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OUTREMER ARTIFICIEL

Il y a cinq années à peine que l'outremer artificiel se fabriquait encore dans quelques usines privilégiées, oii Ton tenait bien secret le procédé de fabrication. Aujourd'hui, il se prépare avec une grande perfection dans plusieurs pays, et notamment en France, en Belgique, dans le grand-duché de Bade et en Prusse.

La Belgique, qui, il y a quatre années encore, était tributaire de l'Allemagne et de la France, n'a aujourd'hui plus rien à envier pour ce produit à n'importe quelle nation, grâce à un industriel de Gand, M. Eugène Brasseur. S'inspirant des méthodes allemandes les plus perfectionnées, il s'est élevé du coup au premier rang dans ce genre de fabrication. En effet, de l'avis de tous les hommes compétents, la collection des différents outremers, exposés par lui, était une des plus remarquables de l'exposition. Pour bien en faire apprécier le mérite, nous sommes obligé de dire que l'on connaît à l'outremer plusieurs nuances : on a l'outremer pur bleu:

Toulremer violet; l'oulremer violet rosé; l'outremer vert, La qualité de ces différents outremers dépend de leur richesse en matière colorante, de leur finesse et, de plus, pour les outremers violets et violets rosés, de leur plus ou moins grande résistance à l'action de l'alun. Mais, sur trente-quatre exemplaires d'outremers pur bleu, M. Brasseur a eu le deuxième rang pour la richesse en matière colorante et le quatrième pour la finesse ; et pour les outremers violets et violets rosés, il a obtenu le premier rang pour la résistance à l'alun et le troisième pour la finesse et la beauté de la nuance.

Pris en eux-mêmes, les outremers exposés par M. Brasseur ofi'rent beaucoup d'éclat et une grande finesse de ton. Son bleu pur et son bleu clair sont très vifs et d'une fort belle nuance; leur richesse en matière colorante les place immédiatement après le bleu extra-fin de M. Guimet, l'inventeur de cet outremer, et qui a occupé la première place.

Son bleu foncé, destiné aux impressions et à la fabrication du bleu d'azur, présente une couleur extraordinairement vive et une finesse fort grande pour une coloration si intense.

Son violet rosé est remarquablement beau et d'une finesse extrême; il supporte le contact de l'alun sans changer de teinte, qualité bien rare parmi les outremers. Car les violets et même les violets rosés qui résistent le mieux, passent souvent au bleu pur ou légèrement teinté de vert.

Nous sommes heureux de dire que, dans son ensemble, il n'y avait pas, à l'exposition, de collection plus complète et plus satisfaisante.

Exposition universelle de Londres, 1862.

Rapport sur les substances animales et végétales

employées dans l'industrie.

Eq parcourant les objets exposés par les différentes nations dans la IV* classe, les visiteurs ont pu se convaincre combien une classification systématique des produits industriels est difficile, sinon impossible à établir. D'après le plan adopté, cette classe devait comprendre toutes les substances animales et végétales employées dans l'industrie et tous les produits manufacturés qui en dérivent. Ceux qui connaissent l'immense variété de matières premières, et les transformations que la main de l'homme leur imprime, peuvent se faire une idée de la multiplicité des objets que le jury de cette classe a dû juger, et des déviations qu'on a été forcé d'apporter au plan adopté, dans un but de simplification. Le nombre des objets rangés dans la classe était tel qu'une des quatre sections dont elle se composait a eu à examiner et à comparer au delà de douze mille produits. Pour rendre le jugement possible, il a fallu ranger dans une autre classe, tantôt la matière première, tantôt le produit fabriqué. Il serait sans but de tracer ici le tableau, même succinct, de toutes les substances et de tous les produits manufacturés exposés. L'industrie du pays que je dois avoir spécialement en vue, n'en utilise qu'un nombre relativement restreint, et ceux-là sont parfaitement connus de ceux qui les emploient. Je vais donc me borner à faire un exposé de la situation des

industries rangées dans la IV« classe, en tant qu'elles sont exercées dans notre pays, ou qu'elles peuvent l'intéresser. J'essayerai surtout de rechercher les progrès accomplis depuis 1855, en indiquant en même temps les perfectionnements qui me paraîtront devoir encore être apportés; enfin je signalerai la part qui revient à la Belgique dans les progrès réalisés. En me renfermant dans ce plan restreint, j'ai à parler de l'industrie des corps gras, des savons, des hydrocarbures employés pour l'éclairage, des matières animales, gélatines et colles, des matières textiles, lin, chanvre, etc., etc. La Belgique, en effet, a envoyé les produits de ces différentes industries. Quoique la place qui leur a été assignée ait été en général assez modeste, l'exposé dans lequel je vais entrer prouvera, je l'espère du moins, que nos industriels ont bien mérité du pays.

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