lD innocents
L E M Y S ï ÈRE
Joseph, (fui n était pas encore sorti du lieu où il était: et ils se prosternèrent tous ensemble à terre devant lui.
Mj
Joseph leur dit : Pourquoi avez-vous agi ainsi ? Ignorezvous quil ny a personne qui ni égale dans la science de deviner les choses cachées ?
Juda lui dit : Que répondrons-nous à mon Seigneur ? Que lui dirons-nous, et que pouvons-nous lui représenter avec quelque ombre de justice pour notre défense ? Dieu a trouvé V iniquité de vos serviteurs. Nous sommes tous les esclaves de mon Seigneur, nous et celui à qui on a trouvé la coupe.
Madame Gervaise
Joseph répondit: Dieu me garde d'agir de la sorte. Que celui qui a pris ma coupe soit mon esclave; et pour vous autres, allez en liberté retrouver votre père.
Jeannette
Juda Rapprochant alors plus près de Joseph lui dit avec assurance : Mon Seigneur, permettez, je vous prie, à votre serviteur de vous adresser sa parole, et ne vous mettez pas en colère contre votre esclave : car après Pharaon, c'est vous qui êtes
DES SAINTS INNOCENTS
MADAME IJERVAISE
mon Seigneur. Vous avez demandé d' abord à vos serviteurs : Avez-vous encore votre père ou quelque autre frère ?
Et nous vous avons répondu, mon Seigneur : Nous avons un père qui est vieux, et un jeune frère qu'il a eu dans sa vieillesse, dont le frère qui était né de la même n\èreest mort : il ne reste plus que celui-là, et son père Vaime tendrement.
Vous dites alors à vos serviteurs : Amenez-le moi, Je serai bien aise de le voir.
Mais nous vous répondîmes, mon Seigneur : Cet enfant ne peut quitter son père, car s'il le quitte, il le fera mourir.
Vous dites à vos serviteurs : Si le dernier de vos frères ne vient avec vous, vous ne verrez plus mon visage.
Lors donc que nous fumes retournés vers notre père votre serviteur, nous lui rapportâmes tout ce que vous aviez dit, mon Seigneur.
Et notre père nous ayant dit : Retournez pour nous acheter un peu de blé :
nous lui répondîmes : A'ous ne pouvons y aller. Si notre jeune frère y vient avec nous, nous irons
1. E MYSTÈRE ensemble : mais àmoins qu'Une vienne^ nous n'osons nous présenter devant celui qui commande.
Il nous répondit : Vous savez que j'ai eu deux fils de Rachel ma femme.
L'un d'eux étant allé aux champs, vous niavez dit quune bêle V avait dévoré, et il ne paraît plus jusqu k cette heure.
Si vous emmenez encore celui-ci, et quil lui arrive quelque accident dans lecheniin, vous accablerez ma vieillesse d'une a/fiiction qui la conduira dans le tombeau.
Si je me présente donc à mon père votre serviteur, et que l'enfant n y soit pas, comme sa vie dépend de celle de son fils,
lorsqu'il verra qu'il n'est point avec nous, il mourra, et vos serviteurs accablerontsa vieillesse d'une douleur qui le mènera au tombeau.
Que ce soit donc plutôt moi qui sois votre esclave, puisque je me suis rendu caution de cet enfant, et que j'en ai répondu à mon père, en lui disant: Si je ne le ramène, je veux bien que mon père m'impute cette faute, et qu'il ne me la pardonne jamais.
Ainsi je demeurerai votre esclave, et servirai mon Seigneur en la place de l'enfant, afin qu'il retourne avec ses frères.
DES SAINTS INNOCENTS Ca.r je ne puis pas retourner vers mon père sans que l'enfant soit avec nous, de peur que je ne sois moimême témoin de Vextrême affliction qui accablera notre père.
Jeannette
elle va au devant de la rccilation.
Joseph ne pouvait plus se retenir;
Madame Gervaise
Joseph ne pouvait plus se retenir ; et parce quil était environné de plusieurs personnes,
Jeannetti;
ne se retenant plus ellé-niéme et saisissant d'autorité la récitation.
il commanda. . .
elle recommence pour avoir la reconnaissance dans son plein.
Joseph ne pouvait plus se retenir; et parce quil était environné de plusieurs personnes, il commanda que Von fît sortir lout le monde, afin que nul étranger ne fût présent lorsqu'il se ferait connaître à ses frères,
Alors les larmes lui tombant des yeux, il éleva sa voix, qui fut entendue des Égyptiens, et de toute la maison de Pharaon.
