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CONTENUS DANS CEUX-CI ; LA VESSIE

§ 18. Ce vase renferme dans l'ordre suivant ces différents objets : 1" les intestins, 2° la vessie, 5' l'estomac, 4" au fond, le contenu de cet organe. Les intestins sont extraits d'abord et divisés en deux parties.

Les gros intestins, auxquels j'ajoute la vessie, sont introduits dans un flacon bouché à l'émeri, renfermant environ un litre et demi d'alcool pur.

Les intestins grêles, ainsi que le duodénum, sont également placés dans un flacon bouché à l'émeri et contenant environ un litre d'alcool pur.

L'estomac, préalablement lavé deux fois, à l'eau distillée, est examiné (le résultat de cet examen sera exposé plus loin), et placé dans un flacon bouché à lemeri, contenant un demi-litre environ d'alcool pur.

Au fond du vase se trouve le contenu de l'estomac, sous la forme d'une bouillie d'un gris rosé, dans laquelle on reconnaît des débris de viande en voie de digestion, d'autres non digérés, des débris de carottes et d'un tissu végétal, qui me semble être des fragments d'endives ou de chicorée. Cette bouillie exhale une odeur infecte, extraordinairement repoussante; elle rougit fortement le papier de tournesol. Elle est divisée en deux parties égales : l'une est additionnée de trois à quatre fois son volume d'alcool pur et introduite dans un flacon bouché à l'émeri ; l'autre est mêlée aux eaux de lavage de l'estomac. Celle-ci est immédiatement soumise à l'examen.

Examen de l'estomac.

§ 19. La moitié du contenu de l'estomac, jointe aux eaux de lavage de cet organe, est jetée sur un filtre de papier préalablement mouillé à l'eau distillée; il fournit un liquide limpide, vert par réflection et rouge sale par réfraction. Il présente les propriétés suivantes : il rougit vivement le papier bleu de tournesol et exhale une odeur infecte.

5^ 20. Une faible partie du liciuide, additionné d'une solution d'acide sulfhydrique, devient opalin, sans se colorer; après vingt-quatre heures, il dépose quelques flocons gris insolubles dans l'ammoniaque et dans l'acide azotique.

§ 2i. Une autre très faible partie du liquide, additionnée de sulfhydrate d'ammoniaque, dégage de l'acide sulfhydrique et se trouble sensiblement; au bout de vingt-quatre heures, il dépose des flocons gris, insolubles dans lammoniaque et dans l'acide azoticjue froid.

§ 22. Une autre très faible partie, mise en contact de l'eau de baryte, se trouble très sensiblement; au bout d'un quart d'heure, il dépose un précipité caséeux qui se dissout presque intégralement dans l'acide acétique.

Recherches d'un acide volatil dans le cou tenu de l'estomac.

§ 25. Le restant du liquide formant au moins les quatre-vingt-dix-neuf centièmes du tout, est introduit dans une cornue tubulée et bouchée à l'émeri, à laquelle se trouve adapté un récipient en verre surmonté d'un tube, à l'aide d'un bouchon de verre usé et percé. Le col de la cornue est usé, à l'aide de l'émeri, dans le récipient, afin d'éviter l'emploi de bouchon de liège ou de lut qui pourraient introduire des matières étrangères.

La cornue est placée dans un bain d'eau et soumise ainsi à l'action de la chaleur. Le liquide entre en ébullition au-dessous du degré de l'ébullition de l'eau; il se coagule en même temps en se décolorant et en déposant des matières animales qui s'attachent aux parois du vase. Il distille un liquide incolore, infect, légèrement alcoolique, qui rougit très manifestement le papier de tournesol. Quand le liquide qui se trouve dans la cornue cesse de bouillir dans le bain d'eau bouillante, celui-ci est remplacé par un bain d'eau saturée de sel marin; la cornue est maintenue dans ce milieu pendant cinquante-deux heures. Le liquide est réduit ainsi aux deux tiers de son volume primitif, mais il s'est coloré en jaune foncé et les matières qui sont

en solution semblent avoir éprouvé une certaine altération. Le produit qui distille est toujours incolore et rougit fortement le tournesol- Au bout de ce temps, la distillation ne faisant que des progrès excessivement lents, la cornue est retirée du bain et chauffée à feu nu. Au fur et à mesure que le liquide se concentre, il se colore de plus en plus; les matières dissoutes semblent s'altérer davantage. L'ébuUition en devient fort difficile par une mousse considérable qui se produit et qui monte jusqu'au col même de la cornue, quoique celle-ci ne renferme au plus qu'un quart de son volume de liquide.

§ 24. Ces difficultés de continuer régulièrement l'opération entreprise pour la recherche et le dosage de l'acide volatil contenu dans le liquide de l'estomac, jointes à l'altération sensible qu'éprouvent, par suite de l'application prolongée de la chaleur, les matières en solution dans ce liquide, me déterminent à interrompre l'opération et à extraire de la cornue une certaine quantité du liquide, afin de rechercher si indépendamment de l'acide qui se volatilise, le contenu de l'estomac ne renferme pas quelque substance minérale susceptible d'altérer les matières organiques, ou bien quelque matière organique, de nature vénéneuse, capable de s'altérer par l'action prolongée de la chaleur.

