‹ Œuvres complètesChapitre 21 sur 31 · ET M DE s · texte numérisé non relu

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de cercle , comme la courbure de ces mêmes fleurs; les œillets et les bluets qui ont leurs bords déchiquetés, ont les plans de leurs fleurs plissés comme des éventails, et forment une multitude de foyers. On peut , au défaut de quelque fleur naturelle, vérifier ces curieuses remarques sur les dessins des peintres qui ont dessiné le plus exactemenf les plantes, et qui sont en bien petit nombre. Tel est , entre autres , Aubriet , qui a dessiné celles du Voyage au Levant de Tournefort*, avec le goût d'un peintre, et la précision d'un botaniste. On y verra la confirmation de ce que je viens de dire. Par exemple, la scorzonera grœca saxatilis et maritirna foliis varie laciniatis^ qui y est représentée , a ses pétales ou demi-fleurons équarris par le bout , et plans dans leur surface. La fleur de la stachis cretica latîfblia^(\m est une monopétale en tuyau, a la partie supérieure de sa corolle ondée ainsi que son tuyau. La carnpanula grœca saxatilis jacoheœ foliis présente ces consonnances d'une manière encore plus frappante. Cette campanule, que Tournefort regarde comme la plus belle qu'il ait jamais vue, et qu'il sema au Jardin du Roi^ où elle a réussi, est de forme pentagonale. Chacun de ses pans est formé de deux portions de cercle, dont les foyers se réunissent sans doute sur la même anthère ; et le limbe de cette campanule est découpé en cinq parties, dont chacune est taillée en arcade gothique, comme chaque pan de la fleur. Ainsi, pour connaître tout d'un coup la courbure d'une fleur,

* Tournefort, Voyage au Levant, tome I.

il suffit d'examiner le bord de son pétale. Ceci est fort utile h observer, car il serait autrement fort difllicile de déterminer les foyers des pétales : d'ailleurs, les fleurs perdent leurs courbures internes dans les herbiers. Je crois ces consonnances générales 5 cependant je ne voudrais pas assurer qu'elles fussent sans exception. La nature peut s'en écarter dans quelques espèces , pour des rais(?ns qui me sont inconnues. Nous ne saurions trop le répéter, elle n'a de loi générale et constante que la convenance des êtres. Les relations que nous venons de rapporter entre la courbure des limbes et celle des pétales paraissent d'ailleurs fondées sur cette loi universelle , puisqu'elles présentejit des convenances si agréables à rapprocher.

Les pétales paraissent tellement destinés à réchauffer les parties de la fécondation., que la nature en a mis un cercle autour de la plupart des fleurs composées, qui sont elles-mêmes des agrégations de petits tuyaux en nombre infini, qui forment autant de fleurs particulières appelées fleurons. C'est ce qu'on peut remarquer dans les pétales qui environnent les disqw^s des marguerites et des soleils. On les retrouve encore autour de la plupart des ombellifères : quoique chaque petite fleur qui les compose ait ses pétales particuliers, il y en a un cercle de plus grands qui entoure leur assemblage, ainsi qu'on peut le voir aux fleurs du daucus *.

* L'auteur donne ici , peut-être improprement , le nom de pétales à la collerette des ombellifères et aux fleurons complets qui environ-

