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BOUGIES STÉARIQUES

La fabrication des bougies stéariques, qui depuis une vingtaine d'années à peine s'est élevée au rang des grandes industries, a pris, dans ces derniers temps, un développement considérable, inespéré. Les produits dé cette industrie étaient, en effet, parmi les plus importants que le jury des arts chimiques ait eu à juger. Toutes les nations, même celles où les arts chimiques ont fait le moins de progrès, ont envoyé des bougies; la France occupait le premier rang dans ce concours; c'est tout naturel : l'industrie Stéarique y a pris naissance. La Belgique y occupait une place fort honorable.

• De grands perfectionnements ont été accomplis; des procédés nouveaux de fabrication ont été découverts : les uns pour traiter les corps gras employés déjà dans cette fabrication, les autres pour faire servir à la préparation des acides gras, des matières restées jusqu'à ce jour sans emploi.

La majeure partie des bougies exposées étaient produites par la saponification calcaire, teWe que MM. De Milly et Motard l'ont imaginée, en créant l'industrie stéarique.

Les trois exposants belges qui ont pris part au concours, et qui sont MM. Delstanche et f^eroy, à Bruxelles, MM. Van Campenhoudt et G'% à

Gentbrugge ]ez-Gand, et M. de Roubaix-Jenar, successeur de Quanone, à Çureghem lez-Bruxelles, avaient envoyé des bougies confectionnées à l'aide d'acides gras fabriqués par ce procédé. Un d'entre eux, M. De Roubaix-Jenar, avait également exposé des bougies produites à l'aide de l'acide gras obtenu par saponification sulfurique et la distillation. Cet industriel avait, en outre, exposé des savons.

Une autre partie des bougies exposées étaient confectionnées à l'aide d'acide gras obtenu par la saponification sulfurique et la distillation du suif, de l'huile de palme, des graisses communes, etc. Notre pays possède déjà deux usines où l'on travaille d'après ce système.

Les renseignements précis que nous possédons sur l'une d'elles nous permettent d'affirmer que, sous le rapport de la perfection de cette fabrication, nous n'avons plus rien à envier à d'autres nations, même les plus avancées. Nous ajouterons que ce travail s'exécute chez nous avec une économie telle, que nous pouvons lutter sur le marché extérieur avec les usines les plus considérables de l'Angleterre. Pour le détail de ce genre de fabrication des acides gras, nous renvoyons au rapport que nous avons fait, pour le jury international, sur l'industrie stéarique. Nous nous expliquerons tantôt sur la qualité des produits distillés, comparativement à ceux obtenus par la saponification calcaire.

Les produits exposés et les documents transmis au jury ont révélé trois procédés nouveaux de fabrication d'acides gras destinés au moulage des bougies : l'un appartient à l'Angleterre, l'autre à la France, et la Belgique peut revendiquer une large part du troisième. ^

;)Y t SAPONIFICATION AQUEUSE SUIVIE DE LA DISTILLATION.

On sait, depuis Irente années au moins,que les corps gras neutres, soumis à la distillation, fournissent des acides gras, qu'upe simple pression rend propres à la confection des bougies. Mais personne n'était parvenu, jusqu'à

ce jour, à empêcher la décomposition de la glycérine et la production de l'acroléine, qui rend le travail complètement impossible à cause de ses propriétés irritantes. 11 était réservé à M. G.-H. Wilson, directeur de la Compagnie Price, à Londres et à Liverpool, de résoudre cet important problème. Dans l'usine de Battersea, que M. Wilson dirige avec tant d'habileté, on opère aujourd'hui la saponification aqueuse et la distillation des corps neutres, de manière à recueillir à la fois les acides gras et la glycérine indécomposée. Il suffit pour cela de chauffer et de maintenir la matière grasse dans un vase distillatoire en fonte, à une température comprise entre 290" et 315°, et d'y faire passer par barbotage de la vapeur d'eau surchauffée à 515^.

Le compartiment anglais renfermait de magnifiques produits obtenus à l'aide de ce moyen. Ce procédé est surtout applicable à la saponification de l'huile de palme; il fournit toute la matière grasse renfermée dans l'huile, tandis que la saponification sulfurique en détruit toujours de 7 à 10 p. c.

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