SAPONIFICATION CALCAIRE EN VASE CLOS ET A HAUTE PRESSION
La saponification calcaire par le procédé ordinaire exige de 14 à 15 p. c. de chaux et une quantité équivalente d'acide sulfurique pour décomposer le savon calcaire produit. M. De Milly, qui a créé avec M. Motard la saponification calcaire ordinaire, a trouvé que la saponification peut très bien s'effectuer avec 4 p. c. de chaux, lorsqu'on porte et qu'on maintient dans un autoclave la température du mélange de suif, d'eau et de chaux, à 150 ou 155^ Les acides gras produits par cette nouvelle méthode, qui est suifie dans l'usine de M. De Milly, à la Chapelle près Paris, sont d'une excellente qualité. Ce procédé présente incontestablement de grands avantages sur l'ancien. Abstraction faite de la main-d'œuvre, il offre une économie de 72 à 75 p. c. sur l'acide sulfurique. Néanmoins, il nous paraît moins économique que le moyen imaginé par M. Melsens, qui permet d'exclure d'une manière absolue l'intervention de la chaux et de l'acide sulfurique pendant la saponification.
QUALITÉS DES BOUGIES d'aPRÈS l'oRIGINE DES AUDESGRAS EMPLOYÉS A LEUR CONFECTION.
L'examen auquel on a soumis les bougies exposées a permis de constater que les bougies formées par des acides volatils (et ceux obtenus par
la distillation sont dans ce cas), brûlent toutes avec une flamme plus blanche que celle des bougies stéariques. Néanmoins, comme les bougies d'acides distillés ont, en général, un point de fusion plus bas que celui des bonnes bougies stéariques, elles sont plus sujettes à couler sous Tinfluence de Tagitation de l'air ; elles sont également plus tendres et partant plus cassantes que ces dernières, ce qui maintient toujours le premier rang aux bougies confectionnées à l'aide de l'acide fabriqué par la saponification calcaire ou aqueuse du suif.
Un fabricant de Berlin, M. Motard, pour obvier à l'inconvénient du coulage des bougies distillées, et dans le but de les rendre moins cassantes, les entoure d'une robe d'acide stéarique. Ce moyen, d'ailleurs, est employé pour confectionner des bougies avec des matières grasses neutres ; la Compagnie Price, à Londres, fabrique des bougies robées contenant de la graisse solide d'huile de palme décolorée et d'huile de coco. Mais les bougies de ce genre, quoique brûlant avec une belle flamme, coulent cependant trop par l'agitation de l'air.
On rencontre aujourd'hui dans le commerce beaucoup de bougies robées renfermant un mélange d'acide stéarique et de suif. C'est une véritable fraude, parce que les fabricants qui se la permettent ne font jamais connaître l'existence du corps gras neutre. On s'assure très aisément de la présence du suif : celles qui en renferment répandent, lorsqu'on vient à les éteindre, une odeur très désagréable.
La fabrication des bougies stéariques répond à un besoin réel de la société; elle a résolu le problème d'un excellent éclairage de luxe, même pour la classe moyenne. Mais elle laisse intact le problème de l'éclairage de la classe peu aisée, qui continue à se servir, soit de mauvaises lampes qui fument, soit de chandelles. Toutefois, à en juger par les produits exposés par M. le docteur Motard, ce problème important est en voie de solution. Ce savant industriel, qui a rendu tant de services à l'industrie stéarique, a imaginé de couler directement l'huile de palme distillée,
c'est-à-dire sans soumettre à la pression les acides gras liquides et solides obtenus. Les bougies qu'il a produites ainsi peuvent rivaliser, par l'aspect extérieur, avec les meilleures chandelles mouléçs; elles brûlent aussi biei^ que certaines bougies stéariques de deuxième qualité, et leur prix de revient n'est pas sensiblement supérieur à celui c^es bonnes chandelles, qui ont l'inconvénient de sentir mauvais et d'exiger l'emploi de mouchettes.
D'après le désir que nous en avons exprimé, un industriel du pays fait en ce moment des essais en grand dans cette direction.