parlait avec dureté.

— Race de vipères, qui vous a montré à fuir devant la colère qui vient? Faites donc de dignes fruits de pénitence.

11 tenait pour rien ce nom de fils d’Abraham, dont ils étaient si fiers.

— Dieu, disait-il, pourrait faire des fils d’Abraham avec . les pierres du chemin.

11 annonçait vaguement des jours de vengeance et de colère :

— Déjà la cognée est à la racine des arbres. Tout arbre

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donc qui ne porte pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu.

Il enseignait le partage des biens :

— Que celui qui a deux tuniques en donne une à celui qui n’en a point, et que celui qui a de quoi manger fasse de même^.

De telles paroles semblaient dangereuses au tétrarque, qui fut bien plus effrayé encore quand laokanann le traita, lui et son llérodiade, comme Eiie le thesbite avait traité Achab et Jézabel.

Le Baptiste osa dire au tétrarque :

— Il ne t’est pas permis d’avoir pour femme la femme de ton frère *.

Hérodiade, déjà furieuse contre toute la juiverie aboyante à ses sandales d’or, perdit patience. laokanann fut pris et conduit à Machærous.

C’était à l’orient de la mer Morte, dans un ouadi sauvage, une forteresse énorme, renfermant un palais magnifique. On contait que les Réfaïm et les démons, avec les fils des géants, erraient alentour, sur les nappes de bitume, parmi des hommes et des femmes métamorphosés en statues de sel.

Là, le nazir fut gardé, les ceps aux pieds, selon la coutume orientale, dans une cour, sous quelque porte, où tous les serviteurs, en passant, pouvaient le voir et l’entendre.

Ses disciples le visitaient®. Il parlait avec plus de violence que jamais et répétait :

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