A cet effet, les expériences suivantes sont faites :

§ 25. Une partie du liquide extrait est évaporée dans un verre de montre jusqu'à consistance sirupeuse ; le sirop est brunâtre, très acide, et répand l'odeur d'un résidu de vinaigre de vin; traité par l'alcool concentré, celui-ci en dissout une certaine quantité et laisse à l'état insoluble une matière filante, très brillante, brunâtre. La solution alcoolique est évaporée à son tour et fournit un résidu légèrement jaunâtre, qui, mis en contact avec de l'acide azotique concentré et froid, s'y délaye en se décolorant plus ou moins fortement. Au bout d'un quart d'heure, le mélange jaunit et produit une trace de matière d'apparence résineuse.

I 26. Une autre partie est traitée comme il est dit au paragraphe pré-

cèdent par Talcool; le résidu est additionné d'un mélange formé de trois parties d'acide azotique et d*une d'acide sulfurique froid; il se dissout dans l'acide sans produire la moindre coloration particulière.

§ 27. Une autre partie mise en contact de l'acide sulfurique concentré brunit fortement et exhale une odeur de vinaigre.

§ 28. Une autre petite partie est mêlée avec une solution d'acide suifhydrique ; le mélange opalin est introduit dans un petit flacon bouché à l'émeri et abandonné pendant vingt-quatre heures. Au bout de ce temps, il dépose un précipité floconneux grisâtre; le liquide surnageant reste opalin et orange.

§ 29. Une autre petite partie est mise en contact d'une solution aqueuse de sulfhydrale d'ammoniaque. Il se décolore en dégageant de l'acide sulfhydrique et précipite en même temps des flocons gris insolubles dans l'ammoniaque. Ces flocons sont formés de soufre pur.

§ 30. Une autre petite quantité, mise en contact avec l'eau de baryte, se trouble plus ou moins fortement, mais le trouble disparaît presque entièrement par l'acide chlorhydrique.

§ 31 . Une autre petite quantité essayée par l'azotate d'argent se trouble très fortement, le mélange se prend, pour ainsi dire, en une masse caséeuse jaunâtre. Cette masse disparaît presque entièrement dans l'acide azotique, sauf une trace qui, après dépôt et lavage à l'eau, est traitée par l'ammoniaque qui la dissout complètement.

g 32. Une autre partie est môlée d'une solution de potasse caustique, le mélange brunit et dégage une odeur animale et viveuse en même temps,

§ 33. Pour découvrir la matière qui communique à ce liquide cette odeur vireuse, l'expérience suivante est tentée : une quantité un peu plus forte de la matière est extraite de la cornue et mêlée à deux fois son volume d'alcool anhydre. Le mélange se trouble, il dépose, au bout de vingt-quatre heures, une masse gluante, excessivement faible par rapport à la quantité de liquide employée. La liqueur alcoolique qui surnage est rougeâtre ; elle

est décantée et évaporée aux trois quarts sans la faire bouillir, le résidu est additionné d'une solution concentrée de potasse caustique qui la colore très fortement en brun. Le mélange exhale une odeur ammoniacale, vireuse, qui rappelle celle de la ciguë, ou, mieux encore, de l'urine de souris, quoique cependant l'odeur animale prédomine. Les liquides des deux essais sont réunis dans un petit flacon-éprouvette bouché à l'émeri et agités avec de Téther pur. Après un repos suffisant, la moitié de Téther est décantée dans une petite capsule de verre et abandonnée à l'évaporation spontanée; il laisse ainsi tout autour de la capsule un très léger anneau liquide, incolore, de 2 centimètres de diamètre. Cette matière exhale une odeur animale, mais qui devient ensuite piquante, excessivement désagréable, prenant fortement à la gorge. Elle bleuit intensément le papier rouge de tournesol.

§ 34. Voulant écarter tout doute sur la cause de l'alcalinité de cette matière, elle est reprise de nouveau par l'éther pur. Après quelques minutes de repos, la solution éthérée est décantée dans un verre de montre et abandonnée à l'évaporation spontanée; elle fournit un petit anneau huileux, complètement incolore, qui, après quelques instants, se divise en stries qui se rendent au fond du verre. L'odeur de ce liquide est encore fort piquante, désagréable; il produit sur la langue un sentiment de brûlure qui persiste fort longtemps, et qui se propage dans toute la bouche, le pharynx, et même dans l'œsophage. La saveur est brûlante, acre et animale en même temps. Il bleuit intensément le papier rouge de tournesol.

Mis en contact de l'eau, il s'y dissout immédiatement. La solution est incolore, parfaitement transparente, odorante, et bleuit le tournesol.

