PRÉSENTATION DE LA B E A U C E
Nous sommes nés au bord de votre plate Beauce
Et nous avons connu dès nos plus jeunes ans
Le portail de la ferme et les durs paysans
Et l'enclos dans le bourg et la bêche et la fosse.
Nous sommes nés au bord de votre Beauce plate Et nous avons connu dès nos premiers regrets Ce que peut receler de désespoirs secrets Un soleil qui descend dans un ciel écarlate
Et qui se couche au ras d'un sol inévitable Dur comme une justice, égal comme une barre, Juste comme une loi, fermé comme une mare, Ouvert comme un beau socle et plan comme une table,
Un homme de chez nous, de la glèbe féconde A fait jaillir ici d'un seul enlèvement, Et d'une seule source et d'un seul portement, Vers votre assomption la flèche unique au monde.
Tour de David voici votre tour beauceronne. C'est l'épi le plus dur qui soit jamais monté Vers un ciel de clémence et de sérénité, Et le plus beau fleuron dedans votre couronne.
A NOTRE D A xM E DE CHARTRES
Un homme de chez nous a fait ici jaillir.
Depuis le ras du sol jusqu'au pied delà croix,
Plus haut que tous les saints, plus haut que tous les rois,
La flèche irréprochable et qui ne peut faillir.
C'est la gerbe et le blé qui ne périra point. Qui ne fanera point au soleil de septembre, Qui ne gèlera point aux rigueurs de décembre, C'est votre serviteur et c'est votre témoin.
C'est la tige et le blé qui ne pourrira pas, Qui ne flétrira point aux ardeurs de l'été. Qui ne moisira point dans un hiver gâté, Qui ne transira point dans le commun trépas.
C'est la pierre sans tache et la pierre sans faute, La plus haute oraison qu'on ait jamais portée, La plus droite raison qu'on ait jamais jetée, Et vers un ciel sans bord la ligne la plus haute.
Celle qui ne mourra le jour d'aucunes morts, Le gage et le portrait de nos arrachements. L'image et le tracé de nos redressements, La laine et le fuseau des plus modestes sorts.