‹ OEuvres complètesChapitre 59 sur 124 · BOUGIES · texte numérisé non relu

BOUGIES

Des places d'honneur ont été réservées par l'Angleterre, l'Autriche, la Belgique et la Hollande aux bougies exposées par des industriels de ces pays. L'importance que les commissions directrices ont attribuée à ces objets a été considérée au moins comme exagérée par quelques critiques. Je ne saurais partager cette opinion. A mon sens, l'importance d'une industrie ne se mesure pas seulement par les services que ses produits rendent à la société entière, mais aussi par son développement et par l'intelligence qu'on doit mettre en œuvre pour l'exercer. Sous ce double rapport, l'industrie des acides gras ne cède le pas à aucune fabrication moderne. Née depuis un quart de siècle, et restée la moitié de ce temps confinée dans trois ou quatre pays, elle s'est propagée aujourd'hui au point qu'elle est pratiquée par tous les peuples chez lesquels il y a un mouvement industriel sensible. Reposant en entier sur les données de la science, elle exige, pour être exercée avec profit, des connaissances positives étendues, et plus d'intelligence qu'une foule d'autres fabrications que l'on considère, à juste titre, comme d'une haute importance, mais dont l'empirisme le plus aveugle est le seul guide. D'ailleurs, les considérations dans lesquelles je vais entrer sur les progrès réalisés par cette industrie, justifieront amplement le rang qu'on lui a assigné dans l'Exposition universelle de Londres.

Dans le rapport rédigé en 1855, au nom du jury international de l'exposition universelle de Paris, j'ai exposé la situation de l'industrie

des acides gras à cette époque. A cette occasion, j*ai fait connaître la part qui revient à chaque nation et à chaque individu dans tous les progrès accomplis. Je ne puis pas revenir ici sur ce sujet. Pour caractériser la situation actuelle, je supposerai connu du lecteur mon précédent travail, auquel d'ailleurs je renvoie ceux qui voudraient se faire une idée exacte de la matière que je vais essayer de traiter.

A cette époque, la fabrication des acides gras destinés à la confection des bougies se pratiquait :

1" Par la saponification calcaire du suif à la pression ordinaire;

2" Par la saponification sulfurique du suif et du beurre de palme, suivie de la distillation;

3° Par la saponification aqueuse du beurre de palme combinée avec la distillation de la glycérine et des acides gras produits;

4° Par la saponification aqueuse du suif à haute pression ;

5** Par la saponification alcaline du suif à haute pression, avec réduction des deux tiers de l'alcali employé dans la saponification calcaire ordinaire.

Les acides et les bougies exposés à Londres ont tous été fabriqués à l'aide de l'un ou de l'autre de ces moyens; de sorte qu'on peut dire d'une manière générale que, pendant les sept années écoulées, aucun procédé basé sur un principe nouveau n'a été découvert ou mis à profit dans cette industrie. Tout en proclamant ce fait, je m'empresse d'ajouter que des modifications profondes ont été apportées à quelques-uns des procédés existants, et que ces modifications ont eu pour résultat de changer les conditions économiques de la fabrication.

De plus, quelques-unes des lacunes signalées dans mon rapport de 1855 ont été comblées, et des questions restées obscures ont été éclaircie^. Je vais maintenant essayer d'exposer le plus brièvement possible ces différents points.

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