1, K M Y S T K R E Et il dit H ses frères : Je suis Joseph. Mon père vil-il encore ?
Je suis Joseph ; je suis Joseph ; je suis Jésus voire frère. Qu'attendez-vous? Mon père vif-il encore ?
Madame (ihrvaise
Mais ses frères ne purent point lui répondre, tant ils étaient saisis de frayeur.
EANNETTE
// leur parla avec douceur., et leur dit : Approchez-vous de moi. Et s' étant approchés de lui, il ajouta : Je suis Joseph votre frère que vous avez vendu en Egypte.
Ne craignez point et ne vous affligez point de ce que vous m'avez vendu en ce pays-ci : car Dieu m'a envoyé en Egypte avant vous pour votre salut.
Il y a déjà deux ans que la famine a commencé sur la terre, et il en reste encore cinq, pendant lesquels on ne pourra ni labourer ni recueillir.
Dieu nia fait venir ici avant vous, pour vous conserver la vie, et afin que vous puissiez avoir des vivres pour subsister.
Ce n'est point par votre conseil que fai été envoyé ici, mais par la volonté de Dieu, qui m'a rendu comme le père de Pharaon, le maître de sa maison, et le prince de toute l'Egypte.
Hàtez-vous d'aller trouver mon père, et dites- lu i : Voici ce que vous mande votre fils Joseph: Dieu m'a rendu le maître de toute l Egypte. Venez me trouver, ne digérez point ;
vous demeurerez dans la terre de Gessen, vous serez près de moi vous et vos enfants ; et les enfants de vos enfants; vos brebis, vos troupeaux de bœufs, et tout ce que vous possédez.
Et je vous nourrirai là parce qu'il reste encore cinq années de famine, de peur qu'autrement vous né périssiez avec toute votre famille et tout ce qui est à vous.
Vous voyez de vos yeux, vous et mon frère Benjamin, que c'est moi-même qui vous parle de ma propre bouche.
Annoncez à mon père quelle est cette gloire, et tout ce que vous avez vu dans l'Egypte. Hâtez-vous de me l'amener.
Et s' étant jeté au cou de Benjamin son frère pour l'embrasser, il pleura; et Benjamin pleura aussi en le tenant embrassé.
LE M Y S T È R I
Joseph embrassa aussi tous ses frères, il pleura sur chacun d'eux ; et après cela ils se rassurèrent pour lui parler.
Aussitôt il se répandit un (/rand bruit dans toute la Cour du Roi, que les frères de Joseph étaient venus. Pharaon s'en réjouit avec toute sa maison.
Et il dit à Joseph qu'il donnât cet ordre à ses frères : Chargez vos ânes de blé, retournez en Chanaan ;
amenez de là votre père et toute votre famille, et venez me trouver. Je vous donnerai tous les biens de V Egypte, et vous serez nourris de ce qu'il y a de meilleur dans cette terre.
Ordonnez-leur aussi d'emmener des chariots de l'Egypte, pour faire venir leurs femmes avec leurs petits enfants, et dites-leur : Amenez votre père, et hâtez-vous de revenir le plus tôt que vous pourrez.
sans rien laisser de ce qui est dans vos maisons, parce que toutes les richesses de l'Egypte seront à vous.
Les enfants d'Israël. . .
Madame Gervaise
Les enfants d'Israël firent ce qui leur avait été ordonné. Et Joseph leur fit donner des chariots, selon l'ordre qu'il en avait reçu de Pharaon, et des vivres pour le chemin.
DES SAINTS INNOCENTS
Jeannette
// commanda, aussi que ion donnai deux robes à chacun de ses frères ; mais il en donna cinq des plus belles à Benjamin, et trois cents pièces d'argent.
Il envoya autant d'argent et de robes pour son père, avec dix ânes chargés de tout ce qu'il y avait déplus précieux dans i Egypte, et autant d'ânesses qui portaient du blé et du pain pour le chemin.
Madame Gervaise
// renvoya donc ses frères, et leur dit en partant : Ne vous mettez point en colère pendant le chemin.
Ils vinrent donc de l'Egypte au pays de Chanaan vers Jacob leur père.
Et ils lui dirent cette nouvelle ; Votre fils Joseph est vivant et commande dans toute la terre d'Egypte. Ce que Jacob ayant entendu, il se réveilla comme d'un profond sommeil, et cependant il ne pouvait croire ce qu'ils lui disaient.
