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DE DISTILLERIE

Dans un grand nombre de pays et en Belgique notamment, la réfrigération du moût de bière et des vinasses des distilleries de grains s'accomplit dans de simples bacs d'une très grande largeur et d'une faible profondeur. Ces bacs placés généralement à l'étage supérieur des bâtiments sont autant quq possible exposés à un courant d'air. Le refroidissement du liquide, qui y arrive presque bouillant, s'effectue par l'évaporation qu'il éprouve presque continuellement en présence de l'air. Cette évaporation est d'autant plus grande qu'il existe une différence plus considérable entre la température du liquide et celle de l'air, et que celui-ci est plus sec. Tant que la différence de température reste relativement grande, le refroidissement qui résulte de l'évaporation est considérable aussi. Mais, lorsque l'équilibre

tend à s'établir, l'évaporation devient peu sensible, et il en est de même de la réfrigération. Il résulte de là que les liquides arrivés à un certain degré de température exigent un temps fort long pour être amenés à la température de l'air ambiant. L'exposition à l'air des moûts de bière et des vinasses ne présente absolument aucun inconvénient aussi longtemps que leur température n'est pas descendue au-dessous de 45 à 40"; mais, passé ce terme, ils éprouvent rapidement des altérations spontanées dues aux molécules organiques dont l'atmosphère est chargée. Quoique ces altérations spontanées soient aussi connues que redoutées des industriels, la routine qui guide le plus grand nombre d'entre eux est si puissante, que jusqu'ici la plupart n'ont point cherché à mettre en pratique d'autres moyens de refroidissement usités déjà en Angleterre et dans les établissements où l'industrie de la brasserie et de la distillerie repose sur des principes scientifiques. MM. Vangindertaelen et Haek ont imaginé un nouvel appareil destiné au refroidissement et à l'aération du moût de bière et de la vinasse. Le principe sur lequel se fonde la construction de cet appareil est le même que celui qu'ils ont mis en pratique pour opérer la réfrigéralion des vapeurs. La seule différence qu'il présente, c'est qu'une lame mince cylindrique de liquide, moût de bière ou vinasse, remplace, dans le réfrigérant, la lame mince cylindrique de vapeur. L'appareil se compose de quatre cavités emboîtées laissant de l'une à l'autre une dislance de 2 à 5 millimètres et entre les parois desquelles circule, en sens opposés, une lame mince cylindrique de moût de bière ou de vinasse, enveloppée de deux lames minces cylindriques d'eau froide. Au lieu d'un seul appareil cylindrique composé de quatre cavités emboîtées, on peut en prendre deux et même trois, afin de hâter d'autant l'action de la réfrigération du liquide jusqu'au degré voulu.

J'ai eu l'occasion de voir fonctionner ce double appareil et j'ai pu me convaincre, comme d'ailleurs il était facile de le prévoir, qu'il remplit tout à fait le but qu'on se propose. L'abaissement de température est exa^c-

tement celui indiqué par la théorie, absolument comme si le liquide, au lieu de se mouvoir à côté de l'eau, était mêlé à l'eau même. 11 peut donc produire le refroidissement du moût avec le moindre roliunc possible d'eau. Le moût ou la vinasse refroidi s'écoule par un système appeU m'-niteur qui a pour but d'y apporter la quantité d'air nécessaire.

Je ne doute aucunement que le nouveau réfrigérant appliqué aux moûts de bière ou à la vinasse, exposés préalablement à l'action de l'air pour abaisser leur température vers 45 à 40°, et pour provoquer ainsi la précipitation de certaines matières hydrocarbonées et azotées éminemment altérables, ne rende des services inappréciables à l'industrie de la brasserie et de la distillerie. Aussi je n'hésite pas à en conseiller l'emploi non seulement pour les moûts qui ont déjà subi le contact de l'air, mais pour tous les liquides quels qu'ils soient qu'on veut refroidir à l'abri de ce contact.

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