‹ Œuvres complétes. Introd (volume 2)Chapitre 6 sur 8 · ŒUVRES P O S T H U M E S · texte numérisé non relu

ŒUVRES P O S T H U M E S

encore, vrai, car il y a plus matière à recul dans une famille, dans une dynastie, (dans les Burgraves, s'il avait su), dans une race, dans un peuple, dans une culture, (dans la chrétienté), (même dans une institution), que dans un individu. Il y a donc deux manières de les prendre, comme il y a deux manières de prendre un homme : ou en histoire et inscription ; ou en mémoire et vieillissement.

Cela est particulièrement sensible dans Michelet, ditelle. Toutes ces prétendues contradictions de Michelet, dit-elle, notamment dans l'histoire du Moyen Age, viennent de là. De ce que tantôt asservi aux idées modernes, aux prétendues méthodes modernes il fait du travail ; et alors il est dans l'histoire, dans l'inscription. Mais emporté soudain par un des plus grands génies qu'il y ait jamais eu dans le monde il déborde tout à coup, il fait une oeuvre, et alors il est dans la mémoire et dans le vieillissement. Alors il est libéré. Quand il suit son temps, il n'est qu'historien. Quand il suit son génie il est promu mémorialiste et chroniqueur.

Quand il dit que l'histoire est une résurrection et quand on le lui fait tant dire il suit son génie et il faut entendre que de l'histoire et de l'inscription, de l'histoire historique lui-même il se ramène sur l'histoire mémorialiste, sur la chronique, sur la mémoire et le vieillissement.

Quand il dit Ihistoire est une résurrection et quand on le dit tant après lui on veut dire très exactement

qu'il ne faut pas passer au long du cimetière, ni au long des murs du cimetière, ni même au long des monuments, mais que restant situé dans la même race, et charnelle et spirituelle, et temporelle et éternelle, il s'agit d'évoquer simplement les anciens. Et de les invoquer. Les anciens de la même race. Les anciens dans la même race. Situés à un point d'ailleurs mouvant de cette race il s'agit par un regard intérieur de remonter dans la race elle-même, de rattraper l'arriéré de la race; et on ne peut le faire que par une opération de mémoire et de vieillissement.

Il s'agit de remonter la race elle-même, comme on dit : remonter le cours d'un fleuve.

Tout est dit- elle ou inscription ou remémoration. Et rien n'est aussi contraire et étranger que l'un à l'autre.

On peut dire, dit-elle, que l'inscription et la remémoration sont à angle droit, dit-elle, qu'elles sont inclinées de quatre-vingt-dix degrés de l'un sur l'autre. L'histoire est essentiellement longitudinale, la mémoire est essentiellement verticale. L'histoire consiste essentiellement à passer au long de l'événement. La mémoire consiste essentiellement, étant dedans l'événement, avant tout à n'en pas sortir, à y rester, et à le remonter en dedans.

La mémoire et l'histoire forment un angle droit.

L'histoire est parallèle à l'événement, la mémoire lui est centrale et axiale.

L'histoire glisse pour ainsi dire sur une rainure longitudinale le long de l'événement ; l'histoire glisse paral-

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lèle à l'événement. La mémoire est perpendiculaire. La mémoire s'enfonce et plonge et sonde dans l'événement.

L'histoire c'est ce général brillamment chamarré, légèrement impotent, qui passe en revue des troupes en grande tenue de service sur le champ de manœuvre dans quelque ville de garnison. Il passe au long des lignes. Et l'inscription c'est quelque sergent-major qui suit le capitaine, ou quelque adjudant de garnison qui suit le général, et qui met sur son calpin quand il manque une bretelle de suspension. Mais la mémoire, mais le vieillissement, dit-elle, c'est le général sur le champ de bataille, non plus passant au long des lignes, mais (perpendiculairement) en dedans de ses lignes au contraire, fixé, retranché derrière ses lignes, lançant, poussant ses lignes, qui alors sont horizontales, qui sont transversales devant lui. Et derrière un mamelon la garde était massée.

