‹ Œuvres complètes [illustrées] (volume 4)Chapitre 80 sur 159 · XXIV · texte numérisé non relu

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telle nécessité qu’il manquait de tout. Allons à Rome, et n’épargnons pour ce dessein ni le travail ni la dépense, puisqu’il n y a pas tant de plaisir à conserver les trésors qu’à les employer pour acquérir un royaume ^

Antipas aimait le repos. Cette entreprise l’effrayait. 11 avait d autant plus de répugnance à porter ses réclamations jusque dans le palais de César, que depuis quelque tempo il faisait des armements pour le roi des Parthes ; son avarice 1 avait pousse à ce dangereux négoce. Fabriquant des armes pour Artabane, il craignait, avec raison, qu’on n’en sût quelque chose dans le conseil de l’Empereur. 11 céda pourtant, car il était faible.

11 partit pour la Ville éternelle avec llérodiade, qui renouvela dans le voyage les somptuosités de Cléopâtre naviguant sur le Cydnus.

Agrippa n’eut pas plutôt avis du départ de ces deux envieux, qu il envoya un de ses affranchis, nommé Fortunatus, à Caligula, avec des présents et une lettre. Fortunatus eut le vent si favorable qu’il arriva à Putéoles en même temps qu’Aiitipas.

Caligiila prenait alors les eaux de Baies. Le tétrarque et sa femme avaient à peine salué l’Empereur, que Fortunatus présentait à César la lettre par laquelle Agrippa accusait Antipas de favoriser Artabane, roi des Parthes, et d amasser traîtreusement dans ses arsenaux des armes pour soixante-dix mille hommes.

Emu de ce rapport dont il avait pris tout de suite connaissance, Caligula fit appeler le tétrarque et lui demanda s’il

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