La nature a encore d'autres nrioyens de multiplier les reflets de la chaleur dans les fleurs. Tantôt elle les place sur des tiges peu élevées, afin qu'elles soient échauffées par les réflexions de la terre; tantôt elle glace leur corolle d'un vernis brillant, comme dans les renoncules jaunes des prés, appelées bassinets. Quelquefois elle en soustrait la corolle , eî fait sortir les parties de la fécondation des parois d'un épi, d'un cône ou d'une branche d'arbre. Les formes d'épi et de cône paraissent les plus propres à réverbérer sur elles l'action du soleil, et à assurer leur fructification ; car elles leur présentent toujours quelque côté abrité du froid. 11 est même très-remarquable que l'agrégation de fleurs en cône ou en épi est fort commune aux herbes et aux arbres du nord, et est fort rare dans ceux du midi. La plupart des graminées que j'ai vues dans les pays du midi, ne portent point leurs grains en épi, mais en panaches flottants, et divisés par une multitude de tiges particulières, comme le millet et le riz. Le mais ou blé de Turquie y porte , à la vérité , un gros épi ; mais cet épi est long-temps etifermé dans un sac; et quand il en sort , il pousse au-dessus de sa tète un long chevelu qui semble uniquement destiné à abriter ses fleurs du soleil. Enfin, ce qui confirme que les fleurs des plantes sont ordonnées à l'action de la chaleur suivant chaque pays, c'est que beaucoup

lient le disque de la marguerite. Mais ce n'est que la pauvreté de la langue qu'il faut accuser du peu de justesse de celte expression qui, au reste , rend très-bien l'idée.

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de nos plantes d'Europe végètent fort bien aux îles Antilles, et n'y grcnent jamais. Le P. Du Tertre y a observé * que les choux, le sainfoin, la luzerne, la sarriette, le basilic, l'ortie, le plantain, l'absinthe, la sauge, l'hépatique, l'amarante, et toutes nos espèces de graminées y croissaient à merveille, mais n'v donnaient jamais de graines. Ces observations prouvent que ce n'est ni l'air, ni la terre qui leur est contraire, mais le soleil qui agit trop vivement sur leurs fleurs; car la plupart de ces plantes les portent agrégées en épis qui augmentent beaucoup la répercussion des rayons solaires. Je crois cependant qu'on pourrait les naturaliser dans ces îles , ainsi que beaucoup d'autres végétaux de nos climats tempérés, en choisissant, dans les variétés de leurs espèces, celles dont les fleurs ont le moins de champ , et dont les couleurs sont les plus foncées, ou celles dont les pânicules sont divergents. Ce n'est pas que la nature n'ait encore d'autres ressources pour faire croître des plantes du mérne genre, dans des saisons et des climats différents. Elle en rend les fleurs susceptibles.de réfléchir la chaleur à différents degrés de latitude, sans presque rien changer à leurs formes. Tantôt elle les place sur des tiges élevées, pour les soustraire à la réflexion du sol**. C'est ainsi qu'elle a mis, entre

* Histoire naturelle des îles Antilles, par le P. Du Tertre.

On trouve dans la Flore des Antilles , de M. de Tussac , une observation qui appuie celle de l'auteur des Études. A la Jamaïque, l'ardeur continue du soleil , pendant plusieurs mois , donne au sol la dureté de la pierre , et la dépouille de tous ses végétaux. La na- ,ture vient alors au secours de ces tristes contrées; elle couvre cette terre

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les tropiques , la plupart des fleurs apparentes sur des arbres. J'y en ai vu bien peu dans les prairies, mais beaucoup dans les forets. Dans ce pays, il faut lever les yeux en haut pour v voir des fleurs : dans le nôtre, il faut les baisser à terre. Elles sont chez nous sur des herbes et sur des arbrisseaux. Tantôt elle les fait éclore à l'ombre des feuilles; telles sont celles des palmiers et des jacquiers , qui croissent immédiatement au tronc de l'arbre. Telles sont aussi chez nous ces larges cloches blanches, appelées chemises de Notre-Dame, qui se plaisent à l'ombre des saules. Il y en a d'autres, comme les fleursde quelques convolvulus,qui nes'ouvrentque la nuit; d'autres viennent à terre et à découvert, comme les pensées; mais elles ont leurs pavillons sombres et veloutés. Il y cUaqui reçoivent l'action du soleil quand il est bien élevé, comme la tulipe; mais la nature a pris les précautions de ne faire paraître cette large fleur qu'au printemps, dépeindre ses pétales de couleurs fortes, et débarbouiller de noir le fond de sa coupe ^^. D'autres sont disposées en girandoles, et ne reçoivent l'effet des rayons solaires que sous un rumb de vent. Telle est la girandole du lilas, qui, regardant par ses différentes faces le levant, le midi, le couchant et le nord, présente sur le même bouquet des Heurs en bou-

