TUAITEMENÏ DU CHLORURE DE POTASSIUM PAR LE CHLORURE D AMMONIUM PUR
Tous les échantillons de chlorure de potassium indiqués ci-dessus ont été fondus avec du sel ammoniac pur, qui a été préparé en faisant passer simultanément dans de Teau pure, contenue dans un grand appareil de platine, de l'ammoniaque gazeuse et de l'acide chlorhydrique, en ayant soin de maintenir constamment Yammoniaque en excès. Les gaz ont été amenés par des tubes en caoutchouc convenablement purifié, et lestés au platine pour maintenir au fond leur bout ouvert.
La solution, répandant une odeur d'ammoniaque prononcée, a été évaporée dans l'appareil en platine jusqu'à saturation. Après le refroidissement, opéré rapidement, l'eau mère a été décantée et écartée complètement.
Le chlorure d'ammonium resté dans l'appareil ne présentait pas de réaction sodique, preuve que, dans les conditions indiquées ci-dessus, l'ammoniaque et l'acide chlorhydrique gazeux n'amènent trace de sodium. J'insiste sur ce point, car l'emploi de ce sel ammoniac pour transformer des oxydes privés de sodium en chlorures fournit toujours ces composés donnant des signes certains de la présence du sodium lorsque ces chlorures
. sont hygi^ométi'iques. Dans l'exposé de mes recherches sur le chlorure de calcium, je reviendrai sur ce sujet.
Ayant constaté que le sel ammoniac divisé emprunte rapidement du sodium à l'air, j'ai pris le parti de le sublimer dans le platine, au sein d'une atmosphère d'ammoniaque sèche. A cet effet, j'ai placé sur une rondelle de tôle d'une étuve à gaz, que j'ai décrite et figurée page 555 de mes Nouvelles recherches sur les lois des proportions chimiques, la cornue de platine contenant le sel à sublimer, en prenant la précaution de laisser en dehors de l'éluve les deux tiers supérieurs de la cornue, et d'abriter celte partie à l'aide d'une seconde rondelle de tôle contre le courant gazeux porté à la température de la volatilisation du sel ammoniac.
Après avoir engagé, à frottement, le col du chapiteau de la cornue, aussi avant que possible, dans un long tube, j'ai fait passer par celui-ci, et jusqu'à l'entrée du dôme du chapiteau, un tube à dégagement d'ammoniaque sèche, adapté, à l'aide d'un bouchon, au bout opposé de celui-ci.
I/air de la cornue étant complètement remplacé par de l'ammoniaque sèche, j'ai réglé de la manière suivante la chaleur à donner au courant gazeux provenant de la combustion du gaz de l'éclairage, pour produire une sublimation lente du sel ammoniac. Dans ce but, j'ai disposé contre le fond de la cornue de platine, en remplacement d'un thermomètre, un tube bouché par un bout, contenant du sel ammoniac et dont le bout ouvert sortait de l'étuve. Lorsque, par suite de l'élévation de la température du courant gazeux, j'ai vu se déposer lentement du sel ammoniac sous forme d'anneau sur la partie du tube bouché sortant de l'étuve, j'ai maintenu, pendant cinq heures, constant, à l'aide d'un régulateur, le courant de gaz de l'éclairage en combustion dans l'étuve. Cinq heures sont effectivement nécessaires pour la sublimation lente d'environ 150 grammes de sel ammoniac, quantité sur laquelle j'ai opéré.
Je suis entré dans ces détails minutieux, parce que j'en ai été sollicité par des chimistes qui, ayant voulu se procurer du sel ammoniac sublimé
dans le platine, en se conformant aux indications consignées page 475 de mes Nouvelles recherches sur les lois des proportions chimiques, ont échoué dans leur tentative.
Le sel ammoniac volatilisé dans les conditions que je viens de décrire se condense dans la cucurbite même, sous forme d'un anneau très épais, transparent, incolore, élastique, qui se détache spontanément après quelque temps de refroidissement, en devenant tout à fait opaque. Le chapiteau se remplit de sel ammoniac pulvérulent, exhalant une forte odeur d'ammoniaque, et empruntant rapidement du sodium à l'air.
Le chlorure d'ammonium sublimé ne communique aux flammes aucun caractère sodique; mais conservé sous une cloche, à l'abri des poussières de l'air, il condense lentement à sa surface des composés sodiques, comme le font d'ailleurs tous les corps solides, dans des conditions analogues.
Je reviens au traitement du chlorure de potassium par le chlorure d'ammonium.
Pour opérer la fusion du chlorure de potassium, j'ai placé au fond d'un grand creuset de platine, absolument privé de fer (*), d'abord un lit de chlorure alcalin en poudre cristalline, puis un fragment de sel ammoniac, et j'ai rempli ensuite le creuset du chlorure à fondre mêlé de quelques petits fragments de sel ammoniac. Après avoir couvert le creuset de son couvercle, je l'ai chaulTé lentement au rouge sombre, puis maintenu au moins
(1) On prive un creuset confectionné avec du platine pur, du fer que le martelage y introduit, en le traitant au rouge sombre par du chlorure d'ammonium. On répète ce traitement jusqu'à ce qu'on obtienne, par la fusion d'un mélange de chlorure alcalin et de sel ammoniac purs, un culot de chlorure fondu, complètement incolore. Tant que le platine retient des traces de fer, un chlorure alcalin qu'on fond dans ce métal avec du sel ammoniac produit une masse colorée en rouge ou en rose, et abandonne de l'oxyde ferrique par sa dissolution dans l'eau. Les chlorures alcalins fondus dissolvent sensiblement de l'oxyde ferrique et l'abandonnent par le refroidissement, il sufiitde reprendre par de l'eau froide les chlorures ferrifères fondus, pour obtenir par filtrat ion de la solution et l'évaporalion du liquide, une masse saline tout à fait blanche, qu'on peut fondre dans un creuset de platine pur avec du sel ammoniac, pour obtenir, par la solidification, un culot absolument incolore.
quinze minutes au rouge vif, jusqu'à ce que, en soulevant le couvercle, les bulles gazeuses, qu'on, observe sur les parois d'un creuset contenant du chlorure alcalin fondu avec du sel ammoniac, eussent disparu. J'ai coulé rapidement le chlorure dans une capsule de platine, récemment rougie et refroidie. Si l'opération a été bien conduite, c'est-à-dire si le chlorure a été maintenu suffisamment longtemps en fusion à température élevée, le culot est incolore, limpide, transparent et ne renferme aucune bulle gazeuse.
Lorsque j'ai constaté la présence de bulles, signe de l'existence du sel ammoniac ou des produits de la décomposition, j'ai soumis le culot à la refoute dans un double creuset de platine pur, et j'ai versé ensuite le chlorure fondu dans une capsule de platine.
Les culols refroidis ont été concassés dans un mortier d'asjathe, et les cassons, dont les bords élaient devenus laiteux, introduits dans des flacons bouchés à l'émeri.
Provenant de chlorate et de perchlorate ne laissant à la volatilisation aucune trace de matière fixe, je me suis naturellement dispensé de rechercher à nouveau si les chlorures en contiennent. Les soins minutieux et fastidieux, mais indispensables lorsqu'il s'agit de résoudre des questions de principe, que j'ai pris pendant le travail de préserver les sols de la chute des poussières siliciques et sodiques de l'atmosphère, répondent assez de leur degré de pureté.