Jo8., Ant.jud., XVIII, IX
HÉRODIAS
était vrai qu’il eût de quoi équiper soixante-dix mille combattants. Antipas, troublé, ne nia pas. César le tint, de ce seul fait, convaincu de trahison, lui ôta la tétrarchie, dont il fît don au délateur, et envoya le malheureux Hérode .\ntipas en exil à Lyon, dans les Gaules. Il se montra, au contraii'e, bienveillant et généreux pour la sœur de son cher Agrippa. Loin de l’envelopper dans la disgrâce du tétrarque, il offrit de lui donner les biens de l’exilé. En cet écroulement de sa fortune, Hérodiade se montra magnanime. Elle refusa les faveurs de César.
— Il était digne de toi, lui dit-elle, d’en user comme tu fais à mon égard. Mais mon amour pour mon mari me défend d’accepter tes bienfaits. Comme j’ai eu part à sa prospérité, il n’est pas juste que je l’abandonne dans sa mauvaise fortune^.
Hérodiade fît ce qu’elle avait dit : elle suivit son mari dans l’exil. Ils moururent tous deux obscurément en Espagne*.