§ 35. Pour rechercher si la forte réaction alcaline n'est pas due à la présence de l'ammoniaque, l'essai suivant est fait :

Une bande de papier réactif rouge est divisée en deux parties; une moitié est plongée dans la solution aqueuse du produit et l'autre dans une solution d'ammoniaque. Les deux fragments, préalablement exprimés entre du

papier, sont placés à dislance l'un !< I.nitie sur une même (flaque métallique chauffée jusquVi environ ioO. Au bout d'une minute et demie, le papier bleui par l'ammoniaque perd sa coloration bleue, redevient rouge, tandis (|ue l'autre conserve sa couleur première pendant plus de quinze minutes; au bout de ce temps, la coloration bleue disparaît à son tour.

1^ 56. Cette expérience, répétée une seconde fois, donne le m<^mo résultat.

,^ 37. L'autre moitié de l'éther restée dans le tlacon-éprouvette (voir le ^^ 35) est décantée à son tour dans un verre de montre et abandonnée à l'évaporation spontanée. Le très faible anneau qu'il fournit est traité par une goutte d'acide azotique dilué, qui le dissout sans se colorer. La solution est abandonnée pendant trente minutes. Au bout de ce temps, aucune coloration ne se produit; deux gouttes d'acide azotique fumant sont ajoutées au liquide : celui-ci se colore immédiatement en jaune; au bout de quelque temps, il se sépare des flocons bruns résineux qui s'attachent au verre.

§ 58. La liqueur restée dans le flacon-éprouvelte (voir les ,^§ 55 et 37) et qui a été agitée avec son volume d'éther, est traitée par une nouvelle quantité d'éther, pour lui enlever toute la matière huileuse alcaline. La solution éthérée, après un repos convenable, est décantée dans une petite capsule de verre et abandonnée à l'évaporation spontanée. Elle fournit, comme les solutions élhérées précédentes igg 55 et 57), une très petite quantité de matière huileuse incolore, sous forme de stries. Cette matière est reprise par de l'éther pur qui est immédiatement versé dans un verre de montre.

Le produit que laisse l'évaporation est chauffé jusqu'à idOT et dissous ensuite dans de l'eau renfermant environ un millième de son volume d'acide sulfurique. Il neutralise parfaitement cet acide et produit un liquide incolore, neutre au tournesol, qui présente encore une légère odeur propre à la matière même. Ce liquide est abandonné pendant vingt-

quatre heures à lui-même, sous une cloche à côté d'un vase renfermant de l'acide sulfurique. Par l'évaporalion de l'eau, il laisse une trace de matière sirupeuse parfaitement incolore.

Ce sirop, qui refuse de cristalliser, est repris par une petite quantité d*eau ; la solution est décomposée par la potasse caustique, qui la jaunit faiblement. Le mélange introduit dans un petit tube est agité avec de l'éther. L'évaporation spontanée de l'éther décantée dans un verre de montre reproduit la matière (^) alcaline sous la forme de faibles stries huileuses, incolores, d'une odeur piquante, désagréable, qui prend fortement à la gorge. L'odeur animale que répandait la matière avant le traitement par l'acide sulfurique et la potasse, a complètement disparu. La saveur, toujours acre, très brûlante, excessivement persistante, rappelle celle du tabac, ou mieux encore celle du liquide qui se produit par la condensation des fumées du tabac que l'on fume dans une pipe.

Le verre de montre qui renferme la substance est recouvert d'un autre, de matière à empêcher la volatilisation du liquide, et abandonné ainsi. Au bout de quarante-huit heures, celui-ci a fortement jauni et s'est transformé en une matière d'apparence résineuse. Traitée par l'eau, elle ne s'y dissout plus que très imparfaitement, et elle fournit un liquide opalin, jaunâtre, dans lequel flottent des corpuscules jaunes que l'alcool dissout immédiatement.

§ 39. La découverte de cet alcali m'impose le devoir d'abandonner le dosage de l'acide acétique dans le contenu de l'estomac. Plus loin, je reviendrai sur les recherches faites pour déterminer la nature de cet acide. Le dosage, d'ailleurs, de cet acide perd de sa valeur en présence de l'existence d'une matière dont il importe de déterminer la véritable

{*) La matière dont je parle ici est celle que j'ai fait sentir à François de Blicquy, et que ce témoin a prise pour l'eau de Cologne que le comte de Bocarmé a préparée en sa présence et avec son assistance. (Voir, du reste, la déposition de François de Blicquy et mes observations qui l'accompagnent. )

nature, avec la précision que peuvent permettre des travaux aussi délicats. C'est pour arriver à ce résultat que les recherches suivantes sont faites :

