‹ Œuvres complètes [illustrées]Chapitre 87 sur 119 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

HIPPIAS

Au lit hospitalier étendu, les yeux clos,

Je crois sentir encor le bercement des flots.

J’entends les avirons fatiguer les eaux lourdes

Et les vents dans la voile enfler leurs plaintes sourdes.

Je vois la glauque mer, le ciel clair, les caps bleus;

Je vois danser au loin les monstres fabuleux.

Mais à mes yeux confus une divine image S’élève sur la poupe au vent céleste, et nage,

Et parmi les dauphins joue et flotte dans l’air,

Et lleurit sous ses pieds la grève au sable clair,

Fuit dans un blanc rayon, et des ombres émerge;

Car, par la volonté d Éros, j’aime une vierge.

Croirai-je ce qu’a dit le vieillard? Et pourquoi Le Dieu galiléen se levant contre moi,

Quand 1 heure aux ailes d or vient longtemps souhaitée, Me disputerait-il l’épouse méritée?

Je n ai jamais fait tort à ce jeune Immortel,

Je n’ai point offensé son nom ni son autel,

Je n ai point dit 1 injure à ses prêtres austères,

Ni d un œil sacrilège épié leurs mystères,

Ni parmi les tombeaux surpris leurs noirs repas.

Il ne peut me haïr : je ne le connais pas.

Daphné cependant pleure et languit en silence.

La douleur est impie alors quelle s’élance Sur celle dont Cypris orne la jeune chair.

Mais les maux d’un ami nous le rendent plus cher.

C’est peut-être par moi que ce trouble est en elle;

Peut-être elle craignait mon absence éternelle,

Oubliant que les Dieux accordent le retour A l’homme dont le cœur médite un chaste amour,

Lorsque, purifié dans les formes prescrites,

Il a pris soin d offrir un vœu, selon les rites.

Peut-être en me voyant demain, inattendu,

Lare de ses beaux sourcils ne sera plus tendu;

LES NOCES CORINTHIENNES

Ses yeux riront. 0 jour de Zeus, sainte lumière, Donne à mes yeux de voir sa forme la première.’

Je t invoque, Artémis, toi, ma gardienne encor!

Et toi, viens, ô Déesse à la couronne d’or!

Il s’endort.

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