‹ Œuvres complètes [illustrées] (volume 4)Chapitre 92 sur 159 · XXIV · texte numérisé non relu

XXIV

Marat croit qu’on a voulu l’assassiner. 11 est une circonstance sur laquelle ils se taisent l’un et l’autre et qui ne nous est révélée que par l’éloge que Fourier lut à l’Institut après la mort de Charles. Celui-ci inlligea, dit-on, au visiteur insolent une correction d’un tel genre qu’elle ne peut être indiquée précisément dans un discours académique. Cela est de trop. Mais le bon Charles ne se connaissait plus.

La lettre dont je viens de citer quelques lignes est du 47 mars 4783. Le même jour Charles en adressait une à Monseigneur (le nom manque).

Si, dans mes cours, je me suis laissé aller à la moindre invective personnelle sur M. Marat, qu’il le prouve, et je suis prêt à lui faire réparation publique. J’ai attaqué ses systèmes et je lui promets de le faire encore; s’il falloit se battre pour cela, 11 faudroit donc armer contre lui l’Europe entière... '.

Ces lignes ont le mérite d’établir nettement les droits de la critique. En résumé, dans cette affaire, Charles, après un moment de surprise, rentra dans la modération qui lui était naturelle. Quant à Marat, c’était un malade irrité par d’insupportables dédains. Il croyait à la justice humaine; cette fausse idée le rendit de bonne heure insociable; elle le jeta par la suite dans d’horribles violences. Reconnaissons toutefois que l’Ami du peuple, en 4792, ne songea point à venger les offenses faites neuf ans auparavant à l’auteur méprisé des Découvertes sur le feu^ l’électricité et la lumière.

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