§ 4-0. Le restant de la liqueur renfermée dans la cornue, et formant à peu près les quatre cinquièmes du résidu de la distillation de la moitié du contenu de l'estomac, est introduit dans un flacon bouché à l'émeri et neutralisé par de la potasse caustique chimiquement pure. La liqueur exige pour la neutralisation complète 6.9 grammes de potasse qui renferme 45 p. c. d'eau. Après la saturation, 7 grammes d'alcali sont encore ajoutés au liquide pour le rendre fortement alcalin. L'addition de la potasse le colore en brun et en dégage une forte odeur, qui est tout à la fois animale, ammoniacale et vireuse. La liqueur alcaline est mélangée avec la moitié de son volume d'éther pur et puis vivement agitée. Abandonnée au repos pendant une demi-heure, il ne surnage aucune trace d'éther. Une nouvelle quantité d'éther, et égale à la première, est ajoutée au liquide, le mélange agité retient encore tout l'éther interposé après une heure de repos ; la matière, au lieu de se séparer, se prend en une masse gélatineuse. Cinq grammes de potasse caustique en solution concentrée sont introduits dans le flacon et fluidifient la matière, sans toutefois en séparer l'éther qu'elle tient interposé. Enfin, pour obtenir cette séparation, le liquide est mélangé avec la moitié de son volume d'eau distillée. Au bout d'un quart d'heure, l'éther commence à surnager et le flacon est abandonné pendant dix heures à lui-même (^).

(1) La difficulté que j'ai rencontrée dans la séparation de l'éther interposé dans le liquide alcalin, provient de ce que je n'ai pas précipité préalablement par l'alcool anhydre toutes les matières animales qui y sont dissoutes. La crainte de perdre une certaine quantité de l'alcali organique dans ce traitement m'avait déterminé à prendre ce parti. Dans toutes les expériences que j'ai exécutées plus tard sur l'extrait aqueux de la langue, sur les tissus de l'estomac, sur les liquides du foie et sur les liquides des poumons, je n'ai plus éprouvé ces difficultés, parce que, mieux appris, j'avais éliminé par l'alcool presque toutes les matières animales, en fixant d'ailleurs à l'aide de l'acide oxalique l'alcaloïde que j'y cherchais. Puissent les peines que m'a coûtées cette inadvertance, servir de leçon à ceux qui, dans la suite, rechercheraient cet alcaloïde dans les mêmes matières.

La séparation étant complète, l'éther est décanté dans un flacon bouché à l'émeri et le liquide est agité de nouveau avec un huitième de son volume d'éther. Cette fois, la séparation se fait immédiatement. Après un quart d'heure de repos, l'éther surnageant est réuni au précédent. Le contenu du flacon est épuisé ainsi par six lavages à l'éther (^). Les liquides des trois premiers lavages sont réunis dans un même flacon; ceux des trois derniers sont réunis dans un autre flacon.

§ 41. L'alcaloïde en solution dans ces liquides en est extrait en évaporant l'éther à la température ordinaire dans le vide et en condensant, dans de l'eau acidulée par de l'acide sulfurique,

les traces de l'alcaloïde que le vapeurs éthérées peuvent entraîner avec elles. Je reviendrai plus loin sur l'examen du liquide qui est condensé ainsi. L'appareil dans lequel cette opération est exécutée se compose :

De A une cornue bouchée à l'émeri et dont le col s'engage dans la tubulure d'une cornue B. Le col de la cornue A est usé à l'émeri dans la tubulure de la cornue B, de manière que, le vide étant fait dans l'appareil, l'air extérieur ne parvienne pas à pénétrer. Au col de la cornue B est soudé un tube en verre C de la longueur de 76 centimètres, qui, en se recourbant, vient se rendre dans le mercure. Les parois de la cornue B sont d'abord mouillées par de l'eau renfermant 10 p. c. d'acide

(') Voir la note à l'appui page 234.

sulfurique pur; elle est ensuite fixée dans la position qu'indique le dessin ci-contre. Le tube C, soudé à cette cornue, plonge dans une éprouvette renfermant du mercure. L'appareil étant ainsi disposé, une dizaine de grammes d'éther sont introduits dans cette cornue B, et immédiatement après, la cornue A, renfermant la moitié de l'éther provenant des trois premiers lavages dont il est parlé au paragraphe précédent, y est adaptée et convenablement fixée. Le vide est fait dans cet appareil à l'aide de l'artifice suivant :

L'éther contenu dans la cornue B est mis en ébullition en chauffant légèrement cette cornue. Les vapeurs éthérées chassent l'air qui passe sous le mercure par le tube ouvert qui y plonge. Quand la cornue B et le tube C sont convenablement purgés d'air, le bouchon de la cornue A est soulevé, de manière à livrer passage à la vapeur et à éliminer ainsi l'air qui se trouve dans la cornue. Lorsque la cornue A est remplie à son tour de cette vapeur, le bouchon est serré et la cornue B est immédiatement refroidie d'abord à l'eau froide, ensuite par l'application d'un mélange réfrigérant formé de glace et de sel marin.