Dans la mémoire, dans la remémoration les lignes sont transverses. Comme en géologie si je puis dire normale. Elles sont horizontales ; et par suite transverses pour celui qui sonde et qui fouille.

En somme, dit-elle, l'histoire est toujours des grandes manœuvres, la mémoire est toujours de la guerre.

L'histoire est toujours un amateur, la mémoire, le vieillissement est toujours un professionnel.

L'histoire s'occupe de l'événement mais elle n'est jamais dedans. La mémoire, le vieillissement ne s'occupe pas toujours de l'événement mais il est toujours dedans.

Ce qui me fait des Burgraves, dit-elle, un exemple culminant, c'est que de tout ce que Ton a dans l'histoire des littératures c'est certainement ce qui a le plus été fait exprès, (artificiellement), pour donner précisément, pour produire cet effet de recul, de grandeur et de grandissement par le recul, d'éloignement dans le temps, dans le passé. De succession, d'héritage, d'approfondissement dans une race. Mais qu'est-ce que ça me fait. Je n'entre pas. Je suis au long. Les Burgraves ne sont pas un livre de mémoire. Ils ne sont pas un livre de vieillissement. Ils sont un livre d'inscription. Ils sont un livre d'histoire.

Et pourtant c'est bien un livre de vieillissement et de recul qu'il avait voulu faire.

Mais la plus grande habileté, dit-elle, ne donne justement pas ce qu'il y a de grand et de profond. Et elle est même ce qui empêche de l'avoir. Or la mémoire et le vieillissement est ce qu'il y a de grand et de profond.

Et la mémoire et le vieillissement est le royaume même de Dieu, qui est donné aux violents, mais qui n'est pas donné aux habiles.

Elle sourit, bien qu'elle n'en eût guère envie. Elle sourit tristement. Je ne suis guère amie du sourire, ditelle, cp'.XoaetSr,; 'Acppoorrr,. Mais je ne puis m'empêcher de m'arrêter à cette aimable formule : Les Burgraves sont un livre d'histoire. Ce qui me plaît dans cette formule, dit-elle, c'est qu'au moins je suis sûre que M. Langlois n'en comprendra pas un traître mot. Mais

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je commence à m'habituer, dit-elle, à ce que M. Langlois ne comprenne pas.

Qu'arrive-t-il en effet, dit-elle, avec ces Burgraves. C'est qu'eux-mêmes ils sont longitudinaux. Ils ne sont même pas comme un arbre généalogique, qui au moins a un tronc et des branches ; et des racines. Ils ne sont même pas un tableau généalogique, qui lui au moins a un sens. Et des accolades. Ils ne sont pas cette admirable ligne généalogique de la génération de Jésus- Christ, soit qu'on la prenne en descendant, comme dans Matthieu. Liber generatwnis Jesu Christi filii David, filii Abraham. Abraham genuit Isaac. Isaac autem genuit Jacob. Soit qu'on la prenne en remontant comme dans cette admirable race remontante, dans cette admirable lignée généalogique de Luc, secundum Lucam, qui de proche en proche remontante de génération en génération et de génitif en génitif ne s'arrête point avant de s'être reposée en Adam, et en Dieu. Et ipse Jésus erat incipiens quasi annorum triginta, ut pulabatur, filius Joseph, qui fuit Heli, qui fuit Mathat, . . . Qui fuit Henos, qui fuit Set h, qui fuit Adam, qui fait Dei.

Ni race descendante ni race remontante ces Burqraves ne sont nullement une race, ne nous présentent nullement un approfondissement et un recul de race. (Et pourtant ils avaient été faits si expressément pour cela). Pas même ce qu'il y a évidemment de race, il faut le reconnaître, de recul et de grandeur et d'approfondissement et d'éloignement de race dans ces deux

C L 1 0 (ou quatre) vers où il faut bien voir une sorte de résumé, de raccourci de Matthieu et de Luc :

Une race y montait comme une longue chaîne ; Un roi chantait en bas, en haut mourait un dieu.

