SUR LA CONVALESCENCE DU ROL C
Quel tombeau ! je succombe aux plus vives alanues; Il est près 4le Louis.
Ciel ! peux-tu rordonner! eh! quels sont donc les crimes D*ou peuple humain, Gdèle aux vertus comme aux Uns, Pour frapper d'un seul coup cet amas de victimes Qui ^adresse sa voix ?
Occupé de Louis plus que du diadème, L'État n'oflire à mes yeux qu'une famille m pleurs Près d'un père expirant, qu'on pleure pour lui-même Du plus profond des cœurs.
9De l'empire des lis tutélaire génie, Tiens, suspends tes lauriers, fruit d'un temps plus
serein:
Un siècle de succès nous est moins que la vie ^ Du plus cher souverain.
Tu veillais sur ses jours quand son ardeur guerrière Sous les foudres de Mars l'exposait en soldat; Sauve ces mêmes jours, le trésor, la lumière Et rame de l'État
(> l)onheur ! quelle aurore a dissipé les ombrc;»?
L'espérance descend vers ce pcujile abattu; Le plus beau jour succède aiii voiles les plus sombres: Louis nous est rendu !
Respirez , renaissez, provinces alarmées.
CouronneE'Vous de fleuri, signalez vos transports; Employez vos clairoos, triomphantes années , Aux plus teudres aecords.
Pour chanter Hieuranx jour qui ranime la France De Pindare ou d'Horace il ne &ut point la voix ; Le cri d'un peuple heureux est la seule éloquence Qui sail parler des rois.
S'il fallait, A Destin 1 cette épreuve cruelle P^u peindre tout l'amour dans dos cieurs imprimé, 9n peuple fut jamais plui tendra, plus fidèle? Quel roi fut plus aimé?
Réduits au froid bonheur de l'austère puissance, Les maîtres des humains, au sommet des grandeurs. Ignorent trop souvent quel rang ou leur dispense Dans le secret des cœuts.
S'ils savent itre aiméi, suivis de la coulninte,
fT"^' SUR LA CONVALESCENCE DU ROI. T)',
Ont-il» de ce bonheur la douce sûreté ?
L'esclavai^e , autour d'eux établissant la feinte, Chassa la vérité.
Ainsi , toujours glacés, toujours inaccessibles Au premier des plaisirs pour qui rhomme est formé , Ils meurent sans aimer, et sans être sensibles Au bonheur d'être aimé.
A peine quelques pleurs honorent leur poussière; Leur fin expose au jour les cœurs de leurs sujets : Le flambeau de la mort est la seule lumière Qui ne trompe jamais.
Yous jouissez, grand roi, d'un plus heureux partage ; L'instant qui juge tout, et qui ne flatte rieu, A dévoilé pour tous et Tame et le langage De chaque citoyen.
n bonheur tout nouveau va vous suivre sans cesse, m plus satisfaisant, plus cher que la grandeur, ir un roi qui connaît le charme et la tendresse Dès sentiments du cœur.
Tous saviei que dans vous tout respectait le maitr Que partout le héros allait être admiré :
Goûtez ce bien plus doux, ce bonheur de connaît Que nMMmne est adoré.
UR LA MEDIOCKITli.
« lois sonl-elles eflàcccs ?
Lii seule rëgnaii nir lea premieniDorleli,
DT cette terre déplorable,
lue Liberté, n'n-tu Aont pint d'aulelsp
le mille oreuTi vils tribu Isires ,
.es cœurs, esclaves volonlairus,
lent ta douceur à l'espoir dei faui btens r
À je TOI» des dialoea doréei ,
.■d'indigne!, Udeiucvées;
Il je vois dealers et de Irislei liens.
r;^ ODE lî.
>'cst-il plus lin cœur vraiment li})rt>
Qui, gardant un juste équilibre.
Vive maître de soi, sans asservir ses jours?
S'il en ett, montre-moi œ sage ;
Lui seul obtiendra mon hommage, Et mon cœur sous sa loi le ran^ pour toujoi
Ta m^exauces , nymphe ingénue;
Dans une contrée inconnue , Sur des ailes de fea je me sens enle\'é :
Qud ciel pur I quel paisible empire !
Chante toi-même, prends ma lyre, Et décrii ce s^our par tes soins cultivé.
Aux bords d'une mer furieuse,
Où la Fortune impérieuse Porte et brise à son gré de superbes vaisseau
Il est un port sûr et tranquille ,
Qui maintient dans un doux asile Des barques à Tabri du caprice des eaux.
Sur ces solitaires rivages D'où l'œil, spectateur des naufrages, S'applaudit en secret de la séairité; Dans un temple simple et rustique.
SUR LA MÉDIOCRITÉ. Cy
De la nature ouvrage antique, 'e climat voit régner la Médiocrité.
Là , conduite par la Sagesse ,
Tu te fixas, humble déesse, oin des palais bruyants du fastueux Plutus;
Là, sous tes lois et sous ton culte
Tu rassemblas, loin du tumidte , e vrai, les plai&irs purs, les sincères vertus.
Séduits par d*aveugles idoles,
Du bonheur fantômes frivoles , ,e vulgaire et les grands ne te suivirent pas :
Tu n'eus pour sujets que ces sages
Qui doivent Testime des âges L la sagesse acquise en marchant sur tes pas.
Tu vis naître dans tes retraites
Ces nobles et tendres poètes , (ont la voix n*eût jamais formé de sons brillants,
Si le fracas de la fortune.
Ou si l'indigence importune ût troublé leur silence , ou caché leurs talents.
Mais en vain tu fuyais la gloire;