L'éther de la cornue A est ainsi volatilisé lentement, mais assez rapidement cependant, pour que 50 centimètres cubes soient évaporés et condensés en trente minutes. Quand tout l'éther de la cornue A s'est réduit ainsi en vapeur à une basse température, il reste vers le tiers inférieur de la cornue un anneau huileux, parfaitement incolore. Cet anneau découle, au bout de quelques instants, sous forme de stries huileuses et incolores, qui viennent se réunir au fond de la cornue sous forme d'une goutte ressemblant à l'huile d'amandes douces.

Pour éliminer l'éther que ce liquide pourrait retenir, la cornue A est entourée d'un bain d'eau presque bouillante, pendant que la cornue B reste toujours enveloppée d'un mélange réfrigérant qui la refroidit à moins de 20°.

Par l'application de la chaleur, le liquide au fond de la cornue ne

diminue pas sensiblement de volume, mais jaunit. Dans cet état, la cornue A est débouchée avec précaution et, comme la température est élevée, il s'en exhale une odeur excessivement piquante et désagréable qui prend à la gorge.

Le liquide qui se trouve au fond est immédiatement aspiré dans une très petite ampoule effilée. Les bouts effilés sont soudés à la lampe, ce tube est conservé comme pièce de conviction.

Quand les tubes effilés ont été présentés à la lampe pour fondre le verre, le liquide qui s'y trouvait contenu s'est réduit en une vapeur incolore, qui, en passant par la flamme de l'alcool, s'est allumée à son tour et a brûlé avec une flamme très blanche, lumineuse.

§ 42. L'autre moitié de l'éther provenant des trois premiers lavages est introduite à son tour dans la cornue A : le vide y est fait ensuite avec le moyen indiqué dans le paragraphe précédent et la distillation de l'éther est opérée de la manière décrite ci-dessus.

§ 45. L'évaporation de l'éther laisse, comme dans la première opération, un anneau liquide, complètement incolore, mais qui jaunit par l'application de la chaleur. Cet anneau se réunit en une goutte au fond de la cornue, où elle reste exposée pendant un quart d'heure dans le vide, à l'action de la chaleur de près de 100°.

Le liquide est extrait de la cornue à l'aide d'une petite ampoule effilée aux deux bouts, qui sont scellés ensuite à la lampe, et le tube est réservé pour l'étude de la matière.

§ 44. L'éther provenant des trois derniers lavages du produit de l'estomac (voir le § 40) est introduit à son tour dans la cornue A et fournit encore par là une notable quantité de liquide incolore qui est aussi scellée dans deux petites ampoules.

§ 45. La cornue A est séparée de la cornue B et elle est lavée à l'aide d'une petite quantité d'éther pour enlever l'alcaloïde qui est resté adhérent à ses parois. Cette solution éthérée est conservée pour l'examen de la matière.

§ 46. Pendant l'introduction dans Tampoule du produit de la dernière distillation, j'ai aspiré par mégarde dans la bouche une petite quantité de la matière huileuse alcaline; immédiatement j'ai ressenti sur le bout de la langue une vive sensation de brûlure. Cette sensation s'est propagée dans toute la bouche, l'arrière-bouche, et s'est communiquée au larynx, îi Vcesophage et a persisté fort longtemps. 11 m'a été impossible d'apprécier dans ce moment le goût de la matière, parce que la sensation de brûlure m'avait totalement enlevé le sens du goût.

Devant m'approcher de très près pour aspirer le liquide de la cornue dans la petite ampoule, j'ai respiré, en quantité plus ou moins grande, des vapeurs de l'alcaloïde ; ces vapeurs m'ont fortement irrité la muqueuse du nez et celle du larynx, qui du reste est très sensible chez moi; c'est au point que j'ai eu, peu d'instants après, un saignement du nez assez fort et un mal au larynx qui a persisté pendant plusieurs jours.

§ 47. L'éther qui s'est vaporisé pendant les trois distillations indiquées ci-dessus, est retiré de la cornue B, ainsi que l'acide sulfurique dilué, qu'elle renferme également. Le tout est versé dans un flacon bouché à l'émeri. Après une demi-heure de repos, l'éther est décanté [et essayé au papier bleu de tournesol, ainsi qu'à l'eau de baryte. Celle-ci ne se trouble pas du tout, le papier bleu de tournesol ne rougit pas non plus, preuve que l'éther ne contient pas une trace d'acide sulfurique en solution.

Le liquide acide resté au fond du flacon est aspiré à l'aide d'une pipette et introduit ainsi dans un petit flacon-éprouvette, renfermant une forte solution de potasse caustique. Le mélange bien agité est épuisé par l'éther. Par l'évaporation, l'éther décanté abandonne un anneau huileux très sensible, de la même matière que celle restée dans la cornue, preuve qu'une petite quantité de la substance a été entraînée par les vapeurs d'éther. Cet anneau huileux est repris par l'éther, et la solution est ajoutée à celle obtenue par le lavage de la cornue A. (Voir le g 45, page 200.)

