‹ Œuvres complétes. Introd (volume 3)Chapitre 24 sur 34 · PRÉSENTATION DE LA BEAUGE · texte numérisé non relu

PRÉSENTATION DE LA BEAUGE

Ni le profil connu d'un arbre interchangeable. C'est déjà plus distante, et plus basse, et plus haute, Ferme comme un espoir sur la dernière côte, Sur le dernier coteau la flèche inimitable.

D'ici vers vous, ô reine, il n'est plus que la route. Celle-ci nous regarde, on en a bien fait d'autres. Vous avez votre gloire et nous avons les nôtres. Nous l'avons entamée, on la mangera toute.

Nous savons ce que c'est qu'un tronçon qui s'ajoute Au tronçon déjà fait et ce qu'un kilomètre Demande de jarret et ce qu'il faut en mettre : Nous passerons ce soir par le pont et la voûte

Et ce fossé profond qui cerne le rempart. Nous marchons dans le vent coupés par les autos. C'est ici la contrée imprenable en photos, La route nue et grave allant de part en part.

Nous avons eu bon vent de partir dès le jour. Nous coucherons ce soir à deux pas de chez vous, Dans cette vieille auberge où pour quarante sous Nous dormirons tout près de votre illustre tour.

A NOTRE DAME DE CHARTRES

Nous serons si fourbus que nous regarderons, Assis sur une chaise auprès de la fenêtre Dans un écrasement du corps et de tout l'être, Avec des yeux battus, presque avec des yeux ronds,

Et les sourcils haussés jusque dedans nos fronts, L'angle une fois trouvé par un seul homme au monde, Et l'unique montée ascendante et profonde, Et nous serons recrus et nous contemplerons.

Voici l'axe et la ligne et la géante fleur. Voici la dure pente et le contentement. Voici l'exactitude et le consentement.

Et la sévère larme, ô reine de douleur.

Voici la nudité, le reste est vêtement. Voici le vêtement, tout le reste est parure. Voici la pureté, tout le reste est souillure. Voici la pauvreté, le reste est ornement.

Voici la seule force et le reste est faiblesse. Voici l'arête unique et le reste est bavure. Et la seule noblesse et le reste est ordure. Et la seule grandeur et le reste est bassesse.

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