Madame Gervaise
Ses enfants insistaient au contraire, en lui rapportant comment toute la chose s'était passée . Enfin ayant vu
LE MYSTÈRE
les chariots^ et tout ce que Joseph lui envoyait^ il reprit ses esprits ;
Jeannette
et il dit : Je n'ai plus rien à souhaiter, puisque mon fils Joseph vit encore. J'irai et je le verrai avant que je meure.
ADAME (jERVAlSE
Israël partit donc avec tout ce qu'il avait, et vint au Puits du jurement, et ayant immolé en ce lieu des victimes au Dieu de son père Isaac^
il Ventendit dans une vision pendant la nuit, qui l'appelait, et qui lui disait: Jacoh, Jacob. Il lui répimdit : Me voici.
Et Dieu ajouta : Je suis le Dieu très puissant de votre père, ne craignez point, allez en Egypte, parce que je vous y rendrai le chef d'un grand peuple.
.rirai là avec vous, et je vous en ramènerai lorsque vous en reviendrez.
Jeannette Joseph aussi vous fermera les yeux de ses mains. Madame Gervaise
Jacob étant donc parti du Puits du jurement, ses enfants l'amenèrent avec ses petits enfants et leurs femmes,
DES SAINTS INNOCENTS dans les chariots que Pharaon avait envoyés pour faire venir ce vieillard,
avec tout ce qu'il possédait au pays de Chanaan ; et il arriva en Eqypte avec toute sa race ;
ses fils, ses petits-fils, ses filles, et tout ce qui était né de lui.
Tous ceux qui vinrent en Egypte avec Jacoh, et qui étaient sortis de lui, sans compter les femmes de ses fils, étaient en tout soixante et six personnes.
Plus les deux enfants de Joseph qui lui étaient nés en Egypte. Ainsi toutes les personnes de la maison de Jacoh qui vinrent en Egypte, furent au nombre de soixante et dix.
Jeannette
Or Jacob envoya Juda devant lui vers Joseph pour l'avertir de sa venue, afin quil vint au-devant de lui en la terre de Gessen.
Quand Jacoh y fut arrivé, Joseph fit mettre les chevaux à son chariot, et vint au même lieu au-devant de son père : et le voyant il se jeta à son cou, et l'embrassa en pleurant .
L E M Y S ï È R E Jacob dit à Joseph : Je mourrai maintenant avec Joie, puisque j'ai vu votre visage, et que Je vous laisse après moi.
Madame Gervaise
Joseph dit à ses frères, et à toute la maison de son père : Je m'en vais dire à Pharaon, que mes frères et tous ceux de la maison de mon père sont venus me trouver de la terre de Chanaan où ils demeuraient :
que ce sont des pasteurs de brebis qui s'occupent à nourrir des troupeaux, et qu'ils ont amené avec eux leurs brebis, leurs bœufs et tout ce qu'ils pouvaient
Et lorsque Pharaon vous fera venir, et vous demandera : Quelle est votre occupation ?
vous lui répondrez : Vos serviteurs sont pasteurs depuis leur enfance Jusqu'à présent, et nos pères l'ont toujours été comme nous. Vous direz ceci pour pouvoir demeurer dans la terre de Gessen ' parce que les Eqyptiens ont en abomination tous les pasteurs de brebis.
Joseph étant donc allé trouver Pharaon, lui dit : Mon père et mes frères sont venus du pays de Chanaan,
DES SAINTS INNOCENTS avec leurs brebis, leurs troupeaux, et tout ce qu'ils possèdent, et ils se sont arrêtés en la terre de Gessen.
Il présenta aussi au Hoi cinq de ses frères ;
Et le Roi leur ayant demandé : A quoi vous occupezvous? ils lui répondirent: Vos serviteurs sont pasteurs de brebis, comme l'ont été nos pères.
Nous sommes venus passer quelque temps dans vos terres, parce que la famine est si grande dans le pays de Chanaan, qu'il n'y a plus d'herbe pour les troupeaux de vos serviteurs. Et nous vous supplions d'agréer que vos serviteurs demeurent dans la terre de Gessen.
Jeanisette
Le Roi dit donc à Joseph : Votre père et vos frères vous sont venus trouver.
Madame Gervaise
Vous pouvez choisir dans toute l'Egypte; faites-les demeurer dans l'endroit du pays qui vous paraîtra le meilleur, et donnez-leur la terre de Gessen. Que si vous connaissez qu'il y ait parmi eux des hommes habiles, donnez-leur l'intendance sur mes troupeaux.
Joseph introduisit ensuite son père devant le Roi, et il le lui présenta. Jacob salua Pharaon, et luisouhaita toute sorte de prospérité.