Les propriétés de l'alcaloïde renfermé dans les ampoules sont déterminées à l'aide des expériences suivantes :

§ 48. Le liquide se déplace avec une très grande facilité dans l'ampoule, qui cependant est très étroite. Sa mobilité est comparable à celle d'une huile volatile.

§ 49. Une ampoule est placée dans un mélange réfrigérant dont la température est de moins de 20". L'alcaloïde reste parfaitement fluide à cette température.

§ 50. Une trace de la matière extraite de l'ampoule et soumise dans un petit verre de montre à l'action de la chaleur, se colore assez fortement, dégage une vapeur incolore qui bleuit le tournesol et qui possède une odeur irritante, désagréable, qui prend à la gorge, en produisant une sensation de chaleur et de constriction. Par l'approche d'un tube de verre humecté d'une solution d'acide chlorhydrique, ces vapeurs donnent naissance à de fortes fumées blanches.

Une autre trace, abandonnée à l'air libre dans un verre de montre couvert, se colore fortement au bout de vingt-quatre heures ; l'alcaloïde perd de sa fluidité et finit par se transformer en une matière sèche d'un brun rougeâtre.

^ 51. Une autre trace, appliquée sur la langue, produit d'abord une saveur piquante de tabac, qui est bientôt suivie d'une sensation de chaleur et même de brûlure, si la quantité a été un peu forte. Cette sensation persiste longtemps, se communique à toute la bouche et fait complètement disparaître le goût de la matière même.

Pour être bien certain de ne pas me tromper sur la nature de la saveur de l'alcaloïde, j'ai prié M. le juge d'instruction Bemelmans, ainsi que M. le greffier Wauwermans, de goûter une trace de cet alcaloïde; ils y ont trouvé, comme moi, le goût du tabac, et ont éprouvé, à un degré plus ou moins élevé, la sensation de chaleur ou de brûlure, suivant la quantité de matière portée sur la langue. J'ai prié également plusieurs personnes, et entre

autres M. le procureur général de Bavay et M. le juge d*instruction Heughebaert, de vouloir en faire Tessai : toutes ont été unanimes pour y reconnaître le goût du tabac, toutes ont ressenti à un degré plus ou moins prononcé, la sensation de chaleur ou de brûlure, toutes ont constaté la persistance de cette sensation et la propagation dans toute la bouche.

g 52. Le liquide d'une des ampoules est vidé dans un petit flacon long et étroit, renfermant 2 centimètres cubes d'eau distillée. A mesure qu'il arrive dans l'eau, il tombe au fond du liquide sous forme de stries qui se dissolvent complètement dans l'eau. La solution est transparente et légèrement colorée en jaune. Le liquide renfermé dans l'ampoule était jaune luimême. La solution est sursaturée par de l'acide sulfurique. Le sulfate est mêlé à une solution sirupeuse de potasse caustique et le mélange est épuisé par l'éther pur. L'éther, après un quart d'heure de repos, est décanté dans un petit flacon long et étroit, renfermant 2 centimètres cubes d'eau distillée; abandonné à l'évaporation spontanée, il fournit une solution aqueuse de l'alcaloïde complètement incolore.

^ 55. Cette expérience répétée avec la moitié du liquide obtenu dans l'opération décrite au § 44, donne naissance directement à une solution aqueuse incolore.

§ 54. Ces deux solutions de l'alcaloïde possèdent la saveur piquante du tabac; elles sont douées des propriétés suivantes :

r Une trace de celte solution chauffée jusqu'à 100'* émet des vapeurs qui bleuissent le tournesol. Le liquide lui-même bleuit intensément le papier rouge, brunit le papier de curcuma, et verdit le sirop de violettes;

2" Une jiartie de la solution mise en contact d'une solution d'acide oxalique renfermant un centième de cet acide, se neutralise parfaitement. Le liquide neutre est incolore, légèrement odorant; il possède la saveur piquajite du tabac; exposé au vide, au-dessus de l'acide sulfurique, il se

— ^lÔ —

réduit au bout de quelques heures en une huile incolore qui reste sans cristalliser.

Retirée du vide, elle rougit le papier bleu de tournesol. La matière, dissoute de nouveau dans de l'eau renfermant quelques traces d'acide oxalique, est abandonnée à elle-même dans l'air sec. Au bout de vingt-quatre heures, elle se transforme en une masse saline blanche qui, examinée au microscope, se présente sous la forme d'une végétation cristalline ayant l'aspect de feuilles de fougères. Cette masse cristalline, abandonnée à elle-même depuis l'instant de sa préparation (17 décembre 1850) jusqu'au 10 janvier 1851, reste parfaitement blanche. Traitée alors par l'esprit-de-vin, elle se dissout; l'éther précipite de cette solution des grains cristallins, blancs. Ces grains abandonnés à eux-mêmes dans le verre de montre, depuis le 10 janvier jusqu'au 20 février, ont légèrement jauni.