Ces Burgraves au contraire c'est comme une liste des rois de France. Je passe au long. Qu'est-ce que ça me fait. Quand on me dit que Job, burgrave de Heppenheff, est le père de Magnus, burgrave de Wardeck, on ne me dit rien. Il pourrait aussi bien être le père de Waldeck, ça m'est égal. Tout ça c'est des noms qu'on prend (ou qu'on met) dans les manuels d'histoire (et de géographie). C'est des noms sans passé, à peine des noms d'inscription, eux-mêmes des noms sans race, sans recul, sans mémoire et sans vieillissement. C'est des noms archéologiques ; et d'une archéologie allemande : deux fois archéologiques, deux fois inconnus. Il a mis quatre générations. Que m'importe. Il pouvait en mettre dix. Il pouvait en mettre vingt. Quand on met des générations ce n'est pas la peine de s'en priver. Quand on me dit que Magnus, fils de Job, burgrave de Wardeck, est le père de Hatto, fils de Magnus, marquis de Vérone, burgrave de Noliig, je veux bien, ditelle, je n'y vois aucun inconvénient. Pourquoi Hatto ne serait-il pas le fils de Magnus. Autant lui qu'un autre. Ça m'est égal, je ne le connais pas. Je ne lui veux pas de mal. Je ne veux pas empêcher son avancement. Et quand on me nomme la première partie Païen l,

ŒUVRES POSTHUMES évidemment exprès encore pour donner un effet de recul et d'âge, et de mémoire et de race et de vieillissement, et de famille et de dynastie, vous comprenez que je ne m'y laisse pas prendre; je suis aussi forte que lui ; c'est bien le moins. Je suis toujours aussi fort que celui qui veut être fort. Ces quatre générations défilent devant moi, ou moi je défile devant elle, c'est tout un. Mais c'est toujours un défilé.

C'est un échelonnement. C'est un tableau, synoptique. C'est un espalier, c'est un escalier, c'est une échelle. Ce sont des degrés, le long desquels l'événement est prié de monter, (ou de descendre). Quand on prend des générations, on n'en saurait trop prendre. C'est une cascade, et puisque c'est Hugo c'est une cataracte. Ce n'est point une race. Et dans une pièce qui avait été faite exprès (artificiellement) pour l'emporter sur tout le monde en donnant le maximum de cet effet d'âge et de race, en donnant tout ce que l'on pouvait donner, tout ce que l'on pouvait obtenir, dans une pièce qui devait être, qui allait être la pièce, le drame de l'âge et de la race. Lui-même l'a bien senti et dès le quatrième et dès le sixième vers il a mis de la race et des différents degrés de la race accumulés, entassés, additionnés, pour combler, pour masquer, ce manque, pour suppléer à cette race qu'évidemment il n'y a pas. C'est au quatrième et au sixième alexandrins, et il a encore en outre mis enfants au huitième. Guanhumara, s'il est permis de la nommer ainsi, fixe en effet son regard sur la porte du donjon à droite.

Là, le père et Vaïeul, pensifs, chargés d'hivers, De tout ce quils ont fait cherchant la sombre trace, Méditant sur leur vie ainsi que sur leur race, Contemplent, seuls, et loin des rires triomphants, Leurs forfaits, moins hideux encor que leurs enfants.

Quand on me dit que Hatto, fils de Magnus, marquis de Vérone, burgrave de Nollig, est le père de Gorlois, fils de Hatto (bâtard), burgrave de Sareck, on ne me dit rien, dit-elle. Je ne les connais pas. Je ne les connaîtrai jamais. Mais quand on me dit que Chérubin est mort, dans la vive attaque d'un fort où il n était point commandé, oh alors on me dit quelque chose, dit-elle. Et je sais très bien ce que Ton me dit. Un secret tressaillement m'avertit qu'en effet j'ai entendu. Quoi, notre Chérubin. Et quand je retrouve le même Figaro et la même Suzanne, et la même comtesse et le même comte Almaviva vieillis, alors on me dit quelque chose, alors on me parle, alors on me dit quelque chose du vieillissement.

