GÉLATINES ET COLLE FORTE
Les produits exposés par nos industriels ont justifié l'ancienne réputation dont ils jouissent. Le nom de colle de Flandre, sous lequel on connaît ces produits dans tous les pays, dit assez combien leurs qualités sont appréciées. Ces qualités sont dues tant à l'emploi des matières premières qu'à la méthode bien connue des produits fractionnés. C'est la seule, en effet, qui soit capable de fournir une colle qui, plongée dans l'eau froide, s'y gonfle en s'hydralant, sans s'y dissoudre notablement. Cette propriété caractérise, on le sait, des produits bien tenaces et dépourvus de la faculté d'attirer l'humidité de l'air. Toute colle forte doit la posséder pour pouvoir servir avec sécurité à l'usage de la menuiserie et de l'ébénisterie. Aucune modification aux procédés connus n'a été révélée au jury. Dans mon rapport de 1855, j'ai signalé une lacune regrettable dans notre fabrication. En effet, à celte époque, il n'y avait dans le pays aucune usine destinée à la fabrication des collettes et des gélatines fines. Un grand nombre de variétés qui se préparent avec tant de perfection en France faisaient défaut chez nous.
Ainsi on était tributaire de ce pays pour les gélatines destinées à l'économie domestique, pour les gélatines colorées et pour les collettes employées en assez grande quantité dans le tissage de certains tissus. Cette lacune a été en grande partie remplie par M. Verbessem, à Gand, qui a joint à son usine de colle forte une fabrique de collettes et de gélatines. Les produits exposés par M. Verbessem ont pu soutenir la comparaison avec les produits similaires les plus parfaits : ses colles fortes ou de Flandre sont d'une très belle transparence; elles présentent toutes les qualités qu'on peut leur donner; elles sont notamment dépourvues de la mauvaise odeur (Qu'elles exhalent toujours lorsqu'elles sont obtenues à l'aide de matières premières plus ou moins altérées, ou qu'elles sont mal fabriquées.
Les collettes et les gélatines de M. Verbessem étaient aussi belles que celles exposées par MM. D'En fort frères, de Paris, qui jouissent d'une réputation justement méritée pour ce genre de fabrication.
Le jury a voté à M. Verbessem la médaille pour tous ses produits, et il a décerné la mention honorable à M. Bihct (Hubert), à Huy, et à M""* veuve Hansotle-Delboye, également à Huy, dont les colles fortes, quoique moins transparentes que celles de M. Verbessem, offraient cependant toutes les qualités désirables.
Pour compléter ce trop long exposé, il me reste à rendre compte de la part qui revient au pays pour nos lins dans le concours international. Afin de ne pas retarder l'impression des rapports du jury, je donnerai, sous forme d'appendice, l'étude que j'ai faite de cette question.