§ 55. Une autre partie de la solution aqueuse est saturée par de l'acide tartrique. Le liquide possède la saveur piquante du tabac. Il est évaporé dans le vide sec et fournit un sirop à réaction faiblement acide qui cristallise très confusément dans l'air sec. La masse saline est blanche; traitée par l'alcool, elle se dissout immédiatement ; l'éther précipite des gouttelettes huileuses qui, convenablement lavées à l'éther et abandonnées à ellesmêmes dans l'air sec, se prennent en grains cristallins, mais dont il est impossible de distinguer, sans le microscope, la forme cristalline.

§ 56. Une autre partie de la solution de l'alcaloïde neutralisée par de l'acide phosphorique et évaporée dans le vide sec, se transforme en une masse saline d'apparence grasse, dans laquelle il est impossible de reconnaître, au microscope, une forme cristalline. Le phosphate se dissout dans l'alcool, l'éther précipite la solution alcoolique en grains cristallins. Ces grains, lavés à l'éther, se liquéfient à l'air libre.

§ 57. Une autre partie de la solution est neutralisée par l'acide chlorhydrique. Le liquide exposé dans le vide sec se transforme en sirop incolore, qui se convertit ensuite en aiguilles très fines et très allongées. Ces aiguilles.

retirées du vide et abandonnées à l'air sous une cloche, absorbent Teau et se transforment en une liqueur incolore. Chauffée jusqu'à environ 100°, cette liqueur dégage de l'acide chlorhydrique et le restant se colore en beau rouge,

§ 58. Une autre partie de la solution de l'alcaloïde, versée goutte à goutte dans une solution de bichlorure de mercure, produit immédiatement un précipité blanc, insoluble dans l'eau; ce précipité est lavé par décantation à l'eau distillée, jusqu'à ce que les eaux de lavage ne noircissent plus par une solution d'acide sulfhydrique. Examiné au microscope, il paraît amorphe; une trace du précipité chauffé jaunit fortement. Le restant traité par de l'eau acidulée par de l'acide chjorhydrique, se dissout et produit un liquide tout à fait incolore qui, exposé dans le vide, fournit des aiguilles très allongées, blanches et très brillantes, formées du chlorure double de mercure et de l'alcaloïde. Ces aiguilles se sont conservées intactes pendant deux mois.

§ 59. Une autre partie de la solution est neutralisée par de l'acide chlorhydrique très dilué; le chlorhydrate est versé dans un excès de solution aqueuse de bichlorure de platine. Au bout de cinq à six minutes, le liquide dépose des aiguilles d'un beau jaune, qui, sous le microscope, présentent la forme de prismes rhomboïdaux. Le liquide au sein duquel flottent ces aiguilles est chauffé afin de les redissoudre. La solution opérée, la liqueur abandonnée à un refroidissement lent dépose des prismes rhomboïdaux quadrilatères, colorés en jaune foncé pour les petits cristaux et en jaune rougeàtre pour les cristaux plus volumineux. Ce chlorure double de l'alcaloïde et du platine fournit des prismes de près de 1 millimètre de longueur.

Ces cristaux ont été dissous, un grand nombre de fois, soit dans l'eau mère seule, soit dans l'eau mère acidulée par l'acide chlorhydrique, et ont reproduit chaque fois, et avec la plus grande facilité, des prismes rhomboïdaux quadrilatères parfaitement définis.

Ces prismes ne se dissolvent ni dans l'alcool, ni dans l'éther.

§ 60. Une partie de la solution de l'alcaloïde, versée goutte à goutte dans une solution de protochlorure de palladium, produit un précipité couleur chocolat. Ce précipité se dissout dans un excès du précipitant et fournit un liquide complètement incolore, alcalin au tournesol, d'une saveur piquante et métallique. Ce liquide exposé dans le vide sec se transforme en un sirop incolore, qui répand l'odeur de l'alcaloïde même. Neutralisé par une goutte d'acide chlorhydrique, ce sirop se transforme en un liquide rouge de sang, lequel est additionné d'une quantité de protochlorure de palladium égale à celle qui a été employée, et abandonné à lui-même. Il fournit, du jour au lendemain, et par évaporation lente, des prismes aplatis, très volumineux, de chlorure double de palladium et de l'alcaloïde.

§ 61. Une autre partie de la solution de l'alcaloïde, versée goutte à goutte dans une solution de chlorure de cobalt, produit un précipité bleu verdâtre, insoluble dans un excès du précipitant. Le liquide devient incolore et alcalin. Le précipité se redissout en neutralisant le liquide par l'acide chlorhydrique dilué; la liqueur se colore en beau rouge. Abandonnée à l'évaporation dans le vide sec, celle-ci se transforme en sirop du plus beau bleii. Ce sirop repris par de l'eau reproduit le liquide rouge, lequel abandonné à l'évaporation lente et spontanée fournit des prismes aplatis intensément colorés en bleu légèrement verdâtre.

§ 62. Cette expérience est répétée une seconde fois et fournit identiquement le même résultat.

