HUILES. — GRAISSES. — MASTICS
Aucun progrès n'a été signalé pour la fabrication des huiles destinées à l'éclairage, ou à l'usage des machines ou de l'horlogerie. On a constaté, au contraire, que la fraude qui s'exerce depuis de longues années déjà dans le commerce des huiles s'est considérablement étendue, et que cette industrie a dévié d'une manière déplorable de la voie de la loyauté, qui doit présider aux transactions commerciales et industrielles. La fraude a tellement envahi les huiles animales, et notamment les huiles dites de pieds de bœuf, qu'on n'en rencontre plus guère de pure ; souvent même celle que fournit le commerce n'en renferme plus de trace.
Le jury s'est trouvé dans une position délicate pour émettre un jugement sur la valeur des huiles destinées aux machines et surtout à l'horlogerie.
Ce genre de produits ne se juge que par l'expérience, qui exige un temps considérable; il s'est donc borné pour ces dernières à constater leur point de fusion et leur action sur le cuivre.
Un progrès véritable a été constaté pour les huiles dites tournantes. M. Bissé, à Cureghem lez-Bruxelles, a communiqué au jury un procédé qu'il a découvert pour produire, à l'aide de l'huile de colza ordinaire, l'huile dite tournante, destinée à la teinture en rouge d'Andrinople et à l'ensemage des laines. Les attestations fournies par un grand nombre de teinturiers, tant étrangers que belges, ne laissent aucun doute sur la bonté de ce produit, qui constitue un perfectionnement notable, vu qu'il permet de remplacer un corps d'un prix relativement élevé par une matière moins chère.
La distillation de la résine commune est devenue l'objet d'une fabrication très importante, ayant pour objet de transformer en une substance de la consistance du savon mou, l'huile dite grasse, qui prend naissance dans cette distillation.
La Belgique est un des pays où cette fabrication s'est établie en premier lieu et sur la plus vaste échelle. Les nombreuses usines qu'elle possède et qui emploient considérablement de moteurs mécaniques, utilisent cette matière savonneuse en fort grande quantité. Parmi les industriels qui ont le plus contribué au perfectionnement de ce produit se trouve M. Serbat, qui possède une usine à Quiévrain et une autre à Saint-Saulve, près de Valenciennes. Depuis 1845, cet industriel a fait connaître le moyen fort rationnel qu'il emploie pour préparer cette substance, d'une consistance toujours uniforme. Mais M. Serbat s'est présenté avec une autre découverte, qui a reçu déjà la sanction de la pratique. On sait combien laissent à désirer les mastics employés pour luter les joints d'assemblage des machines à vapeur, des pompes, et, en général, de tous les conduits destinés à livrer passage à l'eau et à la vapeur. Le mastic ordinaire au minium remplit incontestablement le but; mais conservé en magasin, et même sous l'eau,
ce mastic se solidifie ^u bout de peu de temps, et la provision est perdue lorsque le moment est venu de s'^n servir. M. Serbat a imaginé un autre lut, dans lequel le peroxyde de manganèse du commerce remplace le minium. 11 se composé de sulfate de plomb calciné, de peroxyde de manganèse finement pulvérisé et d'huile de lin, le tout transformé en une pâtéi A la température ordinaire, cette pâte conserve fort longtemps sa consis' tance; mais dès qu'elle est chauffée jusqu'à 100% elle acquiert une dureté extrême et une imperméabilité complète. En France, ce mastic est employé pour la marine de l'État; son usage commence aussi à se répandre en Belgique.