desséchée d'arbres ( le brosimum alicastrum ) , dont les feuilles se multiplient sous les feux du ciel. Ce sont des espèces de prairies qu'elle élève dans les airs, au moment où celles de la terre se sont flétries. C'est une récolte qu'elle prépare pour l'homme et pour les animaux , et peut-être que, sans cette prévoyance singulière, ce climat serait inhabitable une partie de l'année.

ton, entr'ouvcrtes, épanouies, et toutes les nuances ravissantes de la floraison.

Il y a des fleurs, comme les composées, qui, étant dans une situation horizontale, et tout-à-f'ait à découvert, voient, comme notre horizon, le soleil depuis son lever jusqu'à son coucher; telle est la fleur du pissenlit. Mais elle a un moyen bien particulier de s'abriter de la chaleur : elle se referme quand elle devient trop grande. On a observé qu'elle s'ouvre, en été, à cinq heures et demie du matin, et réunit ses pétales vers le centre à neuf heures. La fleur de la thicorée des jardins, qui est, au contraire, dans un plan vertical, s'ouvre à sept heures, et se ferme à dix. C'était par une suite d'observations semblables, qite le célèbre Linnée avait formé une horloge botanique; car il avait trouvé des plantes qui ouvraient leurs fleurs à toutes les heures du jour et de la nuit. On cultive au Jardin du Roi une espèce d'aloès serpentin sans épines, dont la fleur, grande et belle , exhale une forte odeur de vanille dans le tenaps de son épanouissement , qui est fort court. Elle ne s'ouvre que vers le mois de juillet, sur les cinq heures du soir : on la voit alors entr'ouvrir peu à peu ses pétales , les étendre , s'épanouir et mourir. A dix heures du soir, elle est totalement flétrie, au grand étonnement des spectateurs qui y accourent en foule; mais on n'admire que ce qui est rare. La fleur de notre épine commune (qui n'est pas celle de l'aubépine) est encore plus extraordinaire ; car elle fleurit si vite, qu'à peine a-t-on le temps d'observer son développement.

iB^ , ÉTUDES

Toutes ces observations démontrent clairement les relations des corolles avec la chaleur. J'en ajouterai une dernière, qui prouve évidemment leur usage : c'est que le temps de leur existence est réglé sur la quantité de chaleur qu'elles doivent rassembler. Plus il fait chaud , moins elles ont de durée. Presque toutes tombent dès que la plante est fécondée.

Mais si la nature soustrait le plus grand nombre des fleurs à l'action trop violente du soleil , elle en destine d'autres à paraître dans tout l'éclat de ses rayons sans en être offensées. Elle a donné aux premières des réverbères rembrunis, ou qui se ferment suivant le besoin ; elle donne aux autres des parasols. Telle est llmpériale, dont les fleurs en cloche renversée croissent à l'ombre d'un panache de feuilles. Le chrysanthemum peruvianum, ou, pour parler plus simplement, le tournesol, qui se tourne sans cesse vers le soleil, se couvre, comme le Pérou d'où il est venu, de nuages de rosée qui rafraîchissent ses fleurs pendant la plus grande ardeur du jour. La fleur blanche du lychnis, qui vient l'été dans nos champs, et qui ressemble de loin à une croix de Malte, a une espèce d'étranglement ou de petite collerette placée à son centre, en sorte que ses grands pétales brillants renversés en dehors n'agissent point sur ses étamines. Le narcisse blanc a pareillement un petit entonnoir. Mais la nature n'a pas besoin de créer de nouvelles parties pour donner de nouveaux caractères à ses ouvrages. Elle les tire à la fois de