Rien n'est aussi faux, dit-elle, que cette idée que l'on a, (et étant fausse, alors naturellement on l'a toujours, on la trouve partout), que les bons historiens sont ceux qui dans l'étude du passé s'abstrayent complètement de leur temps, du souci de leur temps, et que les mauvais historiens sont ceux qui portent jusque dans le passé les préoccupations et les soucis de leur temps. C'est beaucoup moins simple, mes aïeux, dit-elle,

CE U V R E S POST H V M E S et c'est beaucoup moins grossier. S'ils avaient le moindre souci de leur temps, et je dirai même s'ils avaient la moindre connaissance de leur temps on ne les verrait pas devenir historiens, ils se feraient, ils seraient mémorialistes et chroniqueurs; ou ils seraient boulangers ou vignerons. S'ils avaient même aucun souci d'aucun temps, et je dirai aucune connaissance, aucune intelligence d'aucun temps, ils ne seraient pas historiens. Ils seraient mémorialistes et chroniqueurs. Ils seraient poètes, peintres, statuaires. Ils seraient soldats, ministres, empereurs, n'importe quoi.

Maçons, peintres, tailleurs de pierre.

Fermiers. En Beauce.

Il n'y a donc pas, il ne faut donc pas dire qu'il y ;i deux classes, deux catégories d'historiens, qui seraient les bons et les mauvais ; les bons qui feraient de l'histoire objective, et les mauvais qui feraient de l'histoire subjective. Ça, dit-elle, c'est du jargon germanique. Laissons là le jargon allemand. Ils ne font pas d'histoire objective ni d'histoire subjective, pour cette bonne raison que le sujet et l'objet leur sont également inconnus.

Et même interdits.

Si le sujet ou l'objet leur étaient tant soit peu connus, ils feraient des choses plus sérieuses, des sonnets, des stances, des virelais, des dizains. Ils feraient des œuvres.

Il ne faut pas dire qu'il y a deux classes d'historiens, qui seraient les bons et les mauvais. Il n'y a qu'une classe d'historiens, qui sont les historiens.

Quand ils mettent du sujet clans leur histoire, ce n'est pas le sujet; et quand ils y mettent de l'objet, ce n'est pas davantage l'objet.

Il n'y a pas deux classes d'historiens, qui seraient les purs et les impurs. On ne leur a point fait la grâce, dit-elle, d'être purs ou impurs.

Si ils entendaient quelque chose à rien, dit-elle, ils ne seraient pas historiens. Allez voir si Hugo, si Napoléon se sont mis historiens.

Il ne faut pas dire aussi que Michelet est le plus grand des historiens, dit-elle. C'est un chroniqueur et un mémorialiste. Il faut dire qu'il est un des plus grands parmi ceux qui ne sont pas historiens, parmi tout le reste, s'il est permis de parler ainsi. Il est grand au contraire entre tous parmi ceux qui ont du génie, parmi ceux qui ne sont pas historiens. Il est grand comme Corneille, comme Rembrandt et comme Beethoven. Il est grand précisément comme et parmi ses héros. Il est un héros, il est un de ses héros entre ses héros.

L'histoire n'est pas objective ou subjective, elle est longitudinale. Elle n'est pas pure ou impure, elle est latérale. Elle passe au long. C'est dire qu'elle passe à côté.

Etre d'un temps et en même temps d'un autre temps. Etre d'un lieu et en même temps et en même lieu d'un autre lieu, être d'une génération et en même temps d'une autre génération, plus précisément être devenue d'une génération et en même temps être restée d'une

autre génération, de la génération précédente, qui ne serait, dit-elle, comme le cavalier de Gérénie. Ou plutôt comme Agamemnon demandait imaginairement que fût (resté) le cavalier de Gérénie, comme il souhaitait irréellement, (c'est le cas de le dire), que fût resté le cavalier de Gérénie.

On a fait un proverbe, dit-elle, qui est bien le plus sot de tous. (Et Dieu sait si communément un proverbe est sot). On dit: Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait. On dit ça pour faire croire que la vieillesse sait. C'est une politesse que l'on fait aux vieillards. Mais la vieillesse ne sait pas, parce qu'elle est historienne. Et c'est la jeunesse qui sait aussi, parce qu'elle peut.

