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sonnances des doigts avec les bras , par trois articulations semblables; ni une multitude d'autres courbes et d'autres harmonies qui n'ont pas même encore de nom dans aucune langue , quoiqu'elles soient dans tous les pays l'expression toute-puissante de la beauté. Le corps humain est le seul qui réunisse en lui les modulations et les concerts les plus agréables des cinq formes élémentaires et des cinq couleurs primordiales, sans qu'on y voie les oppositions âpres et rudes des bétes , telles que les pointes des hérissons, les cornes des taureaux, les défenses des sangliers , les griffes des lions , les marbrures de peau des chiens , et les couleurs livides et meurtries des animaux venimeux. Il est le seul dont on aperçoive le premier trait, et qu'on voie à plein; les autres animaux étant revêtus de poils, de plumes ou d'écaillés, qui voilent leurs membres et leur peau. Il est encore le seul qui, dans son attitude perpendiculaire , montre tous ses sens à la fois ; car on ne peut guère apercevoir que la moitié d'un quadrupède, d'un oiseau et d'un poisson, dans la position horizontale qui leur est propre, parce que la partie supérieure de leur corps cache l'inférieure. Nous remarquerons aussi que la démarche de l'homme n'a ni les secousses , ni la lenteur de progression de la plupart des quadrupèdes , ni la rapidité de celle des oiseaux ; mais elle est le résultat des mouvements les plus harmoniques, comme sa figure est celui des formes et des couleurs les plus agréables ^.
Plus les consonnances multipliées de la figure
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humaine sont agréables, plus leurs dissonances sont déplaisantes. Voilà pourquoi il n'y a sur la terre rien de plus beau qu'un bel homme , ni rien de plus laid quïm homme très-laid.
Voilà encore pourquoi il sera toujours impossible à l'art d'imiter parfaitement la figure humaine , par la difficulté d'en réunir toutes les harmonies, et par celle , encore plus grande , de faire concourir ensemble celles qui sont d'une nature différente. Par exemple , la peinture réussit assez bien à peindre les couleurs du visage , et la sculpture à en exprimer les formes; mais si on veut réunir l'harmonie des couleurs et des formes dans un seul buste, cet ouvrage sera très-inférieur à un simple tableau ou à une simple sculpture , parce qu'il s'y rencontrera les dissonances particulières des couleurs et des formes, et leur dissonance générale qui est encore plus marquée. Si on voulait y joindre de plus les harmonies des mouvements , comme dans les automates , on ne ferait qu'en accroître la cacophonie ; et si on voulait le faire parler, on y ajouterait une quatrième dissonance qui ferait horreur. On ferait heurter alors le système intellectuel avec le système physique. Ainsi je ne m'étonne pas que saint Thomas d'Aquin fût si effrayé de cette tète parlante , que son maître Albert-le-Grand avait passé tant d'années à construire , qu'il la brisa sur-le-champ. Elle dut produire sur lui la même impression , qu'une voix articulée qui sortirait d'un corps mort. En général, ces sortes de travaux font beaucoup d'honneur à un artiste; mais ils démontrent la fai-