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l'être et du néant, et les rend positifs ou négatifs, à son gré. Elle a donné des courbes à la plupart des fleurs, pour réunir la chaleur à leur centre; elle emploie, quand elle veut, les mêmes courbes pour l'en écarter : elle en met les foyers en-dehors. C'est ainsi que sont disposés les pétales du lis, qui sont autant de sectioms de parabole. Malgré la grandeur et la blancheur de sa coupe, plus il s'épanouit, plus il écarte de lui les feux du soleil; et pendant qu'au milieu de l'été, en plein midi, toutes les tleurs brûlées de ses ardeurs s'inclinent et penchent leurs têtes vers la terre, le lis, comme un roi, élève la sienne, et contemple face à face l'astre qui brille au haut des cieux.

Je vais rapporter, en peu de mots, les relations positives ou négatives des fleurs par rapport au soleil , aux cinq formes élémentaires que j'ai posées, dans l'Étude précédente , comme les principes de l'harmonie des corps. C'est bien moins un plan que je prescris aux botanistes, qu'une invitation d'entrer dans une carrière aussi riche en observations, et de corriger mes erreurs, en nous faisant part de leurs lumières.

Il y a donc des fleurs à réverbères perpendiculaires , coniques , sphériques , elliptiques , paraboliques ou plans. On peut rapporter à ces courbes celles de la plupart des fleurs. Il y a aussi des fleurs à parasol, mais celles-ci sont en plus grand nombre; car les effets négatifs dans toute harmonie, sont bien plus nombreux que les effets positifs. Par exemple , il n'y a qu'un seul moyen de venir à

la vie , et il y en a des milliers pour en sortir. Cependant nous opposerons à chaque relation positive des fleurs avec le soleil , une relation négative principale , afin qu'on puisse comparer leurs effets dans chaque latitude.

Les fleurs à réverbères perpendiculaires sont celles qui naissent adossées à un cône, à des chatons alongés , ou à un épi : telles sont celles des cèdres , des mélèzes , des sapins , des bouleaux , des genévriers , de la plupart des graminées du nord , des végétaux des montagnes froides et élevées, comme les cyprès et les pins; ou de ceux qui fleurissent chez nous dès la fin de l'hiver, comme les coudriers et les saules. Une partie des fleurs , dans cette position , est abritée du vent du nord , et reçoit la réflexion du soleil du côté du midi. Il est remarquable que tous les végétaux qui portent des cônes, des chatons ou des épis, les présentent à l'extrémité de leurs tiges , exposés à toute l'action du soleil. Il n'en est pas de même de ceux qui croissent entre les tropiques, dont la plupart, comme les palmiers, portent leurs fleurs divergentes, attachées à des grappes pendantes , et ombragées par leurs rameaux. Les graminées des pays chauds ont aussi , presque toutes , leurs épis divergents ; tels sont les mils d'Afrique. L'épi solide du maïs d'Amérique est couronné par un chevelu qui abrite ses fleurs du soleil. On a représenté dans la planche voisine un épi de froment de l'Europe , et un épi de riz de l'Asie méridionale, afin qu'on les puisse comparer.

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Les fleurs à réverbères coniques réfléchissent sur les parties de la floraison un cône entier de lumière. Son action est très-forte; aussi il est remarquable que la nature n'a donné cette configuration de pétale qu'aux fleurs qui croissent à l'ombre des arbres, comme aux convolvulus qui grimpent autour de leurs troncs , et qu'elle a rendu cette fleur de peu de durée : car à peine elle subsiste- un demi-jour, et quand sa fécondation est achevée, son limbe se reploie en -dedans, et se referme comme une bourse. La nature Ta cependant fait croître dans les pays méridionaux, mais elle l'y a teinte de violet et de bleu pour affaiblir son effet. De plus, cette fleur ne s'y ouvre guère que pendant la nuit. Je présume que c'est à ce caractère nocturne qu'on peut distinguer principalement les convolvulus des pays chauds, de ceux de nos climats, qui s'ouvrent pendant le jour. On a représenté dans la planche le convolvulus de jour ou de nos climats , ouvert , et celui de nuit ou des pays chauds , fermé ; l'un avec un caractère positif avec la lumière, et l'autre avec un caractère négatif*.

