HYDROCARBURES
HUILE DE schiste; PÉTROLE ; PARAFFINE.
L'existence \les huiles minérales et des bitumes est connue de toute antiquité; Pline l'Ancien et Tacite en parlent à plusieurs reprises dans leurs ouvrages. Depuis un tiers de siècle au moins, on sait que la distillation des schistes bitumineux, des lignites, de la houille, du bois, peut fournir des hydrocarbures analogues ou identiques à ceux existant dans les huiles minérales; on n'ignorait pas non plus que ces hydrocarbures, brûlés dans des conditions convenables, produisent une belle lumière. La simple indication de ces faits étonne ceux qui les apprennent; ils se demandent comment l'application de ces huiles à l'éclairage privé et public ait tardé si longtemps à s'effectuer. D'abord, il est parfaitement inexact de prétendre que cette application ne date que d'une année ou deux, comme beaucoup de personnes le croient. Depuis dix à quinze ans, des lampes spéciales ont été imaginées, et elles ont servi en Allemagne, en Angleterre, en France, chez nous même, pour brûler les différents hydrocarbures. Mais, dit-on, leur emploi ne s'est pas généralisé. La raison en est simple : tout progrès est lent à s'accomplir; l'homme est pétri de préjugés et de .routine; il est de plus victime des intérêts opposés. Partout où l'usage tendait à se propager, n'a-t-on pas vu la presse, semblable à ces échos complaisants, répéter, en les exagérant ou même en les altérant, les quelques rares accidents inséparables de l'emploi de toute matière nouvelle capable de servir facilement à l'éclairage? L'exposition de Londres a dû dessiller les
yeux des moins clairvoyants. Les hydrocarbures ont pris décidément la place qui leur revient parmi les moyens dont l'homme peut disposer pour se procurer une belle lumière, et j'ajouterai, pour se chauffer ; je considère donc comme définitive cette nouvelle conquête. Toutes les nations chez lesquelles on remarque un mouvement industriel très prononcé ont envoyé, soit des huiles minérales brutes, soit les produits que l'on en a retirés et que l'industrie et l'économie domestique utilisent. Les États-Unis et le Canada ont exposé leur pétroléum brut et leurs huiles d'éclairage (il est parfaitement établi que, pendant l'année 18G2, les États-Unis seuls ont expédié en Europe au moins cent millions de litres de pétroléum); l'Inde, le naphte de Rangoon; l'Angleterre, toute la série des produits extraits du naphte de Rangoon (Price's Patent Candie C°j, du bog-head d'Ecosse, des ligniles (cannel coal de Wigau, de Wamys, M. Young, de Bathgate, près d'Edimbourg); la Belgique, la série des hydrocarbures extraits du schiste bitumineux d'Ecosse (M. Coosemans et C'% de Berchem lez- Anvers); la France, les hydrocarbures liquides et solides des schistes d'Autun, du boghead (MM. Cogniet et Maréchal, de Paris, et M. Saint-Galland, de Dieppe); l'Autriche, la Prusse (M. le docteur Hubner, de Remsdorf, près de Zeilz), la Saxe (la société de Weissenfels), tous les produits provenant des différents lignites de TAllemagne.
Toutes ces matières, rangées dans l'ordre de leur plus grande volatilité, sont :
1" Les naphtes rectifiés, d'un poids spécifique de 0.000 à 0.700;
2° Les huiles destinées à l'éclairage qui se subdivisent, suivant leur volatilité, tantôt en deux, comme cela se pratique en Angleterre, en Belgique et en France; tantôt en quatre qualités, comme c'est le cas en Allemagne. Fractionnées en deux, elles sont désignées sous le nom de :
a. Pélrolène ou huile photogène, dont le poids spécifique varie de 0.795 à 0.810:
h. Huile solaire ou plutôt huile pour lampes solaires et dont la densité varie de 0.810 à 0.850.
Fractionnées en quatre parties, elles sont appelées :
A. Huile [iliold.-riK; ili> salnii. dciisiii' 0.770
B. Huile photogèiie, doiisilé 0.7'.ir)