‹ Œuvres complètesChapitre 10 sur 73 · A DITE DAME · texte numérisé non relu

A DITE DAME

t EDea^tinei de Jours.

Ce n'Mt point par U durée Que duit être mesurée '

* 1* coune de tes élus, La mort n'est prénutnrêe Que pour qu) meurt sina Tertui.

* Tous donc, l'objet de mes rintcs, B NepleurezpointsoDboDbeuT;

Vir ces nlidei maximes « KiAnnissez votre cœur.

Qk l'arbitre des années, ' Dieu, qui voiinasdestiuéfs

Joigne à Tos ans les journées' * DoDt elle «unit dû jouir I

SUR L'INGRATITUDE

OuELLB Furie au teint livide V

Souffle en cm Ueux un noir venin ?

Sa tnain tieht ce fer parricide Qui d'Agrippine ouvrit le sein ; L'insensible Oubli, Tlnscrfence, Les sourdes Haines, en silence, Entourent ce monstre eiironté, Et tour-à-tonr leur main barbare Va remplir sa coupe au Tartare De} froides ondes du Léthé.

Ingratitude , de tels signes Sont tes coupables attributs :

Parmi tes bassesses insignes Quel silence assoupit Phébus?

SUR L'INGRATITUDE

Trop long-temps tu fus épargnée;

Sur toi de ma muse indignée

Je veux lancer les premiers traits :

Heureux, même en souillant mes rimes

Du récit honteux de tes crimes ,

Si j'en arrête le progrès! •

Naissons-nous injustes et traîtres ?

L'homme éti ingrat dès le bereean ; Jeune, sait-il aimer ses maîtres?

Leurs bienfidts lui sont un fiurdeau ; Homme fiiit, il s'adore, il s'aime, Il rapporte tout à lui-même.

Présomptueux dans tout état ; Vieux enfin , rendez-lui service , .Selonlui c'est une justice :

Il vit superbe, il meurt ingrat.

Parmi l'énorme multitude Des vices qu'on aime et qu'on suit , Pourquoi garder l'ingratitude, Tice sans douceur et sans firuit P Reconnaissance officieuse.

Pour garder ta loi précieuse.

Eu coûte-t-il tant à nos cœurs?

Es- tu de ces vertus sévères Qui par des règles trop austères Tyrannisent leurs sectateurs ?

Sans doute il est une autre cause "Be ce lâche oubli des bienfaits :

L* Amour-propre en secret s^oppose A de reconnaissants effets ; Par un ambitieux délire Croyant lui-même se suffire , Voulant ne rien devoir qu'à lui.

Il craint dans la reconnaissance Un témoin de son impuissance, Et du besoin qu'il eut d'autrui.

Paré d'une ardeur complaisante , Pour vous ouvrir à la pitié , L'ingrat à vos yeux se présente Sous le manteau de l'amitié; Il rampe, adulateur servile:

Vous pensez , i ses vœux facile , Que vous allez fisiire un ami.

Triste retour d'un noble zèle !

Vous n'avez fait qu'un infidèle , Peut-être même un ennemi.

SUR L'INGRATITUDE

Déjà son oeil fîiit votre approche , Votre présence est son bourreau ; Pour s*afiranchir de ce reproche n Toadrait voir votre tombeau.

Monstres des b<M8 , race farouche , On peut vous gagner, on vous touche, Tous sentez le bien qu*on vous fait ; Seul , des monstres le plus sauvage , L*ingrat trouve un sujet de rage Dans le souvenir d*un bienfiut.

Mais n*est-ce point une chimère ,

Un fantôme que je combats ?

Fut-il jamais un caractère

Marqué par des crimes si bas ?

O ciel! que n'est-ce une imposture !

A la honte de la nature ,

Je vois que je n*ai rien outré ;

Je connais des cœurs que j'abhorre,

Dont la noirceur surpasse encore

Ce que ces traits en ont montré.

Pour prévenir ces âmes viles Faudra-t-il , mortels bienfaisants , Que vos mains , désormais stériles , ///. 4

5o ODE VIL

Ne répandent pkis leurs présents ?

Non , leur dureté la plus noire N^enlève rien à votre gloire :

Il vaut mieux d'un soin généreux Servir une foule coupable Que manquer un seul misérable Dont vous pouvez faire un heureux.

Des dieux imitez les exemples Dans vos dons désintéressés ; Aucun n'est exclu de leui's temples , Leurs bienÊuts sur tous sont versés.

Le soleil qui , dans sa carrière.

Prête aux vertueux sa lumière , Luit aussi pour le scélérat :

Le ciel cesserait de répandre Les dons que Tbomme en doit attendre^ S'il en excluait l'homme ingrat.

Juste Thémis , contre un tel crime N'as-tu plus ni glaive ni voix ?

Que l'ingrat n'est-il ta victime Aiusi qu'il le fut autrefois!

Que ne reprends-tu , dans notre âge , De ton antique aréopage

iSUR L'INGRATITUDE. 5i

L^éqoitable sévérité !

L'ingratitude était flétrie , t Et souffrait loin de la patrie Un ostracisme mérité.

Mais pourquoi te vanté-je , Athènes ,

Sur la justice de tes lois,

Quand , par des rigueurs inhumaines ,

Ta république en rompt les droits?

Que de proscriptions ingrates !

Tes Miltiades , tes Socrates ,

Sont livrés au plus triste sort;

La méconnaissance et l'envie

Leur font de leur illustre vie

Un crime digne de la mort

Ainsi parlait, fuyant sa ville, Thémistocle aux Athéniens :

« Tel qu'un palmier qui sert d'asile, « J'en sers à mes concitoyens :

« Pendant le tonnerre et l'orage « Sous mon impénétrable ombrage « La peur des foudres les conduit ; « L'orage cesse, on m'abandonne, « Et long-temps avant mon automne « La foule ingrate abat mon fruit. »

5a ODE VU/

D'un cœur né droit, noble et sensible, Bien n'enflamme tant le courroux Que ringratitude inflexible D'im traître qui se doit à nous.

SoSs vingt poignards ( fin trop fatale ! ) Le triomphateur de ï^harsale Ydit ses jours vainqueurs abattus; Mais de tant de coups le plus rude Fut celui que Tingratitude Porta par la main de Bmtus.

Mortels ingrats, âmes sordides, Que mes sons puissent vous fléchir!

Ou, si de vos retours perfides Lliomme ne peut vous affranchir, Que les animaux soient vos maîtres !

O honte! ces stupides êtres Savent-ils mieux Fart d'être humain P Oui. Que Sénèque < vous apprenne Ce qu'il admira dans l'arène De l'amphithéâtre romain.

Un lion s'élance, on l'anime

I Ub. II , De Benef. ch. xix.

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