Les fleurs qui participent le plus de cette forme conique sont celles qui naissent à l'entrée du printemps , comme la fleur de l'Arum , qui est faite en

Par convolvulus de nuit, l'auteur entend les quamocUttes , dont on connaît une trentaine d'espèces étrangères à l'Europe. C'est au flambeau que M. Redouté a figuré l'espèce qui se trouve dans un de ses ouvrages. Plusieurs botanistes ont voulu séparer les quamoclittes des liserons et en faire un genre particulier, mais les caractères qui les distinguent n'ont pas paru suffisants pour adopter cette nouvelle division.

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cornet, ou celles qui viennent dans les montagnes élevées, comme Foreille-d'ours des Alpes : lorsque la nature l'emploie en été, c'est presque toujours avec des caractères négatifs, tels que dans les fleurs de la digitale qui sont inclinées et teintes en gros rouge ou en bleu.

Les fleurs à réverbères sphériques sont celles dont les pétales sont figurés en portions de sphère. On peut s'amuser, non sans plaisir, à considérer que ces pétales à portion de sphère , ont à leurs foyers les anthères de la fleur portées sur des filets plus ou moins alongés pour cet effet. Il est encore digne de remarque que chaque pétale est assorti à son anthère particulière, ou quelquefois à deux ou même à trois; en sorte que le nombre des pétales dans une fleur divise presque toujours exactement celui des anthères. Pour les pétales, ils ne passent guère le nombre de cinq dans les fleurs en rose , comme si la nature avait voulu y exprimer le nombre des cinq termes de la progression élémentaire , dont cette belle forme est l'expression harmonique. Les fleurs à réverbères sphériques sont très-communes dans nos climats tempérés ; elles ne renvoient pas toute la réflexion de leurs disques sur les anthères, comme le convolvulus, mais seulement la cinquième partie , parce que chacun de leurs pétales a son foyer particulier. La fleur en rose est répandue sur la plupart des arbres fruitiers , comme poiriers , pommiers , pêchers , pruniers , abricotiers , etc. , et sur beaucoup d'arbrisseaux et d'herbes , comme les épines noire et

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blanche , les ronces , les fraisiers , les anémones, etc. , dont la plupart donnent à riiomme des fruits comestibles, et qui fleurissent au mois de mai. On peut aussi y .rapporter les sphéroïdes , comme les muguets. Cette forme qui est l'expression harmonique des cinq formes élémenHires, convenait trés-biên à une température comme la nôtre, qui est elle-même moyenne proportionnelle entre celle de la zone glaciale et celle de la zone torride. Comme les réverbères sphériques rassemblent beaucoup de rayons à leurs foyers, leur action y est très-forte, mais aussi elle dure peu. On sait que rien ne passe plus vite que les roses. Les fleurs en rose sont rares entre les tropiques , surtout celles dont les pétales sont blancs. Elles n'y réussissent qu'à l'ombre des arbres. J'ai vu à l'Ile-de-France plusieurs habitants s'efforcer en vain d'y faire venir des fraises ; mais l'un d'eux , qui demeurait, à la vérité, dans une partie élevée de l'ile , trouva le moyen de s'en procurer en abondance , en les plantant sous des arbres , dans des terrains à demi-défrichés. En récompense , la nature a multiplié dans les pays chauds les fleurs papilionacées ou légumineuses. La fleur légumineuse est entièrement opposée à la fleur en rose ; elle a pour l'ordinaire cinq pétales arrondis , comme celle-ci : mais au lieu d'être disposés autour du centre de la fleur, pour y réverbérer les rayons du soleil, ils sont au contraire reployés autour des anthères , pour les mettre à l'abri. On y distingue un pavillon, deux ailes, et une carène partagée

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