‹ Œuvres complètes [illustrées] (volume 5)Chapitre 12 sur 17 · Le roi était protecteur de l’Académie · texte numérisé non relu

Le roi était protecteur de l’Académie

LES OPINIONS DE M, JÉRÔME COIGNARD

gravée dans le cœur des peuples étonnés; elle est inscrite sur un g i os registre, et vous entendez bien que ces lauriers de papier ne vont pas qu’à des têtes héroïques.

» S’il se rencontre, parmi les Quarante, des personnes de plus de politesse que de génie, quel mal y voyez-vous? La médiocrité triomphe à l’Académie. Où ne triomphet-elle pas? La voyez-vous moins puissante dans les Parlements et dans les Conseils de la Couronne, où, sans doute, elle est moins à sa place? Faut-il donc être un homme rare pour travailler à un dictionnaire qui veut régler l’usage et qui ne peut que le suivre?

» Les académistes ou académiciens furent institués, vous le savez, pour fixer le bel usage en ce qui regarde le discours, pour purger le langage de toute antique et populaire impureté et pour que ne reparût plus un autre Rabelais, un autre Montaigne, tout puant la canaille, la cuistrerie ou la province. On assembla à cet effet des gentilshommes qui savaient le bon usage et des écrivains qui avaient intérêt à le connaître. Cela fit craindre que la Compagnie ne réformât tyranniquement la langue française. Mais on vit bientôt que ces craintes étaient vaines et que les académistes obéissaient à l’usage, bien loin de l’imposer. Malgré leur défense, on continua à dire comme devant : « Je ferme ma porte1. »

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