§ 65. Une autre partie de la solution de l'alcaloïde, versée goutte à goutte dans une solution de chlorure de nickel, précipite un vert sale. Le précipité n'est pas soluble dans un excès de l'alcaloïde. Le liquide est neutralisé par l'acide chlorhydrique, le précipité est redissous. La liqueur soumise à l'évaporation spontanée fournit des aiguilles très déliquescentes, d'un vert très tendre.

§ 64. Une autre partie de la solution de l'alcaloïde est neutralisée par de l'acide iodhydrique et mêlée à quelques gouttes d'une solution aqueuse

(le bi-iodure de potassium, qui y occasionne un précipité brun de kermès. Ce précipité se réunit au bout de quelques minutes et se transforme en gouttelettes huileuses d'un rouge tellement intense qu'elles paraissent noires. Lavées à l'eau et abandonnées à elles-mêmes, elles se prennent en une masse cristalline formée d'aiguilles qui s'enchevêtrent les unes dans les autres. Ces aiguilles se dissolvent dans l'alcool, qu'elles colorent en rouge de sang. Elles se dissolvent également dans l'éther, en produisant un liquide orange foncé. La solution alcoolique et éthérée, abandonnée à l'évaporation spontanée, laisse la matière sous forme d'un vernis rouge de sang qui finit par présenter, à la longue, une texture cristalline.

§65. Des faits nombreux qui précèdent, il résulte jusqu'à la dernière évidence que le contenu de l'estomac renferme, à l'état de sel acide, une très notable quantité d'un alcaloïde volatil d'une nature acre et brûlante. Je prouverai plus loin que ces propriétés physiques et chimiques sont celles d'un alcali organique bien caractérisé, existant dans le tabac, et qui est connu sous le nom cfe nicotine.

§ 66. Je décrirai plus loin le moyen que j'ai employé pour isoler de nouveau l'alcaloïde renfermé dans toutes les combinaisons que je viens de mentionner.

Recherches sur la nature de Vacide qui s'est condensé par la distillation du contenu

de l'estomac.

§ 67. J'ai dit au § 25 que le liquide provenant de la filtration de la moitié du contenu de l'estomac, mêlé aux eaux de lavage de cet organe, et soumis à la distillation ménagée dans une cornue de verre, a produit un liquide incolore, d'une odeur infecte, acide au tournesol. Le volume de ce liquide distillé est environ deux tiers de litre; il est additionné d'eau de baryte pure jusqu'à ce qu'il présente une réaction alcaline bien prononcée, et soumis ainsi à l'action de la chaleur, pour éliminer l'ammoniaque qu'il pourrait renfermer. La baryte en excès est transforniée ensuite en carbonate

à l'aide d'un courant d'acide carbonique. La liqueur est chauffée de nouveau jusqu'à l'ébullition pour décomposer le bicarbonate de baryte qui a pu se former; elle est jetée ensuite sur un filtre et produit un liquide incolore, d'une odeur désagréable, qui est évaporé dans le vide au-dessus de l'acide sulfurique. Il fournit un sirop très légèrement jaunâtre ; abandonné dans l'air, ce sirop finit par se transformer en une masse saline blanche, d'une odeur de beurre rance.

§ 68. Un tiers à peu près de cette masse est traité par de l'alcool anhydre et bouillant, les deux autres tiers sont conservés comme pièces de conviction. L'alcool bouillant en dissout une certaine quantité et laisse intacte une poudre cristalline d'un blanc parfait. Ces cristaux, repris par une nouvelle quantité d'alcool anhydre, cèdent encore quelques traces de matière soluble.

§ 69. L'alcool abandonné à l'évaporation spontanée laisse une petite quantité de matière sirupeuse, d'une forte odeur de beurre ran<ie. Une partie de cette matière, chauffée au rouge sur une lame de platine, dégage une odeur désagréable, et laisse un résidu gris de carbonate de baryte.

§ 70. Une autre partie dissoute dans une petite quantité d'eau et mise en contact de l'acide sulfurique concentré, dégage une forte odeur d'acide butyrique.

§ 71. La masse saline insoluble dans l'alcool anhydre est dissoute dans

une petite quantité d'eau; les trois quarts de la solution sont introduits

dans un verre de montre et abandonnés à l'évaporation spontanée ; elle

fournit des prismes blancs transparents. Cet échantillon de sel est conservé

comme pièce de conviction.

§ 72. Une partie de la solution restante, évaporée sur une lame de

platine et calcinée, laisse un résidu gris de carbonate de baryte.

§ 73. Une autre partie de la solution restante, mêlée à une solution

concentrée d'azotate d'argent, précipite des lamelles blanches, d'un aspect

gras, qui noircissent à la lumière.

§ 74. Une autre partie enfin, additionnée d'acide sulfurique, dégage abondamment des vapeurs de vinaigre.

§ 75. De ces faits, il résulte que le liquide distillé du contenu de l'estomac renferme une très notable quantité d'acide acétique mêlée d'une petite quantité d'acide butyrique,

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