Et la vieillesse ne sait pas, puisqu'elle ne peut pas.

Etre d'un temps et en même temps d'un autre temps. Etre d'un lieu et en même temps et en même lieu d'un autre lieu. Être d'une génération et en même temps d'une autre génération : précisément ce serait être dieu, dit-elle, être fait dieu. Or justement nous avons peutêtre assez vu, dit-elle, quelle déchéance ce serait, dans le fond de la pensée antique même, que de devenir dieux.

Les historiens se font dieux, dit-elle, ou ils y prétendent. Mettons enfin qu'ils font les dieux. Quelle misère. Corneille, Rembrandt, Beethoven ne faisaient pas les dieux. C'étaient des hommes. Hugo, Napoléon étaient des hommes. (Les saints sont des hommes, dit-elle. Jésus-Christ n'était pas un homme devenu Dieu. C'était Dieu et le Fils de Dieu fait homme. Je pense que c'est le contraire, dit-elle).

Ce sont ces imbéciles et ces fous malades d'empereurs romains, dit-elle qui se sont fait faire dieux

Les historiens perlustrent le monde, comme des amateurs. Il s'agit bien de cela.

Ayant ainsi parlé, il les laissa là même, et marcha vers d'autres ; il y rencontra Nestor, harmonieux orateur des Py liens, rangeant ses compagnons, et les excitant à combattre, autour du grand Pélagon, et d'Alastor, et de Chromios, et d'Hémon le puissant, et de Bias, pasteur dépeuples. Il plaça les cavaliers d'abord avec les chevaux et les chars et les fantassins derrière...

Le principal inconvénient des fantassins, leur principale infériorité, dit-elle, c'est qu'ils ne peuvent pas fuir dans la bataille, ou plutôt de la bataille, aussi facilement qu'ils le voudraient, par exemple aussi facilement que les cavaliers et les charretiers, si je puis nommer ainsi les hommes à char. Ne vous en étonnez pas, dit-elle. Vous savez que de fuir à propos, que la fuite opportune faisait partie intégrante de la tactique antique ; et que c'en était, dans leur pensée, une partie aussi légitime que toute autre. Et une sorte de prérogative. A ce compte aussi, et dans ce sens, les dieux étaient ce qu'il y avait de mieux, puisque pourvus de chevaux et de chars particuliers, et eux-mêmes divins, ils étaient ceux qui pouvaient fuir instantanément, et de n'importe où jusque tout de suite dans l'Olympe. Ces dieux faisaient une cavalerie excellement montée. Et encore

OEUVRES POSTHUMES par là ils n'étaient point engagés dans le sort de l'homme eldans le sort de la bataille. Et réciproquement le cavalier était par là même comme un peu plus près des dieux, comme un peu assimilé aux dieux, lui-même comme un peu dégagé de l'homme et de la bataille, du sort de l'homme et du sort de la bataille. Il était mobile, et là comme partout, et alors comme toujours le fantassin seul était irrévocablement engagé dans le sort de la bataille et dans le sort propre de l'homme. Le fantassin seul était proprement le rempart de la guerre. Et les fantassins derrière nombreux et vaillants, pour être rempart de la guerre; et les mauvais il les poussa dans le milieu, afin que même ne voulant pas chacun fit la guerre par nécessité. Et aux cavaliers d'abord il donnait des ordres; car il leur commandait d'avoir (en main, de tenir) leurs chevaux, et de ne pas faire du trouble en foule, (ou dans la foule) : (ce Nestor était la sagesse même) :

« Et que personne, se fiant à sa cavalerie, (à son art, à son talent de cavalier), et à sa virilité, ne convoite de combattre les Troyens seul en avant des autres, et ne fasse marche en arrière; car vous serez plus faciles à détruire. Et que l'homme qui sera venu de ses chars vers d'autres chars, qu'il s'étende avec la lance, (avec la javeline, qu'il gagne du champ avec la lance) : puisqu'il est beaucoup préférable ainsi. Ainsi les anciens ravageaient villes et murs, ayant dans la poitrine cet esprit et ce cœur. »

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